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Culture

« Nous voulons faire une critique de la société, c’est à cela que doit servir notre art »

Exposition

Surconsommation, pollution et mondialisation sont dans le collimateur de Tarek Salhany et Polly Phipps-Holland avec « We're loving it ».

15/11/2017

Le collectif 6th floor tient sa première exposition à la galerie Art Lab, à Gemmayzé. Intitulée « We're loving it », elle se présente comme une tentative d'éveiller les consciences et de rappeler les problèmes majeurs du monde actuel.
Avec un titre sarcastique qui fait directement référence au slogan d'un géant du fast-food dont on ne citera pas le nom, Polly Phipps-Holland et Tarek Salhany annoncent directement le ton. Surconsommation, pollution et mondialisation sont dans le collimateur des deux artistes, qui dénoncent les vices de la société moderne à travers leurs œuvres. Avec la même vision, et le même dégoût prononcé envers ces grosses usines qui détruisent le monde et l'âme des gens, Polly Phipps-Holland et Tarek Salhany semblent s'être relativement bien trouvés.
Il y a dix ans, le jeune artiste libanais et l'étudiante anglaise se sont rencontrés dans une école d'art, à Londres. Attiré par la formation artistique londonienne, Tarek Salhany avait en effet décidé de quitter Beyrouth pour étudier les beaux-arts dans la capitale anglaise. Cinq ans plus tard, alors que le duo libano-anglais partage un petit studio, l'idée d'une collaboration artistique fait son chemin. La vie trépidante de la capitale britannique offrant trop de distractions, les deux artistes s'installent à Jounieh, au Liban, et lancent officiellement le collectif The 6th floor.
« Le but de ce collectif est d'être le plus explicite possible, explique Polly Phipps-Holland. On ne veut pas viser uniquement les personnes qui ont étudié l'art, mais toucher un maximum de personnes. » Présentant un art complètement engagé et assumé, les deux artistes visent en effet à diffuser leur message auprès d'un public très large. En plus d'aller à l'encontre de l'élitisme un peu trop présent dans ces nouvelles formes d'art qui ont tendance à s'adresser à un échantillon très particulier de la population, le collectif voit aussi son travail comme une réelle manière de s'exprimer et de transmettre. « Nous sommes persuadés que l'art doit être engagé », renchérit Tarek Salhany. Pour le duo, l'art n'est pas uniquement une recherche esthétique, l'œuvre doit être porteuse d'un message. « Nous voulons parler du monde dans lequel nous vivons, pointer du doigt les problèmes et faire une critique de la société. C'est à cela que doit servir notre art. »
Si le thème de cette exposition peut sembler avoir un ton accusateur, il est tout sauf calomniateur. Le but des deux artistes n'est certainement pas de donner des leçons, mais plus de poser des questions sur le mode de vie de tout un chacun, tout en remettant en cause le leur. À travers ces portraits angoissants de personnes dont le cerveau est hanté, happé par de grosses usines et autres arsenaux guerriers, et les paysages enfumés et remplis de déchets, le tout dans des tons vifs et soigneusement choisis, le duo exprime son questionnement sur notre société contemporaine et dénonce les conséquences d'un capitalisme extrême qui nous touche tous. Un premier travail réussi qui, en plus d'attirer le regard, comporte des codes et des questionnements accessibles à tous.

L'exposition est à voir jusqu'au 25 novembre.

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