Le resserrement de la politique monétaire devrait être plus marqué que ce qu’anticipent les marchés. Archives/AFP
La Banque d'Angleterre (BoE) a opté hier pour le statu quo monétaire mais a préparé les esprits à un possible resserrement compte tenu de la pression inflationniste au Royaume-Uni, et ce malgré les risques du Brexit. La BoE a maintenu son taux directeur à 0,25 %, mais son discours a été un peu plus ferme que prévu. La réaction du marché ne s'est d'ailleurs pas fait attendre, avec une hausse de la livre britannique dans la foulée de la publication du communiqué de la BoE, à un plus haut en sept semaines face à l'euro (89,10 pence pour un euro) et un nouveau sommet en un an face au dollar (1,33 dollar pour une livre).
« La majorité des membres du CPM (Comité de politique monétaire) » estime que si l'économie continue sur cette trajectoire, « le retrait d'une partie du stimulus monétaire pourrait être approprié dans les mois à venir pour faire revenir l'inflation à son niveau cible » de 2 %, ont révélé les minutes de la réunion de septembre du comité. De plus, « tous les membres du CPM continuent à penser que si l'économie poursuit sa trajectoire conforme aux prévisions du rapport trimestriel sur l'inflation, le resserrement de la politique monétaire sera plus marqué » sur les trois ans à venir que ne l'attend le marché.
Et selon « certains membres », l'accélération de l'inflation au Royaume-Uni en août à 2,9 % a déjà « renforcé les arguments en faveur d'un resserrement immédiat de la politique monétaire », sur lequel le CPM pourrait revenir en cas de besoin. Deux des neuf membres du CPM ont appelé à une hausse immédiate du fait de l'accélération de la hausse des prix. Les commentaires des membres du CPM n'étant pas nommément attribués, mais Ian McCafferty et Michael Saunders ont voté, pour la troisième réunion consécutive, en faveur d'une hausse de 0,25 point de pourcentage du taux directeur de l'institution.
Risque lié au Brexit élevé
La Banque centrale a déjà pris en compte dans ses prévisions la récente accélération de la hausse des prix à la consommation au Royaume-Uni, s'attendant à ce que l'inflation dépasse 3 % en octobre, alors que le niveau cible est de 2 %. Le comité va ainsi continuer à suivre les développements économiques, se disant « prêt à réagir aux changements dans les perspectives économiques » quand ils apparaîtront. La Banque centrale a aussi de nouveau mis en garde contre les effets de la décision du Royaume-Uni de quitter l'Union européenne (UE). « Des risques considérables continuent de peser sur les perspectives » de l'économie britannique, notamment la réaction des ménages, des entreprises et des marchés financiers aux développements en lien avec le processus de sortie de l'UE. La BoE a une nouvelle fois prévenu que « la politique monétaire ne peut pas empêcher ni les ajustements nécessaires » liés aux nouvelles relations commerciales du Royaume-Uni « ni la croissance des salaires plus faible » qui devrait les accompagner. Cette faible croissance des salaires est déjà un casse-tête pour la BoE car elle continue d'être inférieure à l'inflation, mettant à mal la consommation des ménages qui est l'un des principaux moteurs de l'économie. Et le ralentissement de l'économie observé depuis le début de l'année complique les choses pour la BoE mais aussi pour les économistes qui sont partagés sur l'avenir de la politique monétaire au Royaume-Uni. Certains, comme Kathleen Brooks de City Index, préviennent même qu'une hausse de taux en novembre est désormais une possibilité. Mais même si la probabilité d'une hausse dès cette année s'est nettement renforcée, pour Howard Archer de EY Item Club, une telle action ne devrait tout de même pas intervenir avant fin 2018 car l'économie devrait « rester poussive dans les prochains mois, l'inflation va s'apaiser après avoir atteint 3 % plus tard cette année et les incertitudes du Brexit restent élevées ».
Source : AFP


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