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"Nous avons vaincu l'injustice faite à l'imam Hussein de Beyrouth jusqu'à Kerbala"

Irak

Les pèlerins chiites, dont certains venus du Liban, célèbrent "la revanche" sur l'EI.

OLJ/AFP/ Ali CHOUKEIR
10/11/2017

Arkan al-Husseini a quitté sa province de Diyala, au nord de Bagdad, pour rejoindre Kerbala, comme des millions de pèlerins chiites. Cette année, dit-il, pour les commémorations du martyre de l'imam Hussein, "Dieu a eu sa revanche".

Car dans la ville sainte du sud irakien, l'Arbaïn, qui marque la fin des 40 jours de deuil de la mort du petit-fils du prophète Mahomet, se déroule dans un contexte particulier.

A quelques centaines de kilomètres de là, dans le désert occidental d'al-Anbar, les troupes irakiennes, appuyées par des unités paramilitaires majoritairement chiites, sont en passe de reprendre la toute dernière localité aux mains des jihadistes du groupe Etat islamique (EI), organisation ultraviolente sunnite.

"Grâce à Dieu, l'imam Hussein a vaincu les tyrans, nous les avons écrasés avec le force que Dieu nous a donnée", affirme à l'AFP l'homme de 68 ans, le visage encadré par une barbe blanche et un bandeau noir sur le front.

 

(Lire aussi : Irak: 14 millions de pèlerins chiites pour l'Arbaïn à Kerbala)

 

"Preuve de la victoire"
En 680, les troupes du calife omeyyade Yazid assassinaient l'imam Hussein durant la bataille de Kerbala, creusant un peu plus la fracture entre sunnites et chiites. "Aujourd'hui, nous avons vaincu les enfants de Yazid", avance le pèlerin, qui converge, avec des millions d'autres, vers le mausolée au dôme couvert d'or où est enterré l'imam Hussein.

Venus à pied, parfois sur des centaines de kilomètres, ou à bord de bus affrétés, ils sont chaque année près de 20 millions. De tous âges, ils proviennent de tout l'Irak mais aussi de l'étranger, majoritairement d'Iran.

"Ces millions de gens à Kerbala sont la preuve de la victoire" sur les jihadistes qui, durant trois ans, ont multiplié les exactions en Irak et les attaques contre les pèlerins chiites, ensanglantant plusieurs fois l'Arbaïn, lance Mahmoud Mohammed, 62 ans. Cet Irakien issu de la minorité shabak est venu de Bartalla, près de Mossoul (nord), deuxième ville du pays dont l'EI avait fait lors de sa percée fulgurante de 2014 la "capitale" irakienne de son "califat" autoproclamé. "Aujourd'hui, on célèbre la victoire du bien sur le mal", assure l'homme vêtu de la longue robe noire traditionnelle. "Ils ont voulu créer un califat, mais maintenant ils ont compris que personne au monde ne peut interdire ou menacer le pèlerinage à Kerbala".

"Maintenant qu'on en a fini avec les gens de l'EI, on se sent en sécurité" cette année, affirme d'ailleurs à l'AFP Abdel Hussein Farah, 47 ans, qui vit à Kerbala.

Pourtant, comme les autres pèlerins tous vêtus de noir, il a dû traverser cinq check-points pour parvenir au mausolée.

 

"De Beyrouth à Kerbala"
Les forces de sécurité, comme tous les ans, se sont déployées par dizaines de milliers à travers le sanctuaire. Elles quadrillent aussi les principaux axes routiers du pays, embouteillés depuis des jours par les véhicules transportant les pèlerins et les milliers de marcheurs en route vers Kerbala.

Sur tout le parcours et partout aux abords du mausolée recouvert de mosaïques, des petites tentes se dressent en bordure de route, surmontées de drapeaux colorés. A l'intérieur, des bénévoles approvisionnent les pèlerins. Aux abords du mausolée où est enterré l'imam Hussein, la foule est plus dense encore. Des pèlerins venus d'Iran, du Yémen, d'Oman, du Bahreïn, du Pakistan ou du Liban se mêlent aux Irakiens.

Sur fond de chants religieux au rythme entêtant, des hommes et des femmes se frappent la poitrine à l'unisson, en signe de deuil. Parmi eux, Ahmed al-Haj Hassan, 29 ans, venu du sud du Liban avec trois amis, a atterri à l'aéroport de Najaf, l'autre grande ville sainte irakienne. Le jeune homme au visage encadré par une barbe noire et un keffieh sur la tête a ensuite parcouru les derniers 80 kilomètres de trajet vers Kerbala à pied. Pour lui, c'était important d'accomplir le pèlerinage, d'abord "pour l'imam Hussein" mais aussi pour dire que "nous sommes tous partenaires dans la victoire".

"Aujourd'hui, nous avons vaincu l'injustice faite à l'imam Hussein de Beyrouth jusqu'à Kerbala", lance-t-il, au moment même où les forces irakiennes et syriennes, appuyées par des supplétifs chiites libanais, assurent en avoir quasiment fini avec l'EI.

 

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Saturne

guilt and redemption.
read rene girard a propos the theory of the scapegoat
in Christianity, humanitarism of Christianity accepted its guilt and salvation thru Jesus crucifixion.
While Islam is a universalist religion, it has not trickled down to its different sects.
When all admits the sins committed, this is when they will be deliverance and forgiveness.
the 7th century Islam is still incrusted in the minds and souls.

Eleni Caridopoulou

Les chrétiens ont fait leur guerre de religions , catholiques et protestants , c'est fini il faut les musulmans et surtout les chi'ite arrêter tout ça nous sommes au 21eme siècle

Pierre Hadjigeorgiou

"En 680, les troupes du calife Omeyyade Yazid assassinaient l'imam Hussein durant la bataille de Kerbala, creusant un peu plus la fracture entre sunnites et chiites." C'est en écrivant des phrases comme celle-ci que nous excitons encore plus les excités. Puisqu'il y avait bataille, comment peut on parler d'assassinat? Une guerre c'est une guerre et dans la guerre il y a des batailles. Dans ces batailles il y a des morts... Dans ce cas le Hussein en question. Ou est l'assassinat? C'est vrai que les mots sont des armes dangereuses. Ne dit ont pas "Les armes entre les mains d'un .... blessent?"

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