Donald Trump a engagé les négociations pour le renouvellement de l'Accord de libre-échange nord-américain (Aléna) en PDG d'entreprise et non en président d'un pays. Un traité gagnant-gagnant ne l'intéresse pas. Il tient mordicus à ce que les États-Unis aient le dessus sur ses deux voisins.
Dans ces conditions, le Canada et le Mexique n'auront d'autres choix que de se serrer les coudes. Il leur faut rejeter tout traité inéquitable, s'éterniser à la table des négociations et attendre que le plus mauvais président que les États-Unis aient jamais connu parte, se fasse démettre de ses fonctions ou battre à la présidentielle de 2020. S'il faut pour cela revenir à la situation pré-Aléna, qu'on y revienne ! Le cas échéant, je parie que les futurs mécontents aux États-Unis seront aussi nombreux que les mécontents actuels, et les négociations post-Trump n'en seront que plus harmonieuses.
Si les présidents états-uniens précédents n'ont pas exigé une réouverture de l'Aléna depuis qu'il existe, c'est qu'ils estimaient que cet accord n'était pas si mal en définitive pour leur pays. Certes, durant leurs campagnes électorales respectives, pour gagner des suffrages auprès d'un électorat durement affecté par la mondialisation, il était préférable de se montrer critique envers l'Aléna, mais une fois au pouvoir, on n'en entendait plus parler. Il fallait l'ignare Trump pour croire en ce qu'il disait et créer des dissensions entre les trois « amigos ».
Sylvio LE BLANC
Montréal (Québec)


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