Notre « matière grise » a pour fonction de nous permettre, non pas seulement de nous souvenir, mais quelquefois d'oublier volontairement, quoique nous ayons tous une certaine bonne mémoire. On a défini la mémoire comme étant « la faculté d'oublier ». On pourrait ajouter aussi que le cœur a « la faculté de pardonner ».
Les trois colonnes d'écriture journalistique publiées dans l'édition de L'Orient-Le Jour du mercredi 25 octobre peuvent être classées de bonne foi dans les archives des centres de documentation et d'information des établissements scolaires et dans les annales des universités.
Ce qui manque à la plupart d'entre nous, ce n'est pas tant la faculté de se souvenir que celle d'oublier tout simplement. Il existe une certaine forme naturelle d'oubli qui vient avec le temps et n'est pas le fruit d'un effort conscient, mais il y a du vrai et du faux, comme dans le dicton affirmant que « le temps guérit les peines ». Il apporte, en effet, de nouvelles impressions heureuses – et réveille de doux souvenirs, capables de noyer l'amertume du chagrin et de l'affliction.
En fait, notre mémoire a tendance à ressortir de préférence les souvenirs agréables. Elle s'efforce toujours d'enfouir les impressions et les faits douloureux et pénibles dans le trou de l'oubli et de ne retenir que les événements dont le souvenir nous cause de la joie et des ravissements intimes. À elle seule, cependant, elle n'est pas capable de se débarrasser de tout ce fatras de situations d'antan, déplaisantes, blessantes et douloureuses.
Spontanément, dans la bonne direction, elle a besoin d'importants concours pour remplir sa tâche jusqu'au bout. Ces concours, c'est la religion et notre foi qui nous les donnent. D'abord, il faut pardonner, ensuite, il faut humainement, raisonnablement, prudemment et avec discernement accueillir deux millions de réfugiés syriens et autres dans un état déplorable frisant la misère (père, mère, enfants, bébés et autres), qui ne sont pas foncièrement responsables des guerres de 1975.
On rencontre des gens qui estiment, semble-t-il, avoir le droit d'en vouloir à « tout un peuple » du fait des fautes de ses dirigeants. Attitude qui n'est pas justifiée ! Le ressentiment du passé et le désir de ne pas aider ou offrir un toit et assurer une subsistance et un ravitaillement adéquats à un peuple voisin fuyant les affres et les dangers de la guerre sont un acte inhumain non permis par une conscience en phase avec les « droits de l'homme ».
Se souvenir qu'il faut oublier ! Voici, après la religion, un exemple philosophique de tous les temps qu'il importe de découvrir : l'art d'oublier volontairement, ne cherchons pas à ressusciter les malheurs du passé.
Ayons toujours dans l'antichambre de notre esprit quelques thèmes extraordinaires et intéressants, des sujets positifs qui ont le pouvoir d'accaparer notre pensée et notre imagination.
La prière n'y parviendra pas si elle porte sur la chose elle-même. Elle ne nous l'enlèvera pas de l'esprit. Sous cette réserve, prier est excellent, si cela nous dispose à l'amour, au pardon, à la charité et à la paix.
Il est temps, après 42 ans de distance et d'existence par rapport à 1975, de réparer par notre générosité et par notre dévouement le passé, d'entretenir des relations amicales et de bon voisinage avec ce peuple meurtri, nous qui avons été opprimés dans le passé. Donc, se pacifier, s'aimer et tendre la main de la réconciliation, de la conciliation, de la concorde et de la tolérance entre nous et eux. Savoir pardonner et oublier est un bienfaits.
La véritable communication commence non seulement quand nous acceptons notre prochain, mais quand nous l'accueillons avec plaisir et miséricorde malgré la tache noire du passé. À ces moments-là, chacun vivra avec intensité la réconciliation et l'entente dans un esprit de confiance mutuelle et de perspicacité. Le pardon redonne tout son sens à la sagesse contenue dans nos croyances religieuses réciproques.
Nos lecteurs ont la parole - Par Sylvain Thomas
Réponse à l’article de Marie-Claude Hélou-Saadé
OLJ / le 01 novembre 2017 à 00h00


je dois preciser que, amnesie, faculte d'oublier, faculte de pardonner,toute cette terminologie exacte en d;autres circonstances et pays , n'est meme pas amorcee au Liban pour la raison toute simple que: les faits de cette guerre commencee en 1967(non pas en 1975) n'en finit pas de se repeter, les memes erreurs, les memes heresies, le meme principe d'allegeance a l'etranger avec qqs variantes dans les acteurs, les dates, le pays objet de l'allegeance . alors que faut il faire pour amorcer qqs petits pas vers la redemption ?
12 h 22, le 01 novembre 2017