Liban

« Nos écoles enseignent non seulement des langues, mais aussi des cultures », souligne le directeur de la MLF

Interview express

En marge de l'inauguration des nouveaux bâtiments du Grand Lycée franco-libanais de Beyrouth (GLFL), mercredi dernier, le directeur général de la Mission laïque française (MLF), Jean-Christophe Deberre, a accordé une interview express à « L'Orient-Le Jour », réaffirmant la vocation et le rôle de la MLF au Liban.

04/10/2016

À l'occasion de l'inauguration des nouveaux bâtiments du Grand Lycée franco-libanais de Beyrouth (GLFL), le président de la Mission laïque française (MLF), François Perret, soulignait que le Liban avait toujours occupé une place de choix dans l'action de la MLF : en 1909, peu après sa création, c'est son fondateur en personne, Pierre Deschamps, qui lançait le collège de Beyrouth (le futur GLFL) rappelait François Perret. « À l'époque, Beyrouth était un peu la capitale culturelle et intellectuelle du Moyen-Orient, soulignait M. Perret. Aujourd'hui encore, le peuple libanais nous impressionne par son courage et sa résilience au milieu d'intenses troubles régionaux. Puisque l'éducation porte l'espérance et le destin des sociétés, notre association se doit d'investir dans l'avenir des peuples amis comme le Liban. »

 

Cinq établissements gérés par la MLF
Ces investissements se traduisent en pratique par les millions d'euros investis pour la réfection du GLFL, mais aussi par l'énergie et les moyens déployés pour gérer quatre autres établissements à travers le pays. La MLF dirige plus d'une centaine d'établissements à travers le monde, avec la plus grosse concentration au Liban. En étroite collaboration avec l'Agence pour l'enseignement du français à l'étranger (AEFE), le ministère de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, et le ministère des Affaires étrangères, l'association cherche à promouvoir l'enseignement du français à l'étranger et à défendre des valeurs de laïcité, de solidarité et d'humanisme. Pour son directeur général Jean-Christophe Deberre, elle permet aussi d'encourager les échanges interculturels comme remparts à l'intolérance. « Nos écoles ne font pas qu'enseigner des langues, elles enseignent aussi des cultures », précise-t-il.

Le multiconfessionnalisme libanais donne également un certain attrait à l'enseignement neutre et laïc dont se réclame la MLF. « Ce n'est pas une valeur que nous imposons aux élèves, mais la rencontre entre cette forme scolaire et un réel désir des familles, relève M. Deberre. Où qu'elles soient sur le territoire libanais, à Tripoli comme à Nabatiyeh, nos écoles laïques rencontrent un franc succès du fait de leur neutralité et de leur qualité. Nous ne sommes pas en opposition à la religion, mais nous mettons la formation intellectuelle et morale au-dessus de la formation religieuse. Les familles le respectent et s'engagent à préserver cette priorité. »

 

(Pour mémoire : Fronde, malaise et intolérance, des interrogations s’imposent)

 

« Le dialogue bilatéral sur l'éducation reste nourri »
D'un autre côté, explique M. Deberre, l'enseignement de la langue et de la culture françaises est évidemment un élément à part entière de son soft power et de sa diplomatie. « Cela s'inscrit dans le réseau culturel au même titre que les instituts et alliances françaises, souligne-t-il. Le réseau scolaire français à l'étranger est l'un des plus développés au monde car la France considère que les "retours sur investissements" et l'influence culturelle française sont des atouts majeurs que d'autres grandes puissances n'ont pas. La Chine, par exemple, n'a étendu son réseau d'instituts Confucius que très récemment et n'a pas l'expérience française en la matière. »

Interrogé sur la conjoncture actuelle, M. Deberre ajoute que la crise des réfugiés a affecté certains établissements, notamment celui de Nahr Ibrahim qui a scolarisé environ 200 enfants syriens en 2013. Si ce nombre a ensuite diminué, la MLF continue d'accompagner de nombreux enfants syriens et de prendre en charge une partie de leur scolarité. À propos du flou politique libanais, il explique que même sans président, « le dialogue sur l'éducation reste nourri ». Et de conclure : « Nos deux pays ont l'habitude de coopérer, le dialogue est constant et permet de s'assurer que cette double culture que nous enseignons est un atout pour les étudiants et jamais un souci. »

 

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