L'affaire Chucri Sader a été une gifle au pouvoir qui patauge dans la boue. La honte est la première gifle, le pouvoir en reçoit par rafales sans rougir, sans impunité... Ordre des avocats, corps judiciaire, universitaires, citoyens, ONG... réveillez-vous.
Je m'adresse à ceux qui parcourent les dalles des pas perdus après l'affaire Sader : levez-vous. Notre robe tient du sacerdoce, tissée du fil ecclésiastique. Rappelez-vous que pour détruire une nation, une bombe atomique ne suffit pas ; détruire la justice fait l'affaire.
L'ingérence téméraire de l'exécutif dans l'affaire Sader n'est ni la première ni la dernière devant l'absentéisme totale et l'impunité.
En assistant à l'effondrement du système et du rouage des droits et de la justice, on écoute la cloche de l'effondrement de la paix sociale par lequel le monde devient néant.
Ce calvaire de la honte tient du pouvoir qui dans son ivresse inhumaine, orgueilleuse s'est sali... La mer passerait sans laver la souillure...
Camarade de promotion, tu tiens ta robe de Dieu, le ministre tient le glaive du pouvoir. Un jour de justice vaut un siècle de prière. Tu as écouté ta conscience ; ton serment d'un homme de justice et de droit tient de Dieu.
Le pouvoir n'a rien écouté, son serment est celui d'un ivrogne, d'un maquignon, d'un pigeonner.
Ma main tremble en écrivant « État », E tas... tas d'ordure, de servitude, de corruption...
Wehbé Joseph AYACHE
Avocat à la cour

