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Idées

Comprendre la menace nord-coréenne

Commentaire
21/12/2017

La Corée du Nord a récemment testé son missile balistique Hwasong-15, qui a atteint une altitude de 4 475 kilomètres lors d'un vol de 53 minutes. Une trajectoire plus plate aurait pu doter le régime de Kim Jong-un de la capacité de frapper la côte Est des États-Unis. Bien qu'elle n'ait pas encore prouvé qu'elle dispose d'un véhicule de rentrée capable de survivre au frottement atmosphérique, la Corée du Nord a annoncé sa maîtrise d'une capacité de frappe nucléaire et être devenue un État nucléaire à part entière.
Comme les présidents des États-Unis précédents, Donald Trump a déclaré que cette situation était intolérable. Et maintenant ?

Avant tout, il est important de se débarrasser de plusieurs mythes qui nuisent à une analyse claire. Premièrement, Kim est peut-être un dictateur, mais il n'est ni fou ni suicidaire. Jusqu'à présent, il a eu l'avantage face aux États-Unis dans ce jeu très risqué, mais il comprend parfaitement qu'un échange nucléaire avec les États-Unis signifie la fin du régime qu'il tente de préserver.
Deuxièmement, les États-Unis sont tombés dans le piège verbal de Kim, qui consiste à exagérer la puissance que cet arsenal lui confère. Après tout, la Corée du Nord a des armes nucléaires depuis plus de 10 ans ; elles peuvent être livrées dans des ports américains de la côte Est ou Ouest par d'autres moyens, par exemple dans la cale d'un cargo.
Troisièmement, dans cette guerre des nerfs où chacun cherche à savoir si l'autre va se dégonfler le premier, la géographie donne à la Corée du Nord l'avantage de l'escalade dans la région. Avec des milliers de tubes d'artillerie dans les tunnels cachés près de la frontière, la Corée du Nord peut menacer de causer des ravages sur Séoul, la capitale toute proche de la Corée du Sud, par des moyens conventionnels. Les États-Unis ont découvert cela en 1994 – bien avant que la Corée du Nord ait un armement nucléaire – lorsqu'ils ont envisagé une attaque préventive en vue de détruire l'usine de retraitement de plutonium de Yongbyon, pour découvrir finalement que leurs alliés en Corée du Sud (et au Japon) y étaient réticents en raisons des risques de représailles conventionnelles.

Pas une puissance du statu quo
Sur le plan politique, la Chine a proposé « un gel contre un gel » comme un moyen de contrôler les ambitions nucléaires de la Corée du Nord. La Corée du Nord devait arrêter toutes ses centrales nucléaires et ses essais de missile – ce qui est facilement vérifiable. Bien que cela n'ait pas inversé le statut nucléaire de la Corée du Nord, cela devait ralentir le développement de son arsenal. En retour, les États-Unis devaient arrêter les exercices militaires annuels qu'ils effectuent avec la Corée du Sud. Les États-Unis se réservaient le droit de reprendre les exercices si la Corée du Nord violait ses essais nucléaires, ou si elle exportait des matières nucléaires.
Certains voient cela comme une bonne entente, mais cela dépend de la façon dont on évalue les objectifs de Kim. Si tout ce qu'il veut c'est la sécurité, nous pourrions le laisser tranquille, peut-être signer un traité de paix, relâcher les sanctions et laisser la croissance économique modifier le régime au fil du temps, comme en Chine.
Mais la Corée du Nord sous la dynastie des Kim n'est pas une puissance du statu quo. Depuis 1945, cette puissance est une curiosité : une dictature communiste héréditaire dont la légitimité repose sur sa prétention d'être l'avant-garde du nationalisme coréen. Jusqu'à présent, le Nord a pris du retard dans la concurrence économique avec le Sud, mais il espère que son statut nucléaire va modifier cet équilibre. Selon Sung-Yoon Lee de l'Université Tufts, « pour le Nord, menacer les États-Unis est un moyen non négociable d'isoler et d'exercer sa domination sur Séoul. C'est de cette façon que le régime de Kim Jong-un cherche à assurer sa survie à long terme. »

