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Moyen Orient et Monde - Référendum

Le Parlement irakien catégoriquement hostile à l’indépendance du Kurdistan

Une victoire du « oui » n'entraînerait pas aussitôt une séparation, mais permettrait de nouvelles négociations en position de force avec le pouvoir à Bagdad, affirment des responsables kurdes.

Hier, le président de la région autonome du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, a assisté à une réunion de représentants des divers partis kurdes, des peshmergas et des tribus turkmènes, à Kirkouk. Marwan Ibrahim/AFP

Le Parlement irakien a exprimé, hier, son opposition catégorique au référendum sur l'indépendance du Kurdistan, à moins de deux semaines de la tenue de cette consultation à l'origine de remous dans la région. Les députés du gouvernement fédéral à Bagdad ont voté contre ce référendum et leur président, Salim el-Joubouri, a expliqué que le Parlement avait agi dans l'intérêt de « l'unité du territoire et du peuple irakiens ». À l'issue du vote, ajouté à l'ordre du jour à la demande de 80 députés, les parlementaires kurdes ont quitté les lieux en signe de protestation. De son côté, le Parlement du Kurdistan, qui n'a pas siégé depuis plus de deux ans, a annoncé qu'il se réunirait demain pour voter en faveur du référendum, annoncé en juin par le président de la région autonome, Massoud Barzani.
La consultation est prévue le 25 septembre dans cette région du nord de l'Irak qui bénéficie, depuis 1991, d'une autonomie qui s'est élargie au fil des ans. Toutefois, les responsables kurdes ont affirmé qu'une victoire du « oui » n'entraînerait pas aussitôt l'annonce de l'indépendance, mais leur permettrait de lancer, en position de force, de nouvelles négociations avec le pouvoir à Bagdad. Hier, M. Barzani a répété avoir organisé ce référendum parce que « toutes les autres tentatives avaient échoué » à garantir les droits des Kurdes, durement réprimés par le régime de Saddam Hussein, déchu en 2003 lors de l'invasion américaine de l'Irak.

Appétits séparatistes
Les autorités fédérales irakiennes n'ont cessé de répéter ces derniers mois que la consultation était contraire à la Constitution. « La politique visant à imposer des faits accomplis ne marchera pas », a indiqué le Premier ministre Haider el-Abadi. « Nous ne permettrons pas la partition de l'Irak », a-t-il ajouté. Selon M. Joubouri, le vote du Parlement « impose au Premier ministre de prendre toutes les mesures pour protéger l'unité de l'Irak et entamer un dialogue sérieux » avec Erbil. Mais aucune de ces mesures n'a été précisée.
Les 5,5 millions de Kurdes irakiens, eux-mêmes, sont divisés sur la question du référendum. Si tous adhèrent au rêve d'un État kurde, de nombreuses voix s'élèvent pour questionner l'opportunité du calendrier de M. Barzani. Certaines estiment qu'il pourrait être un obstacle à la lutte contre les jihadistes du groupe État islamique, menée depuis 2014 conjointement par les forces fédérales et les combattants kurdes (peshmergas). La prochaine échéance annoncée par le pouvoir central est la reprise de Hawija, l'un des deux derniers bastions de l'EI en Irak, qui se trouve dans la province de Kirkouk.
L'organisation d'un tel référendum a suscité une levée de boucliers à Washington, dans des capitales européennes et, surtout, en Turquie et en Iran. Ankara et Téhéran craignent qu'un tel processus n'attise les appétits séparatistes de leurs propres minorités kurdes. Plusieurs pays ont plaidé pour l'annulation du référendum, proposant plutôt de jouer les médiateurs entre Erbil, la capitale du Kurdistan, et Bagdad pour régler les différends sans toucher à l'intégrité territoriale de l'Irak.

Garanties et alternatives
Des responsables turcs ont fait cette proposition de façon officielle, tandis que l'Iran l'a formulée de façon informelle en envoyant des diplomates rencontrer notamment M. Barzani, a indiqué un responsable politique kurde sous le couvert de l'anonymat. Mais M. Barzani a déjà prévenu : il veut des « garanties » et des « alternatives » pour repousser ou annuler le référendum.
« Il n'existe aucun obstacle » légal ou constitutionnel qui pourrait forcer Erbil à renoncer à son projet, affirme le politologue Abdelhakim Khasro. Mais les pays voisins « ont intérêt à bloquer » le processus, dit-il. De même que Bagdad, qui cherche à « affaiblir le Kurdistan », avec lequel il mène depuis des années un bras de fer, notamment sur des questions de répartition des richesses, en particulier pétrolières.
Ce rendez-vous électoral s'annonce également sensible car la province de Kirkouk, zone pétrolière disputée au nord de Bagdad et rattachée au gouvernement fédéral, a décidé d'y participer contre l'avis du pouvoir central. Il a en outre aiguisé les tensions dans cette région où coexistent diverses communautés, notamment arabes et turkmènes, et où de nombreux peshmergas sont déployés, de même que des unités paramilitaires chiites et sunnites.

Source : AFP

Le Parlement irakien a exprimé, hier, son opposition catégorique au référendum sur l'indépendance du Kurdistan, à moins de deux semaines de la tenue de cette consultation à l'origine de remous dans la région. Les députés du gouvernement fédéral à Bagdad ont voté contre ce référendum et leur président, Salim el-Joubouri, a expliqué que le Parlement avait agi dans l'intérêt de « l'unité du territoire et du peuple irakiens ». À l'issue du vote, ajouté à l'ordre du jour à la demande de 80 députés, les parlementaires kurdes ont quitté les lieux en signe de protestation. De son côté, le Parlement du Kurdistan, qui n'a pas siégé depuis plus de deux ans, a annoncé qu'il se réunirait demain pour voter en faveur du référendum, annoncé en juin par le président de la région autonome, Massoud Barzani.La...
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