Terrorisme

Des enfants de présumés jihadistes français rapatriés d'Irak

Leur retour porte à 59 le nombre de mineurs français rapatriés de la zone irako-syrienne, a précisé le ministère de la Justice.

Une femme suspectée d'appartenir au groupe Etat islamique portant un enfant, le 8 octobre 2017. AFP / BULENT KILIC

Trois enfants d'un couple de jihadistes français parti combattre en Irak ont été rapatriés en France le 18 décembre puis confiés à l'aide sociale à l'enfance de Seine-Saint-Denis, la mère se trouvant toujours sur place avec un quatrième enfant en bas âge, aux mains des forces irakiennes, a confirmé jeudi à Reuters leur avocat. Leur retour porte à 59 le nombre de mineurs français rapatriés de la zone irako-syrienne, a précisé le ministère de la Justice.

"Les trois enfants rapatriés, qui ont entre trois et huit ans, ont été confiés provisoirement à l'Assistance Publique, et ont été placés dans une famille d'accueil", a déclaré Me Vincent Brengarth, conseil de la mère et de ses enfants. "Il était impensable que les enfants restent captifs. C'est conforme au droit international", a-t-il souligné. Quant à la situation de la mère, Vincent Bergarth a précisé qu'il "respectait la souveraineté des autorités judiciaires irakiennes" et que pour l'instant, il n'envisageait pas "d'intervention judiciaire pour obtenir son retour". Il a indiqué ne pas avoir d'informations sur le père.

Contacté par Reuters, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a fait état de quatre enfants rapatriés le 18 décembre sur un vol Bagdad-Paris et précise qu'il s'agit du "premier rapatriement d'enfants dans ce contexte-là." "Leur retour a été organisé en coordination avec les autorités irakiennes, dans l'intérêt supérieur des enfants", a déclaré le ministère français des Affaires étrangères à Reuters. "Ils ont été pris en charge par les autorités judiciaires compétentes", a-t-il dit, ajoutant ne pouvoir donner plus de précisions "pour des raisons de sécurité".

 

(Lire aussi : Encore 500 jihadistes français sur le théâtre syro-irakien, affirme Le Drian)

 

"Au cas par cas"
Le ministère de la Justice précise qu'avec les arrivées du 18 décembre, 59 mineurs de retour d'Irak ou de Syrie sont actuellement pris en charge en France.

En Seine-Saint-Denis, les enfants concernés bénéficient d'un bilan médical et psychologique. "La difficulté est de savoir ce qu'ils ont vécu là-bas, ce qu'ils ont vu et l'impact que cela a eu sur eux", explique-t-on à la Chancellerie. "Et de savoir, selon leur âge, dans quelle mesure ils ont intégré la doctrine de l'EI", ajoute-t-on.

Face au recul de l'Etat islamique (EI) en Syrie et en Irak, Emmanuel Macron avait déclaré en novembre que le sort des femmes et des enfants de Français partis sur ces théâtres serait examiné "au cas par cas, en fonction des situations". "Ils font l'objet d'ores et déjà, pour ceux qui sont revenus et ceux qui reviendront, d'une procédure toute particulière et d'un suivi très particulier, en particulier sur le plan médical et psychiatrique", avait-il dit lors d'une interview sur France 2.

A la mi-novembre, 58 enfants, de même que 244 adultes, étaient revenus en France en provenance des zones de combat irako-syriennes, selon un décompte du directeur général de la sécurité intérieure (DGSI), Laurent Nuñez, interrogé dans Le Figaro.

A l'époque, il recensait 281 Français présumés morts au combat dans les rangs de Daech (acronyme arabe de l'EI), 686 hommes et femmes de nationalité française ou ayant résidé sur le territoire en Syrie et en Irak, ainsi que 500 enfants. Plusieurs combattants français de l'EI ont été faits prisonniers par les forces kurdes à la mi-décembre dans le nord de la Syrie, près de la frontière irakienne, a-t-on appris mercredi de source proche du dossier.

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a déclaré que les combattants français capturés en Irak relevaient de la juridiction irakienne. La situation est problématique en Syrie, où "il n'y a pas de gouvernance avérée", avait relevé le chef de la diplomatie française en novembre.

 

 

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