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Santé - La Parole Aux Médecins

Les spasmes du sanglot, des crises affolantes, toutefois bénignes

Photo Bigstock

Les spasmes du sanglot ou Breast holding spells in childhood, comme les désignent les Anglo-Saxons, sont de violentes crises de pleurs du nourrisson, accompagnées d'un bref arrêt de la respiration. Par ces crises, affolantes pour les parents, le bébé exprime un mécontentement, une douleur ou une colère. Ces accès de spasmes peuvent entraîner une cyanose (la couleur de la peau vire au bleu) et souvent une perte de connaissance ou une convulsion. Ils sont toutefois bénins.
Le spasme du sanglot est un phénomène qui touche en moyenne 5 % des enfants. Il en existe des formes familiales.
Les spasmes du sanglot ont été décrits pour la première fois par Nicholas Culpeper (1616-1654), botaniste, herboriste, physicien et astrologue anglais. Récemment, ils ont été éclaircis par Lumbroso et l'équipe du centre de guidance infantile de Paris, boulevard Brune (M. Soulé et L. Kreisler).
Affolés, les parents réclament souvent des explorations pour s'assurer que l'appareil cardio-vasculaire et le cerveau de leur enfant ne sont pas atteints. Souvent ces examens – écho-doppler cardiaque et/ou électroencéphalogramme – sont inutiles. Ils ont surtout pour objectif de tranquilliser les parents.
En fait, quelle que soit la forme de cette crise de spasmes – la peau pâle ou virant au bleu –, elle n'a aucune conséquence grave sur la vie du bébé. Les pleurs provoquent le malaise, mais une guérison spontanée s'ensuit. Le bébé reprend rapidement conscience. Parfois, il reste un peu somnolent après la crise.
Les spasmes du sanglot ne sont pas une crise d'épilepsie, ni un malaise vagal, encore moins une anomalie à l'électrocardiogramme entraînant une pâleur et un évanouissement. Ils ne sont pas non plus dus à une lésion. Le niveau mental et l'état neurologique de ces enfants sont normaux.
La couleur du bébé durant la crise dépend de son tempérament. S'il est énergique, actif et coléreux, il a tendance à se cyanoser lors des spasmes des sanglots. Par contre, s'il est passif, inhibé et émotif, il a tendance à devenir pâle.
Les enfants guérissent souvent des spasmes du sanglot avant l'âge de 4 ans. Dans certains cas, ils persistent jusqu'à 7 ou 8 ans, sans laisser de séquelles. Exceptionnellement, les spasmes du sanglot peuvent être associés à des troubles du comportement. C'est la raison pour laquelle les enfants qui sont sujets à ces crises doivent être surveillés de près, afin de guetter d'autres éventuels troubles psychologiques, comme l'insomnie et l'anorexie.
Si on est en face d'un enfant sujet à des spasmes du sanglot, il faut le tenir en lui mettant la tête vers le bas. Idem pour la langue pour éviter qu'elle ne soit coincée et étranglée dans la salive.
Les parents doivent comprendre que les spasmes du sanglot sont un accident bénin à caractère transitoire. Les enfants qui sont sujets à ces crises ont besoin d'un traitement martial (à base de fer) par voie orale, car certaines anémies ferriprives (carence en fer) peuvent être responsables de l'anoxie cérébrale qui cause ces spasmes. Les doses de fer seront prescrites par le pédiatre.
Il reste à préciser que cet accident, quoique affolant, demeure bénin et transitoire sans aucun risque de séquelles ou de mort. En effet, pas un enfant n'est mort de spasmes du sanglot. Toutefois, certains parents ou grands-parents ont été victimes de chutes et de fractures provoquées par leur affolement de voir leurs enfants dans une situation aussi alarmante.

Dr Joseph RACHKIDI
Pédiatre

Les spasmes du sanglot ou Breast holding spells in childhood, comme les désignent les Anglo-Saxons, sont de violentes crises de pleurs du nourrisson, accompagnées d'un bref arrêt de la respiration. Par ces crises, affolantes pour les parents, le bébé exprime un mécontentement, une douleur ou une colère. Ces accès de spasmes peuvent entraîner une cyanose (la couleur de la peau vire au bleu) et souvent une perte de connaissance ou une convulsion. Ils sont toutefois bénins.Le spasme du sanglot est un phénomène qui touche en moyenne 5 % des enfants. Il en existe des formes familiales.Les spasmes du sanglot ont été décrits pour la première fois par Nicholas Culpeper (1616-1654), botaniste, herboriste, physicien et astrologue anglais. Récemment, ils ont été éclaircis par Lumbroso et l'équipe du centre de guidance...
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