X

À La Une

Pyongyang promet de poursuivre ses programmes militaires malgré les sanctions "maléfiques"

Corée du nord

L'essai nucléaire du 3 septembre a dégagé une puissance de 250 kilotonnes, soit plus de 16 fois celle de la bombe atomique d'Hiroshima, affirment des experts américains.

 

OLJ/AFP
13/09/2017

La Corée du Nord a promis mercredi de donner un coup d'accélérateur à ses programmes militaires interdits en réponse aux sanctions "maléfiques" imposées par le Conseil de sécurité de l'ONU après son sixième essai nucléaire, le plus puissant à ce jour.

Le site spécialisé 38 North de l'Université Johns Hopkins de Washington a annoncé qu'il révisait à la hausse sa précédente estimation de la puissance de l'engin testé le 3 septembre, une bombe H suffisamment petite pour être montée sur un missile selon les dires de Pyongyang. D'après les experts de 38 North, l'énergie dégagée était d'"environ 250 kilotonnes", soit 16 fois la puissance de la bombe qui a rasé Hiroshima en 1945.

L'essai nucléaire, qui a provoqué un déluge de condamnations, succédait aux tirs par Pyongyang de deux missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) ayant semblé mettre à sa portée une bonne partie du continent américain.

Le Conseil de sécurité a infligé à l'unanimité lundi à la Corée du Nord une huitième volée de sanctions pour tenter de la convaincre de renoncer à ses programmes balistique et nucléaire interdits.
Le texte prévoit notamment un embargo sur les exportations de gaz vers la Corée du Nord, une limitation des exportations de pétrole et de produits raffinés ainsi que l'interdiction des exportations nord-coréennes de textile. Ce n'est, a prévenu le président américain Donald Trump, que le prélude à des mesures plus fortes.

Pour s'assurer du soutien de la Russie et de la Chine, Washington a dû revoir à la baisse ses prétentions et limiter les sanctions prévues. Le nouveau texte a été adopté à peine plus d'un mois après un précédent train de mesures visant à priver Pyongyang d'un tiers de ses recettes d'exportation, soit un milliard de dollars annuels.

Le ministère nord-coréen des Affaires étrangères a condamné les sanctions "dans les termes les plus forts", estimant qu'il s'agissait d'un "blocus économique à part entière" imposé à l'instigation de Washington et visant à "étouffer" le peuple et le gouvernement nord-coréens.
Il s'agit d'une résolution "illégale et maléfique pilotée par les Etats-Unis", a dit le ministère dans un communiqué publié par l'agence officielle KCNA.

 

 

(Repère : Entre les Etats-Unis et la Corée du Nord, 70 ans de tensions)

 

Réponse à minima?
"La RPDC (République populaire et démocratique de Corée, nom officiel du régime) redoublera d'efforts pour augmenter sa force afin de protéger la souveraineté du pays et son droit à l'existence".

A Séoul, le ministère de l'Unification a toutefois estimé qu'il s'agissait d'une réaction à minima du Nord, "sa réponse la plus modérée à une résolution du conseil de sécurité de l'ONU".

Après le dernier essai nucléaire nord-coréen, Séoul avait mené son premier exercice à munitions réelles utilisant des missiles Taurus à longue portée. Ces engins air/sol de fabrication allemande sont capables de frappes de précision sur des cibles nord-coréennes même lorsqu'ils sont tirés du centre de la Corée du Sud, d'après le ministère sud-coréen de la Défense.

Washington et ses alliés expliquent que le durcissement des sanctions contraindra Pyongyang à revenir à la table des négociations mais les spécialistes sont sceptiques.
Les dernières sanctions sont "juste un autre tout petit pas, pas quelque chose d'énorme", a déclaré M. Trump. "Ces sanctions ne sont rien par rapport à ce qui devra se passer in fine", a-t-il ajouté, sans autre précision.

Le Nord justifie ses programmes balistique et nucléaire par la nécessité de se protéger des forces américaines "hostiles". Depuis l'arrivée au pouvoir de Kim Jong-Un en décembre 2011, Pyongyang a fait des progrès remarquables sans que les précédentes sanctions de l'ONU n'entravent ses ambitions, relèvent les experts.

La Commission sud-coréenne pour la sécurité nucléaire a annoncé mercredi qu'elle avait collecté une petite quantité de xénon-133 -un isotope radioactif du gaz qui ne se produit pas naturellement-, "lié au dernier essai nucléaire". Mais, dans un communiqué, la Commission s'est dite incapable de "confirmer le type de test effectué par le Nord". Initialement, Washington souhaitait imposer à Pyongyang un embargo total sur ses importations de pétrole et geler les avoirs de son dirigeant. La nouvelle résolution prévoit de limiter les livraisons de brut à la Corée du Nord à ce qu'elles ont été ces 12 derniers mois.

Selon la délégation américaine aux Nations Unies, le Nord importe chaque année aux alentours de 8,5 millions de barils de brut et de produits pétroliers tandis que ses exportations textiles lui rapportent environ 760 millions de dollars par an.
Le texte interdit la délivrance de nouveaux permis de travail aux quelques 93.000 Nord-Coréens qui travaillent à l'étranger et constituent une importante source de revenus pour le régime.

 

Pour mémoire

Washington veut très vite de nouvelles sanctions onusiennes contre Pyongyang

Kim Jong-Un: le pouvoir absolu et la bombe H pour l'exercer

Kim et Trump, portraits croisés

Retour à la Une

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Ma Fi Metlo

Que cela plaise au clown et à ses affidés , ou pas , j'aurai été le leader Kim Jung Un , j'aurai fait exactement la même chose .

Que Nikey allée, ce cobra noir crache son venin ou quelle l'avale.... c'est kif-kif.....

Dernières infos

Les + de l'OLJ

1/1

Les signatures du jour

Décryptage de Scarlett HADDAD

La reconstruction de la Syrie et les clivages politiques internes

Le Journal en PDF

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

X
Déjà abonné ? Identifiez-vous
Vous lisez 1 de vos 10 articles gratuits par mois.

Pour la défense de toutes les libertés.