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Young LeaderSHE, yes, she can

INITIATIVE

Faire bouger les mentalités et redonner aux femmes un statut de leader au travail et dans la vie, tel était le but de la formation « Young LeaderShe », organisée dans les universités par l'association Women in Front.

28/10/2017

« Sensibiliser les jeunes étudiants à l'égalité des sexes, les habiliter à reconnaître le droit de la femme à atteindre des postes décisionnels dans la vie privée et publique, et surtout leur donner les outils nécessaires pour opérer les changements positifs dans leur communauté » font partie des objectifs de l'association Women in Front, comme l'explique Joëlle Abou Farhat Rizkallah, cofondatrice de l'association. Il y a un an, celle-ci a entrepris des sessions de formations générales à plus de 100 étudiants dans quatre universités libanaises: l'USJ, la NDU, la LIU de Saïda et l'Université antonine, pour leur apprendre à bien créer un projet, à définir leurs objectifs de manière claire et à partager leur vision à travers les médias sociaux pour mieux transmettre leur message et rallier le plus grand nombre de personnes à leur cause.

Quinze femmes et 5 hommes ont été par la suite sélectionnés pour participer, au mois d'octobre, aux sessions de formation du programme Young LeaderShe. Pourquoi des hommes dans un projet dédié au rôle et à l'égalité des sexes ? « Pour les encourager à accepter la compétition et la présence de leaders féminins dans des postes de travail à responsabilité et, par conséquent, les soutenir dans tous les aspects de leur vie », répond Joëlle Abou Farhat Rizkallah. En effet, pour Georges Hakim, 21 ans, étudiant en 4e année de droit à la NDU, qui suit la formation, « la femme doit être traitée au même pied d'égalité que l'homme et plus particulièrement au travail. Déjà lésée dans les domaines politiques et surtout sociaux, elle doit pouvoir accéder aux hauts postes de responsabilité au travail, surtout si elle en est capable », estime-t-il, ajoutant que « 90 % des femmes de sa promotion en droit sont nettement plus cultivées et capables que les hommes ». S'il avoue que « tous les copains de sa promotion pensent comme lui », il admet « qu'un grand nombre de sa génération n'en est pas encore convaincu ».

Pour Charbel Moussallem, étudiant en 2e année de sciences politiques à l'USJ, « aspirer à des postes de haute responsabilité est un pas très courageux de la part des femmes. Au Liban, il y a une mentalité féodale, surtout en politique, qui fait que les femmes doivent beaucoup batailler pour briser les mentalités et accéder au pouvoir, sans être la femme de... ». Convaincu qu'elles peuvent réussir aussi bien qu'un homme à de hauts postes de responsabilité, il admet toutefois qu'il leur faut « beaucoup de courage, de discussions et de sang-froid, pour arriver à faire valoir leurs droits ».

Travail et famille

Dalia Kouwatli, étudiante en 2e année de droit à l'USJ et vice-présidente du club féministe de l'université, bataille au sein du club pour faire changer les mentalités. « Il y a encore des personnes qui pensent que la femme n'est pas capable de participer à la vie politique et qu'elle ne peut pas accéder à des postes prestigieux au travail! Un grand nombre d'étudiantes à l'université refusent même l'idée de ce club et pensent que la femme libanaise a déjà tous ses droits en société. Elles sont mêmes convaincues qu'elle ne peut pas concilier travail et vie familiale. » Et de marteler fermement : « Une situation complètement erronée ! Et c'est cela que nous cherchons à changer aujourd'hui... »

Pour Sara Hassoun, 27 ans, étudiante en MBA marketing à la Lebanese International University de Saïda, le but est de prouver à tous ceux qui les ont éduquées et qui pensent « qu'une femme n'est belle et épanouie qu'à l'intérieur de son chez-soi, sa famille et ses enfants » qu'ils se trompent. « Le jour où j'ai participé aux manifestations dans les rues, j'ai réalisé que les femmes étaient en première ligne et que c'étaient elles qui revendiquaient les droits de la société et leurs propres droits. J'ai alors compris que l'on pouvait opérer, nous les femmes, un changement au sein de notre société. » Ce qu'elle aspire à faire aujourd'hui ? « Changer les mentalités de son village au Sud, qui sont beaucoup moins évoluées qu'en ville, et leur prouver qu'une femme peut être aussi belle et épanouie à l'extérieur que dans sa maison ! »

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