La Dernière

Dubai Fashion Forward : et de dix

La Mode

Pour sa dixième édition, le rendez-vous dubaïote de la mode et du design, présenté au Dubai Design District (D3), a gagné à grands frais sa place dans la cour des grands. Pour le plus grand bonheur des créateurs régionaux, et notamment libanais, qui y bénéficient d'une visibilité providentielle.

15/11/2017

Le 25 octobre dernier, et pour quatre jours exceptionnellement denses, se donnait à Dubaï la dixième édition de Dubai Fashion Forward. Un événement qui a longtemps patiné avant de s'affirmer, en 2017, au cœur de l'ambitieux projet Dubai Design District (D3) encore dans sa première phase, parmi les nouveaux rendez-vous incontournables des saisons de la mode internationale. Visionnaire, Mohammad Saïd al-Shehhi, le CEO du D3 contrôlé par la Dubai Holding de l'émir Mohammed al-Maktoum, est parti du constat que la mode et le design présentaient dans la cité-émirat le taux de croissance le plus élevé parmi tous les autres secteurs d'activité. Il a donc décidé d'offrir à la création locale et internationale un écosystème propice à un développement optimal. Son ambition est de faire de Dubaï un véritable carrefour mondial du luxe et des tendances. Rien que dans sa phase initiale, avec 400 entreprises déjà installées dans le complexe, entre laboratoires d'innovation textile, studios de créateurs, showrooms, galeries d'art, boutiques de mode, restaurants gastronomiques, bureaux de maisons de luxe, y compris le Groupe Chalhoub qui représente à lui seul une quarantaine de marques haut de gamme, le D3 tient déjà sa promesse.

 

Expositions, conférences, pop-up, partys et défilés
Quatre jours durant, au Design Quarter, saint des saints du D3, Dubaï a donc vécu au rythme de l'événement Fashion Forward qui répondait bien à son ambition futuriste. La journée inaugurale était consacrée, sous l'intitulé Fashion Future, aux collections de diplôme des étudiants des écoles de mode ainsi qu'à la découverte des principaux espaces et locaux, parmi lesquels une bibliothèque dédiée au cinéma et à la mode. Le 26 octobre, jour de l'ouverture officielle au public, a commencé le ballet des conférences, notamment sur la conception contemporaine des espaces de vente, des plages d'animation, des événements sociaux dont le joaillier Beaume&Mercier a eu la primeur, et d'autres plus thématiques tel que le Mini Fashion-Beyond Native, organisé par le constructeur Mini, ainsi que des shoots street style pas tout à fait improvisés, et naturellement les premiers défilés de créateurs. Jusqu'au 28 octobre, ouvertes à midi, les journées se terminaient dans la fête, tard dans la soirée, avec des partys animées par des DJ triés sur le volet.

 

Rony Helou, Lara Khoury, Hussein Bazaza et la jeune création régionale
Parmi les défilés les plus remarqués, on retiendra la collection rebelle, inspirée de Michael Jackson et des années 80, de la Saoudienne Arwa al-Banawi, baptisée Banat et dédiée à l'autonomisation des femmes. Essa Walla, qui compte Lady Gaga parmi ses clientes phares, a pour sa part fait ses armes auprès des artisans de la vieille ville de Dubaï. Très rock, très libre, sa collection joyeusement irrévérencieuse a fait sensation.

Présenté par l'incubateur Starch, le Libanais Rony Helou s'est servi du vêtement comme prétexte pour interroger, à travers une collection très graphique, la psychologie et l'anthropologie. Son esthétique minimaliste mettait par ailleurs la féminité à l'épreuve de la mode grunge. Parmi les créateurs libanais, Lara Khoury, qui fait désormais partie des stylistes établis et des valeurs sûres de la mode au pays du Cèdre, s'est inspirée des anciens clichés en noir et blanc du photographe Hashem el-Madani. Ce dernier, qui est également une référence pour l'artiste contemporain Ziad Antar, est mort cet été, laissant un trésor d'archives inestimable sur l'âge d'or libanais, notamment à Saïda et Beyrouth. Et c'est sous le signe de cet âge d'or que Lara Khoury a développé sa collection, un prêt-à-porter littéralement prêt à porter, décliné dans une palette de noir, de blanc passé et de gris relevée de traces d'or, avec des textures proches du glaçage argentique, flous et craquelures compris. Pur produit d'Esmod Beyrouth, Hussein Bazaza, fidèle à ses collages ésotériques et à sa réputation d'alchimiste, amateur de licornes et de vanités, s'est distingué avec une collection cabalistique chic tout aussi surréaliste que les précédentes. Parmi les derniers à défiler, au dernier jour de la FFD, l'artiste polyvalent Amine Bendriouich, issu d'Esmod Tunis, donnait à voir une collection unisexe pointue, imprégnée de mondialisme autant que de tradition, à l'image des festivals d'arts visuels et de musique qu'il organise notamment à Casablanca.

 

Dans la même rubrique 

Si Marco Polo était un hippie

Si les 70’s avaient connu le hip-hop

Le nouveau Fantasy Bra, du glamour

À la une

Retour à la page "La Dernière"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

X
Déjà abonné ? Identifiez-vous
Vous lisez 1 de vos 10 articles gratuits par mois.

Pour la défense de toutes les libertés.