Si l'affaiblissement des liens entre les États-Unis et la Corée du Sud est au cœur de la stratégie de Kim, la proposition « un gel contre un gel » joue en sa faveur. Plutôt que de réduire les risques, cela peut encourager le Nord à revenir à des moyens conventionnels de pression sur la Corée du Sud, comme en 2010, lorsque le Nord a coulé une corvette sud-coréenne en tuant 46 marins et en bombardant les îles de Corée du Sud.
Les options américaines sont limitées. L'une est l'utilisation de la force. Le Lieutenant-Général H. R. McMaster, le conseiller de Trump à la sécurité nationale, a déclaré à plusieurs reprises qu'une guerre préventive serait peut-être nécessaire en cas d'échec de la diplomatie. Mais même conçu comme une frappe limitée, une tentative de décapitation ou de tir sur missile restera-t-il limité ? Dans la négative, les pertes pourraient être de l'ordre de dizaines de milliers d'hommes, voire bien davantage.
Les sanctions continuent d'être une option, mais jusqu'à présent elles n'ont pas généré suffisamment de pression pour forcer le régime de Kim à renoncer à ce qu'il considère comme son atout stratégique clé. La diplomatie chinoise et les sanctions sont également essentielles, mais jusqu'ici la Chine se montre peu agressive. Elle n'a pas coupé les approvisionnements en nourriture ni en carburant. La Chine n'aime pas Kim, mais elle ne veut pas du chaos – ni des Américains – sur sa frontière.

S'inspirer de la méthode « GRIT »
Un programme possible pourrait être quelque chose comme la méthode « GRIT » de la Guerre froide (acronyme anglais de « Réduction progressive et graduée des tensions internationales » ; il s'agit d'une stratégie de désarmement théorisée par le psychologue américain Charles Osgood en 1962, Ndlr) les États-Unis assurent la Chine de ses objectifs limités et acceptent de coordonner leurs actions avec les Chinois. Plus question de marches sur les rives du fleuve Yalu, du genre de celles qui ont déclenché l'intervention de la Chine dans la guerre de Corée. En retour, la Chine utilise sa pression économique et sa diplomatie pour geler la menace immédiate que causent les essais nucléaires en Corée du Nord, mais n'insiste pas sur un gel sur les forces américaines.

Une réduction possible des exercices américains à l'avenir dépendra du comportement de la Corée du Nord à l'égard de la Corée du Sud. Les États-Unis proposeront de négocier un traité de paix une fois que la Corée du Nord aura accepté la détente avec la Corée du Sud. Les États-Unis et la Chine accepteront le statut nucléaire de fait de la Corée du Nord, mais réaffirmeront leur objectif conjoint à long terme d'une péninsule non-nucléaire. La Corée du Nord accepte d'empêcher tous les essais et d'autres exportations de matières nucléaires. La Chine menace d'imposer des sanctions sur la nourriture et le carburant si la Corée du Nord triche ou viole l'entente.

Les chances de succès d'un programme de ce genre centré sur la Chine ne sont pas très grandes, mais s'il échoue, les États-Unis ne devraient pas s'affoler. S'ils ont réussi à dissuader une Union soviétique beaucoup plus puissante de prendre Berlin-Ouest pendant trois décennies, ils peuvent dissuader la Corée du Nord. Les États-Unis doivent renforcer leur capacité de défense et de dissuasion grâce à leurs alliances avec la Corée du Sud et le Japon. La présence de près de 50 000 soldats américains au Japon et de près de 28 000 en Corée rend crédible cette dissuasion élargie. Kim ne peut pas tuer des Sud-Coréens ou des Japonais sans tuer des Américains et cela, comme il le sait très bien, signifierait la fin de son régime.


© Project Syndicate, 2017.


Joseph S. Nye est professeur de sciences politiques à Harvard et président du groupe nord-américain au sein de la Commission Trilatérale. Dernier ouvrage : Is the American Century Over ? ( Global Futures, 2015)

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OPTION POTION

Jolie article , MAIS LE BOUFFON DÉSÉQUILIBRÉ MENTAL IL ATTAQUE QUAND ??????????????
D'OÙ L'INTÉRÊT DE PARLER DE MENACE , MAIS POUR QUI ????????????

HAHAHAHAHAHAAH!!!!!!!!!!!,

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