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Liban - Diplomatie

L’ambassadeur saoudien tente de rétablir l’unité entre les forces souverainistes

Walid Yaacoub dénonce ceux qui cherchent à torpiller les relations libano-saoudiennes.

Le diplomate saoudien, hier, en compagnie de l’ancien ministre Achraf Rifi. Photo ANI

L'ambassadeur d'Arabie saoudite au Liban, Walid Yaacoub, a critiqué hier ceux qui cherchent à porter atteinte aux relations entre l'Arabie saoudite et le Liban. À l'issue de son entrevue avec l'ancien Premier ministre, Nagib Mikati, dans le cadre d'une tournée effectuée auprès de plusieurs responsables, le diplomate a déploré le fait que « certaines parties au Liban » ne sont pas favorables à de bonnes relations avec Riyad. Il faisait allusion au Hezbollah, avec lequel Riyad est à couteaux tirés depuis un certain temps. C'est la première déclaration « frontale » de l'ambassadeur depuis qu'il a présenté ses lettres de créance, mercredi dernier, au chef de l'État.

« Malheureusement, certaines parties au Liban ne veulent pas qu'il y ait de bonnes relations entre Beyrouth et Riyad et œuvrent de toutes leurs forces à porter atteinte à ces relations. Nous comptons sur la sagesse des Libanais pour trouver une solution à cela », a affirmé Walid Yaacoub, s'adressant à la presse. Le diplomate entame ainsi sa mission dans un climat de tension survenu après la démission-surprise du Premier ministre Saad Hariri, annoncée le 4 novembre dernier depuis Riyad, et son séjour prolongé dans la capitale saoudienne, que certains ont estimé avoir été « forcé ».

 

(Lire aussi : Relations libano-saoudiennes : en voie de normalisation..., le décryptage de Scarlett HADDAD)

 

Walid Yaacoub était arrivé le 20 novembre dernier à Beyrouth, mais les portes du palais Bustros étaient restées fermées devant lui. Le chef de la diplomatie, Gebran Bassil, ne lui avait pas accordé de rendez-vous parce que Riyad tardait à accepter les lettres de créance de l'ambassadeur du Liban, Fawzi Kabbara. Ce n'est que la semaine dernière que la nomination de M. Kabbara avait été agréée par l'Arabie saoudite.

Si l'on en croit une source informée, le diplomate saoudien a dit déplorer l'attitude de certaines parties qui cherchent à « nuire » à l'Arabie saoudite, un comportement qu'il estime « injustifié au regard, notamment, des aides que le royaume a prodiguées au Liban ». Le diplomate faisait vraisemblablement allusion aux larges contributions de Riyad à la reconstruction de certaines régions sinistrées après l'agression israélienne contre le Liban en 2006. Toujours de même source, on apprenait également que M. Yaacoub s'est dit « étonné » du fait que les parties libanaises n'aient pas condamné le lancement d'un nouveau missile balistique au-dessus d'une province frontalière du Yémen, après l'annonce par les rebelles yéménites d'un tir contre le royaume saoudien, vendredi dernier. Le conflit yéménite a d'ailleurs été évoqué lors de son entretien avec M. Mikati, M. Yaaoub ayant informé son interlocuteur de « l'amélioration de la position de l'Arabie » dans sa confrontation militaire avec les houthis, soutenus par l'Iran.

L'ambassadeur s'est également rendu auprès du ministre de l'Information, Melhem Riachi (FL), puis auprès du chef des Kataëb, Samy Gemayel, avec lequel il a passé en revue les questions de l'heure. Il a également rencontré l'ancien ministre Achraf Rifi. Une source informée a indiqué à L'OLJ que le diplomate saoudien a salué « la persévérance de M. Rifi et ses positions constantes » en politique, plus précisément, son opposition au Hezbollah et à l'axe iranien. M. Yaacoub a par ailleurs indiqué à son interlocuteur que l'Arabie saoudite « suit de très près » les développements au Liban, assurant toutefois que Riyad « persistera dans son appui inconditionnel à la souveraineté libanaise ». L'Arabie saoudite serait ainsi prête à faire face à « toute tentative de mainmise sur la décision libanaise et n'abandonnera pas le Liban ». Comprendre qu'elle est déterminée à poursuivre sa politique visant à contenir l'influence croissante de l'Iran dans la région, y compris au Liban. À cette fin, le diplomate entend « rassembler les forces politiques qui soutiendraient sa position », précise-t-on de même source.

