Le Liban, en pleine reconstruction, peine à s'en sortir. La circulation, les déchets, les élections et l'électricité, des exemples parmi d'autres qui montrent comment on cherche à compliquer quand les solutions relèvent du bon sens.
La circulation : elle concerne une route, un chauffeur et une voiture.
Les routes : un seul axe traverse le littoral avec quelques autres qui desservent les régions. Ces axes se sont transformés en centre commercial continu au détriment du commerce de proximité. On a tué le petit commerce et bloqué les routes. À part l'isolement de ces commerces par des rampes, il faudra les surtaxer. C'est un phénomène unique au monde que de drainer le pays en entier vers ce marché continu, donnant aux commerçants un privilège exceptionnel. Ils devraient être surtaxés, le prix de la paralysie du pays. Voilà une ressource nouvelle pour les finances.
Les conducteurs : l'État doit assurer une éducation collective à tous les conducteurs libanais qui n'ont jamais eu l'occasion de connaître le code de la route. Des programmes télévisés devraient prendre le relais. Personne ne sait à quoi servent les lignes sur les routes malgré les clous supplémentaires. Dans l'immédiat, pas besoin d'élargir les routes. Faut seulement faire comprendre aux gens qu'il faut circuler sur deux voies, une pour les véhicules lents et une pour les plus pressés. Actuellement, la conduite consiste à créer des goulots d'étranglement – comme tout le monde est VIP, sur une route à 3 voies, on se met à 6 voies ensuite, quand la route se rétrécit, et il faut sortir de l'entonnoir. Si on élimine cet effet entonnoir rien que par l'éducation et le contrôle, on fluidifie la circulation. Nombreux sont les agents de circulation pleins de bonne volonté mais ne sachant quoi faire ! Il faut d'abord des normes connues et ensuite un contrôle ferme.
La voiture : pour être conforme, une voiture subit un contrôle technique. Dans tous les pays du monde, Il y a autant de centres de contrôle qu'il y a de pharmacies. Cette activité constituerait une source de revenu honorable pour des milliers de familles, au lieu du monopole actuel. En Europe, c'est un contrôle tous les deux ou trois ans. Au Liban, c'est un par an et pour résultat, des voitures qui roulent sans pancartes ou des pancartes blanchies, illisibles, pire, avec effacement de certains chiffres, ce qui transfert les contraventions sur autrui...
Au lieu d'élaborer ces initiatives simples, immédiates, et d'instaurer des contrôles aléatoires et fermes, on nous parle d'une pancarte « Computerised » comme il n'y en a nulle part.
Les déchets : un tri à la source, un enfouissement ou une destruction du reste.
Pendant des années, on nous a parlé de recyclage total, d'en faire du combustible, de leur vente, bref que des solutions idéales pour les retrouver, en plein cœur de la capitale Beyrouth. Si l'idée est de remblayer pour élargir le territoire, au prix de notre santé, ce n'est pas la peine, surtout si c'est pour se retrouver avec des casernes comme celles qui poussent sur le remblai de Dbayé.
Les élections : journée conviviale pour un renouveau démocratique. En France, on vote avec une carte électorale « papier » ou sa carte d'identité et dans sa commune. Au Liban, il est facile de rejoindre son village, vu les courtes distances.
Je passe sur les déboires du système et des lois électorales, mais je retiens qu'on a choisi de voter avec une « carte BIOMÉTRIQUE ». Je ne parlerai pas des problèmes informatiques et techniques... mais je rappelle seulement que cette carte, pour être lue, a besoin et en même temps et sur tout le territoire du courant électrique !
L'électricité : le sujet du jour ; faut-il ou non installer « des centaines de milliers de compteurs » pour abonnements aux générateurs ? Le pays est en pleine discussion très sérieuse avec des représentants du ministère de l'Énergie. On parle de coût ? Qui doit le supporter ? De délais ?... Comme si la finalité de nos « scientifiques » n'était pas d'éclairer le pays mais de consolider et de soutenir un provisoire coûteux.
Mais pendant combien de temps va-t-on encore rester sans électricité? Un signe, comme dirait la voyante! Si on se prépare à louer des bateaux pour 5 ans, je comprends qu'on en a encore pour au moins 5 années avec le ronronnement des moteurs. Et connaissant nos députés, j'imagine qu'on prorogera pour les bateaux encore, au moins, une « unique dernière fois ». Donc, nos compteurs seront largement amortis et allons-y pour des dizaines de millions de dollars d'investissements inutiles. Voilà des exemples de dextérité pour installer le gâchis dans le temps.
Quant à la solution, il n'y en a qu'une : c'est la construction de nouvelles centrales électriques sur la terre ferme en associant ou non le secteur privé. Cela demande entre un an ou deux, et on aura le courant pour passer à autre chose.
Économiste
Nos lecteurs ont la parole - Lucien Raffoul
On est gouverné par des scientifiques
OLJ / le 28 décembre 2017 à 00h00


PLUTOT PAR DES IGNORANTS ET DES INCAPABLES !
11 h 25, le 28 décembre 2017