En 2016, alors que la crise des déchets du Liban faisait la une des médias locaux et internationaux, j'ai voulu à tout prix mettre en lumière des initiatives positives dans notre pays, dont l'idée est de faire de l'art à travers les déchets. C'est alors que j'ai contacté curator19.90 pour un partenariat avec Urban Dawn II, une exposition internationale de street art, durant laquelle nous avons invité des artistes internationaux et locaux pour s'exposer et créer des œuvres artistiques.
Cette initiative a, ensuite, engendré la transformation de plusieurs murs à Beyrouth en œuvres d'art à travers du graffiti réalisé par des artistes de renommée internationale. C'est à ce moment que j'ai eu l'idée de me concentrer sur la réhabilitation « artistique » de Ouzaï, dans la banlieue sud de Beyrouth. J'ai rapidement réussi à commencer le travail avec l'aide des habitants et, en l'espace de quelques semaines, nous avons baptisé les quartiers transformés « Ouzville ».
Résultat : la première impression des voyageurs qui arrivent à l'Aéroport international de Beyrouth a complètement changé. Ces derniers sont désormais accueillis par un arc-en-ciel coloré d'immeubles surplombant le littoral. Certes, il ne s'agit pas d'une solution définitive aux problèmes que posaient les habitations dans cette région, mais c'est une action positive, un début.
Non, je n'ai pas du tout lancé cette initiative pour des intérêts politiques ou financiers. Non, je ne cherche pas du tout à présenter ma candidature aux prochaines élections législatives ou municipales. Non, je n'appartiens à aucun parti politique et je ne l'ai jamais fait. Non je ne suis pas un espion israélien ni un espion iranien. Je suis simplement un citoyen libanais qui ne fait que travailler pour son pays.
En l'espace de quelques mois, « Ouzville » a rassemblé des centaines d'artistes venant des quatre coins du monde. L'initiative a attiré l'attention de dizaines de médias internationaux et locaux ; entre-temps, des jeunes volontaires venant du Liban-Nord, du Liban-Sud et même de la vallée de la Békaa sont venus participer aux travaux et au nettoyage des rues et des quartiers de Ouzaï, qui étaient complètement délaissés par le gouvernement, les partis politiques et les habitants eux-mêmes.
Pour moi, l'objectif de « Ouzville » était justement de donner le bon exemple ; de montrer aux Libanais que lorsqu'on travaille main dans la main, nous sommes capables de changer même les régions les plus pauvres de notre pays. Aujourd'hui, les habitants de cette région ont vécu le changement et vont, j'espère, poursuivre les efforts pour préserver le nouveau visage de Ouzaï.
Aujourd'hui, j'ai décidé de freiner les travaux à « Ouzville » et de lancer une campagne de crowdfunding (financement participatif) pour encourager le citoyen du Liban à s'impliquer lui-même dans le changement de son pays. Si vous voulez vraiment faire une différence, vous n'avez qu'à nous rejoindre, car Ouzaï n'est que la première étape de notre initiative qui englobera plusieurs régions à travers tout le Liban !


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