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Liban

Abou Jamra convoqué par le parquet

Liberté d’expression
31/10/2017

L'ancien vice-Premier ministre Issam Abou Jamra, fondateur et président du Courant indépendant, a été convoqué par le parquet pour être entendu par l'avocat général près la Cour de cassation, Ghassan Khoury, a rapporté dimanche l'Agence nationale d'information (ANI), qui précise que M. Khoury a refusé de révéler les raisons de la convocation.

Des sources proches de M. Abou Jamra ont indiqué à L'Orient-Le Jour que le juge Khoury a contacté vendredi ce dernier, le priant au téléphone de se rendre lundi au Palais de justice, sans lui dévoiler les motifs de sa demande. Le président du Courant indépendant aurait néanmoins perçu que la convocation a un lien avec des articles publiés sur le site électronique du parti, almostaqel.org/altayyar.

Vice-Premier ministre du gouvernement militaire que présidait, en 1988, l'actuel chef de l'État, Michel Aoun, Issam Abou Jamra avait occupé dans le même temps les postes de ministre de la Justice, de l'Économie, de l'Habitat, des Postes et Télécommunications, et des Ressources hydrauliques et électriques. Exilé en 1990 à la suite de l'entrée de l'armée syrienne, il est retourné au pays en 2005, à la faveur de la révolution du Cèdre, avant d'occuper le poste de vice-Premier ministre, lors du mandat de l'ancien président de la République Michel Sleiman (2008). Suite à un désaccord avec le président Aoun qui dirigeait alors le Courant patriotique libre, il s'est retiré du CPL en 2009 et a fondé en 2015 le Courant indépendant.

 

(Pour mémoire : Abou Jamra s'inquiète de la non-publication des propos de Aoun)

 

Selon les personnes proches de M. Abou Jamra, ce dernier a exprimé au magistrat Khoury son refus de se rendre personnellement auprès du parquet et demandé qu'il y soit représenté par son avocat. L'avocat général ayant accepté la requête, l'avocat du président du Courant indépendant, muni de sa procuration, s'est présenté à sa place hier à 10h.

Si, dans les milieux du Courant indépendant, on reconnaît que des articles exprimant des orientations diverses sont régulièrement publiés sur le site almostaqel.org/altayyar, on estime néanmoins que la responsabilité politique et morale du parti ne doit être engagée que si les auteurs des publications relèvent du site et du parti. Ces personnes informées de l'affaire affirment à L'OLJ qu'en tout état de cause, l'article pressenti comme faisant l'objet de poursuites avait été posté sur le site il y a près de deux mois avant d'être rapidement retiré.

Selon le quotidien al-Liwa', la suspicion concerne non seulement un article, mais plusieurs dans lesquels les auteurs lancent des attaques contre des déclarations de ministres et dénoncent la conclusion de marchés, ainsi que la corruption qui sévit dans nombre de ministères et d'administrations.

Pour sa part, une source judiciaire haut placée, jointe par L'OLJ, a affirmé qu'une plainte a été déposée pour injures et diffamations à l'encontre d'« une certaine personne ». Elle a indiqué que la séance a eu lieu hier, comme entendu, avec l'avocat de M. Abou Jamra, à qui il a été demandé des clarifications sur la question. « L'étude du dossier sera poursuivie », s'est contentée d'ajouter la source.

Des sources juridiques informées se sont montrées légèrement plus prolixes, affirmant à L'OLJ que M. Abou Jamra a été convoqué pour la publication d'un article évoquant des infractions commises par des magistrats dans le cadre de leurs fonctions, magistrats qui ont fait l'objet d'une enquête de l'Inspection judiciaire. Ces juristes proches du Courant indépendant s'indignent qu'« en dépit du fait que ces informations ont été publiées sur de nombreux sites, c'est celui du parti qui est poursuivi », attribuant cela au fait que « M. Abou Jamra se trouve dans les rangs de l'opposition ». Ils notent dans ce cadre que l'ex-vice-Premier ministre « est visé pour des raisons politiques », relevant qu'« il reçoit souvent des mises en garde le contraignant à baisser le ton, bien qu'il veille toujours à respecter les lignes rouges dans les communiqués et déclarations qui expriment ses positions ». Et de déplorer enfin « la politique qui consiste à museler la parole et réduire au silence les opposants ».

 

 

Pour mémoire

Abou Jamra : Le « moi ou personne » de Aoun relève de l'hérésie

Abou Jamra tance le CPL et le Hezbollah

 

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Sam

Quand les innocents sont traités de voleurs, ils devraient se taire ou se défendre ?
La mafia veut banaliser et englober tous les gouvernants dans leurs turpitudes.

Il faut que la justice passe sur les dossiers dans le calme et à l'abri des pressions politiques malveillantes pour faire le tri .

Yves Prevost

Ainsi, dénoncer "la corruption qui sévit dans nombre de ministères et d'administrations" tomberait sous le coup de la loi? Ou bien simplement la critique du pouvoir?

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