 

(Lire aussi : Geagea loue « l’entente historique » entre le Liban et l’Arabie saoudite)

 

Les FL s'expliquent
Par ailleurs, Pierre Bou Assi, ministre des Affaires sociales (FL), a dressé, samedi, un bilan des relations libano-saoudiennes. Le ministre a décrit la nature des liens qu'entretiennent les FL avec Riyad, dans une tentative de blanchir le chef de sa formation, Samir Geagea, accusé par Saad Hariri d'avoir fait acte de délation auprès du prince héritier saoudien, Mohammad ben Salmane (MBS), devant lequel il aurait dénoncé « l'apathie » du chef du gouvernement face au Hezbollah. Ces rumeurs ont d'ailleurs contribué à jeter un froid dans les relations entre MM. Geagea et Hariri qui ne se sont plus revus depuis l'épisode de la démission du Premier ministre. M. Hariri a été jusqu'à accuser des « parties tierces », qu'il s'est abstenu de nommer, de l'avoir « poignardé dans le dos ».

« Il n'y a aucun doute que les responsables saoudiens accordent de l'attention aux propos de M. Geagea. Cela ne veut pas dire pour autant qu'ils prennent systématiquement en compte tout ce qu'il dit », a déclaré M. Bou Assi dans un entretien à la MTV. « Si l'on devait inverser la situation en considérant que le courant du Futur entretient de son côté une bonne relation avec Riyad, devons-nous pour autant craindre un acte de délation quelconque » ? s'est interrogé le ministre.

Justifiant les positions en flèche exprimées dernièrement par Riyad contre le Hezbollah, il a affirmé que l'Arabie saoudite « ne peut certainement pas laisser le Liban s'enliser dans l'axe iranien ». « Les FL, a-t-il poursuivi, n'accepteraient jamais que des aides soient offertes par l'Arabie saoudite au Liban, si ce dernier devait renoncer en contrepartie à sa souveraineté. » De son côté, le ministre de la Santé Ghassan Hasbani (FL) a estimé que la crise entre le Liban et l'Arabie saoudite « est derrière nous. Il faut aller de l'avant ».

 

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L'ambassadeur d'Arabie saoudite au Liban, Walid Yaacoub, a critiqué hier ceux qui cherchent à porter atteinte aux relations entre l'Arabie saoudite et le Liban. À l'issue de son entrevue avec l'ancien Premier ministre, Nagib Mikati, dans le cadre d'une tournée effectuée auprès de plusieurs responsables, le diplomate a déploré le fait que « certaines parties au Liban » ne sont pas favorables à de bonnes relations avec Riyad. Il faisait allusion au Hezbollah, avec lequel Riyad est à couteaux tirés depuis un certain temps. C'est la première déclaration « frontale » de l'ambassadeur depuis qu'il a présenté ses lettres de créance, mercredi dernier, au chef de l'État.
« Malheureusement, certaines parties au Liban ne veulent pas qu'il y ait de bonnes relations entre Beyrouth et Riyad et œuvrent de toutes leurs...
commentaires (4)

Comme il l'a fait entre palestiniens ou entre syriens ou tiens entre libanais...pourquoi pas ?

FRIK-A-FRAK

00 h 15, le 10 janvier 2018

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Commentaires (4)

  • Comme il l'a fait entre palestiniens ou entre syriens ou tiens entre libanais...pourquoi pas ?

    FRIK-A-FRAK

    00 h 15, le 10 janvier 2018

  • Vu les circonstances et evennements des derniers mois, Un profil bas serait plus approprié comme atttitude que la serie de declarations porteuses de zizanie et de discorde. Le rappel de l’aide portee dans la reconstruction apres les assaults israelien est quelque peu mesquin et mal place.

    Cadige William

    11 h 40, le 09 janvier 2018

  • Cet ambassadeur, au vu des propos déjà belliqueux concernant le Hezbollah, est plutôt un facteur de discorde que d'unité.

    Zorkot Mohamed

    09 h 28, le 09 janvier 2018

  • L,UNITE EST REQUISE BIEN AVANT LES ELECTIONS !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    07 h 53, le 09 janvier 2018

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