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On respire

Il est des présents qui font oublier le passé. La nuit du passage à 2018 fut au Liban un cadeau mémorable pour une seule, unique et magnifique raison : pour la première fois depuis plusieurs décennies, l'aube la plus meurtrière de l'année n'a fauché personne. On ne retiendra qu'une seule image des premières heures de 2018 : celle des voitures des forces de l'ordre arpentant les autoroutes libanaises sur toute leur largeur, à vitesse réglementaire, pour empêcher les têtes brûlées de mettre leurs vies et celles d'autrui en danger. Tous les parents qui, le cœur serré, une boule au ventre, demandent plusieurs semaines à l'avance à leurs adolescents où ils comptent passer leur réveillon pour se préparer à l'idée, les suppliant de s'arranger pour dormir sur place, ou mieux, de recevoir leurs amis à la maison, passant ainsi à d'autres le nœud à la gorge et les sueurs froides, ont eu la surprise de se réveiller pour la première fois sur cette bonne nouvelle : zéro victime ou, selon le contexte, zéro « martyrs » de la route ou des tirs de joie la nuit du Nouvel An. Un exploit qui mérite d'être salué bien bas, résultat des efforts conjoints et magistralement aboutis des forces de l'ordre et des associations créées en hommage à tant de jeunes disparus ou handicapés à vie. Si ces derniers sont morts sans raison, au moins le sont-ils désormais pour une cause. Il ne faudra plus revenir en arrière. On sait désormais qu'il n'y a pire fatalité que l'absence d'initiative et de volonté.

L'autre moment lumineux de cette nuit charnière fut aussi le réveillon populaire organisé place de l'Étoile par la municipalité de Beyrouth. Tout aussi réjouissante, sinon davantage, que les débauches hors de prix organisées par les établissements privés, cette fête gratuite, animée par de talentueux bénévoles avec force jeux de lumière et feux d'artifice, a drainé, cœur à cœur et parfois partageant une petite place sous un parapluie, presque tous les habitants de la ville. Sous un ciel rendu opalescent par la pleine lune au-dessus des nuages, une euphorie fédératrice démentait les craintes d'attentats, sombres pensées qu'on n'a jamais pu réprimer dans ce pays où tout rassemblement a toujours inspiré une infiltration malveillante. Mais là encore, joie sans tache et courant de fraternité annonçaient de beaux jours à venir.

Cerise sur le gâteau, et sans autre forme d'explication, après de longues années de frustration où le secteur du Parlement, naguère l'un des plus animés de la ville, était fermé au public, les blocs de ciment qui en interdisaient l'accès aux piétons ont été retirés. Verra-t-on les commerces refleurir, les enfants rouler à nouveau sur la place, les marchands de ballons vanter leur marchandise sous le ficus géant et les cafés-trottoirs accueillir leurs clients du dimanche au soleil ? Voilà plus de dix ans que la place de l'Étoile dépérit, comme endormie. Tant de choses ont changé, tant d'habitués ont disparu depuis, tant d'habitudes se sont de même perdues, mais on a hâte de voir de nouveaux récits s'inscrire sur une nouvelle page. Quels que soient les défis qui nous attendent, commencer l'année ainsi, pour la première fois sans drames et dans une sorte de sérénité discrète, permet de présager une bonne année. Croisons les doigts et à nous les beaux jours !

Il est des présents qui font oublier le passé. La nuit du passage à 2018 fut au Liban un cadeau mémorable pour une seule, unique et magnifique raison : pour la première fois depuis plusieurs décennies, l'aube la plus meurtrière de l'année n'a fauché personne. On ne retiendra qu'une seule image des premières heures de 2018 : celle des voitures des forces de l'ordre arpentant les autoroutes libanaises sur toute leur largeur, à vitesse réglementaire, pour empêcher les têtes brûlées de mettre leurs vies et celles d'autrui en danger. Tous les parents qui, le cœur serré, une boule au ventre, demandent plusieurs semaines à l'avance à leurs adolescents où ils comptent passer leur réveillon pour se préparer à l'idée, les suppliant de s'arranger pour dormir sur place, ou mieux, de recevoir leurs amis à la maison,...
commentaires (7)

Ce je lis de votre main Fifi est d'autant plus réjouissant, que c'est écrit de la main de la cassandre de notre journal . Cela fait une éternité que vous n'aviez positivé sur la situation "désastreuse actuelle", comparée à celle du passé que vous n'hésitiez pas à glorifier de sorte à nous faire respirer toute la naphtaline contenu dans vos malles à reliques . C'est en général quand un contestataire admet que la situation gèré par son "rival" est bonne , qu'on peut s'attendre à ce qu'elle soit vraiment bonne . Fifi, vous venez de marquer votre 1er point ce l'année. Pourvu que ça dure .

FRIK-A-FRAK

11 h 39, le 04 janvier 2018

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Commentaires (7)

  • Ce je lis de votre main Fifi est d'autant plus réjouissant, que c'est écrit de la main de la cassandre de notre journal . Cela fait une éternité que vous n'aviez positivé sur la situation "désastreuse actuelle", comparée à celle du passé que vous n'hésitiez pas à glorifier de sorte à nous faire respirer toute la naphtaline contenu dans vos malles à reliques . C'est en général quand un contestataire admet que la situation gèré par son "rival" est bonne , qu'on peut s'attendre à ce qu'elle soit vraiment bonne . Fifi, vous venez de marquer votre 1er point ce l'année. Pourvu que ça dure .

    FRIK-A-FRAK

    11 h 39, le 04 janvier 2018

  • Beyrouth s'éveille... Réjouissons-nous enfin !

    Nadine Naccache

    09 h 28, le 04 janvier 2018

  • UN MIRACLE, LA CHANCE AYANT JOUÉ PLUS QUE TOUT !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    09 h 21, le 04 janvier 2018

  • On ne peut Fifi que saluer ta touche optimiste et te souhaiter aussi une bonne annee 2018 .

    Antoine Sabbagha

    09 h 10, le 04 janvier 2018

  • Le Liban a des leçons de civilisations à donner à la France! Là-bas, pendant cette même nuit de la St Sylvestre, c'était plus de 1000 voitures incendiées, des policiers tabassés, et même des tirs de mortier sur les forces de l'ordre!

    Yves Prevost

    07 h 40, le 04 janvier 2018

  • Heureuse de vous lire vous réjouir. Mais oui les beaux jours sont de retour. Le sourire du PM fendant la foule du réveillon du centre-ville mettait déjà un baume au cœur.

    Marionet

    01 h 31, le 04 janvier 2018

  • Oui Madame, croisons les doigts et espérons... Mais il ne faut pas se faire d’illusions: le pays est rempli de malfrats à la gâchette facile, d’hommes de mains et gardes de corps de zaims intouchables, de terroristes potentiels dans l’ombre prêts à se manifester à la première occasion, un manque de civisme et de respect pour l’autre institutionnalisés, et j’en passe sans mentionner l’instabilité politique chronique... Un pessimiste et empêcheur de tourner en rond? Non, simplement un réaliste qui a cessé de rêver... Mais je ne peux que respecter ceux qui rêvent, espèrent et demeurent optimistes: ça leur permet de mieux supporter le quotidien.

    Saliba Nouhad

    01 h 26, le 04 janvier 2018

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