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Crise du Golfe: le Koweït s'engage à poursuivre sa médiation entre Riyad et Doha

Diplomatie

Le roi saoudien absent du sommet des pétromonarchies du Golfe.

OLJ/AFP
05/12/2017

Le Koweït s'est engagé mardi à poursuivre ses efforts de médiation dans la crise opposant le Qatar à l'Arabie saoudite et ses alliés, lors d'un sommet des pétromonarchies du Golfe marqué par l'absence du roi saoudien.

Ce sommet du Conseil de coopération du Golfe (CCG) est le premier depuis la grave crise ayant vu l'Arabie saoudite --qui domine ce groupe-- et trois de ses alliés rompre en juin leurs relations diplomatiques avec Doha, menaçant l'existence même de cette alliance. Fondé en 1981, le CCG est une union politique et économique qui comprend l'Arabie saoudite, Bahreïn, les Émirats arabes unis, le Koweït, le Qatar et Oman.

Prévue sur trois jours, la réunion de Koweït ne devait finalement durer qu'une seule journée.
Si l'émir du Qatar cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, dont le pays est au cœur du contentieux, a répondu présent lors de cet évènement annuel, le roi Salmane d'Arabie saoudite a dépêché son ministre des Affaires étrangères Adel al-Jubeir pour le représenter.

Les Émirats arabes unis et Bahreïn, alliés de Riyad, ont eux respectivement envoyé leur ministre d'État aux Affaires étrangères et le vice-Premier ministre. Ces trois monarchies du Golfe et l'Égypte ont brusquement rompu le 5 juin avec le Qatar, qu'ils accusent de soutenir des mouvements extrémistes et de ne pas prendre assez de distance avec l'Iran chiite, grand rival régional de l'Arabie saoudite sunnite. Ils ont également imposé un embargo contre Doha.

Depuis, toutes les tentatives pour résoudre la crise avec le Qatar --qui rejette les accusations et dénonce les sanctions économiques qui lui sont imposées-- sont restées sans résultat, notamment celle du Koweït.
"Nous avons été secoués les six derniers mois par des développements douloureux et négatifs (...) mais nous avons réussi à obtenir le calme", a déclaré à l'ouverture du sommet l'émir du Koweït, cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah.

 

(Pour mémoire : Le Koweït se dit prêt à accueillir le sommet du CCG malgré la crise)

 

Doutes sur l'avenir
"Nous continuerons ce rôle (de médiateur) dans cette dispute", a-t-il assuré.

Le Koweït et Oman n'ont pas pris part au boycott du Qatar, petit émirat riche en gaz auquel ses adversaires demandent notamment de fermer la chaîne de télévision Al-Jazeera, de bannir la confrérie des Frères musulmans, de fermer une base turque et de se distancier de l'Iran.

Lundi, les ministres des Affaires étrangères de l'Arabie saoudite et du Qatar ont participé à des réunions préparatoires, leur première rencontre à ce niveau depuis le déclenchement de la crise il y a six mois.

Le secrétaire général du CCG, Abdellatif al-Zayyani, a affirmé que la situation difficile dans la région --guerre en Syrie, au Yémen-- couplée aux défis sécuritaires et politiques nécessitaient une consolidation de la solidarité et de l'unité entre États membres.
Mais des experts ont averti que la crise autour du Qatar pourrait conduire à sa disparition. "Les raisons de l'existence du CCG dans un contexte de crise persistante ne sont plus d'actualité", a estimé Sami Faraj, responsable du Centre koweïtien d'études stratégiques.

Le CCG a approuvé une union douanière, un marché commun, une monnaie unique et une banque centrale unique, mais la plupart de ces décisions n'ont jamais été suivies d'effet. Le retard pris par les pays membres dans l'intégration de leurs économies peut également faciliter sa désintégration.

Accentuant davantage ce flou sur l'avenir du CCG, les Émirats ont annoncé mardi la formation d'une nouvelle "commission conjointe de coopération" militaire et économique avec l'Arabie saoudite, indépendante de cette alliance régionale.

Ce comité sera chargé de la "coopération et de la coordination" entre les deux pays dans les domaines militaire, politique, économique, commercial et culturel, selon le décret du président des Émirats, cheikh Khalifa ben Zayed Al-Nahyane.

Ce sommet intervient par ailleurs au moment où l'Arabie saoudite intensifie ses frappes sur Sanaa, la capitale du Yémen, pays où elle intervient à la tête d'une coalition militaire depuis 2015 contre les rebelles houthis, qu'elle accuse d'être soutenus par l'Iran.

 

 

 

Pour mémoire

Ankara et Téhéran au secours de Doha

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