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Liban

Ambiance « électrique » en Conseil des ministres...

Exécutif

Le gouvernement met en place la commission de contrôle des élections.

Yara ABI AKL | OLJ
15/09/2017

Le Conseil des ministres a tenu hier une réunion sous la présidence du chef de l'État, Michel Aoun, au palais présidentiel de Baabda.

À l'heure où l'on s'attendait à une séance gouvernementale calme, dans la mesure où les dossiers jugés conflictuels ne figuraient pas à l'ordre du jour, le plan de production de l'électricité élaboré par le ministre de l'Énergie et de l'eau, César Abi Khalil, soulevé par les ministres des Forces libanaises, des Marada et du Parti socialiste progressiste, semble avoir électrisé le débat.

Selon notre correspondante Hoda Chedid, M. Abi Khalil a profité de son intervention pour exposer les remarques formulées par le directeur de la Direction des adjudications (DDA), Jean Ellieh, concernant le cahier des charges. « Ces remarques ne correspondent pas aux conditions techniques du dossier », a noté le ministre, précisant que le cahier des charges a été approuvé lors d'une séance gouvernementale. Après un long débat, il a été décidé de convoquer M. Ellieh pour lui demander d'adopter le cahier des charges élaboré par le ministère de l'Énergie et de l'eau. Il devrait s'entretenir avec Saad Hariri cet après-midi. Il convient de préciser à cet égard que le gouvernement a ajouté à ce cahier des charges la possibilité d'offrir un terrain à toute société qui proposerait de bâtir des usines pour la production de courant électrique.

Une source bien informée indique dans ce cadre à L'Orient-Le Jour que la discussion a été marquée par de vifs échanges, notamment entre le ministre de la Santé, Ghassan Hasbani (FL), et le chef de la diplomatie, Gebran Bassil (Courant patriotique libre). Si les FL ont mené bataille pour confier cette question épineuse à la DDA, un proche de Samir Geagea interrogé par L'OLJ se félicite du fait qu'une « certaine logique axée sur les institutions devient de plus en plus consacrée et respectée ».

Une source ministérielle ne cache néanmoins pas son inquiétude face à un éventuel limogeage de Jean Ellieh, après la décision de démettre de ses fonctions le juge Chucri Sader, ancien président du Conseil d'État. « Il s'agirait là d'une grande erreur », confie cette source.

 

(Lire aussi : Réformes électorales : des débats techniques pour des motifs politiques ?)

 

La commission de contrôle des élections
Si le gouvernement Hariri n'a pas planché sur la question des élections partielles qui devraient se tenir à Tripoli et au Kesrouan pour pourvoir aux sièges vacants de Michel Aoun (élu président de la République), Bader Wannous (décédé le 5 janvier 2017) et Robert Fadel (qui a démissionné le 30 mai 2016), un dossier qui semble enterré, il a lancé en revanche les préparatifs des législatives prévues le 6 mai 2018, en mettant en place la commission de contrôle des élections, trois jours avant l'expiration du délai prévu par la nouvelle loi électorale (17 septembre). Cette commission, présidée par le juge Nadim Abdel Malak, comprend également : Nouhad Jabre (ancien bâtonnier), le juge Aouni Ramadan, Georges Mourani, Mouaffak el-Yafi, Atallah Ghacham, Sylvana Lakkis, Carine Geagea, Arada Akmakji et notre confrère Philippe Abi Akl.

Interrogé à ce sujet à l'issue de la séance, le ministre de l'Information a précisé que les personnes choisies appartiennent à la société civile et à des syndicats. Il contredisait ainsi son collègue, Nouhad Machnouk, qui a affirmé que la commission rassemble des représentants de tous les partis politiques. Des propos rapidement contestés par le chef des Kataëb, Samy Gemayel, qui a remis en question, dans un tweet, l'indépendance et la neutralité de ce comité.

Il va sans dire que la formation de cette commission revêt une importance certaine, dans la mesure où elle constitue un pas en avant en direction des législatives. Concernant son rôle, l'ancien ministre de l'Intérieur Ziyad Baroud explique à L'OLJ qu'il s'agit, entre autres, de recevoir les demandes de candidature, contrôler les dépenses et la publicité électorale et contribuer à la préparation du scrutin.

 

(Lire aussi : Après « le deuil des partielles », les législatives de mai 2018 menacées de report ?)

 

S'exprimant au début de la réunion, Michel Aoun a abordé l'enquête en cours sur les circonstances de l'enlèvement, et de la mort des militaires enlevés par le groupe État islamique et les personnes qui doivent en être tenues responsables, soulignant que cette enquête « est nécessaire ». Il s'est dit étonné des tentatives de « politiser » l'enquête. « Celle-ci est dirigée par des militaires, ne cible personne et a pour objectif d'apporter des réponses aux familles des militaires tués », a-t-il insisté.

Sur un autre plan, M. Aoun a rappelé que deux plaintes contre Israël ont été déposées à l'ONU par le Liban, suite à un survol israélien du territoire national, après des bombardements aériens israéliens contre le Syrie effectués à partir de l'espace aérien libanais.

Saad Hariri a, pour sa part, évoqué sa visite à Moscou, soulignant que la Russie s'est montrée enthousiaste quant à une coopération avec le Liban en matière d'économie, de tourisme et d'investissements dans les énergies. Le chef du gouvernement s'est également dit « rassuré » quant à une future coopération militaire avec Moscou.

Notons enfin qu'une nouvelle séance gouvernementale se tiendra dimanche au Grand Sérail pour poursuivre l'examen de l'ordre du jour, en particulier la question des navires-centrales.

 

 

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Antoine Sabbagha

2017 et on cherche toujours et dans un cercle vicieux comment et d’ où fournir l’électricité et à quel prix . Triste pays .

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

DEBATTE DU SEXE DES ANGES SERAIT PLUS FACILE QUE DE DISCUTER DE DOSSIERS CHEZ NOS IRRESPONSABLES RESPONSABLES !

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