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Moyen Orient et Monde

Riyad et Téhéran mettent en pause leur partie d’échecs

Éclairage

Les deux puissances du Golfe semblent actuellement entrées dans une nouvelle phase, marquée par une volonté commune de contenir la crise.

29/08/2017

Toutes les guerres froides connaissent des périodes de crise et de détente. Celle opposant l'Iran à l'Arabie saoudite, les deux puissances qui se disputent l'hégémonie régionale, ne fait pas exception à la règle. Après avoir traversé des moments de grandes tensions, avec, en point d'orgue, la rupture de leurs relations diplomatiques au mois de janvier 2016, les deux puissances du Golfe semblent actuellement entrer dans une nouvelle phase, marquée par une volonté commune de contenir la crise. Si on ne peut pas encore parler d'une véritable période de détente, force est de constater que l'animosité entre les deux rivaux a baissé d'un cran au cours de ces derniers mois.

Plusieurs éléments confirment cette tendance : les pèlerins iraniens font, cette semaine, leur retour à La Mecque; Riyad et Téhéran ont récemment accepté des visites respectives de leurs diplomates pour inspecter leurs missions diplomatiques ; tandis que le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, multiplie les discours appelant à trouver un terrain d'entente avec l'Arabie saoudite.
Après avoir indirectement remporté les deux batailles les plus stratégiques et les plus médiatisées de ces dernières années, celle d'Alep et de Mossoul, les Iraniens considèrent qu'ils ont gagné la partie. Grâce à la présence de plusieurs dizaines de milliers de miliciens chiites acquis à sa cause, se baladant entre la Syrie et l'Irak, l'Iran a fortement renforcé son influence dans ces deux pays. Sauf que la large réélection de Hassan Rohani à la présidence et le maintien à son poste de Mohammad Javad Zarif accentue les chances d'un réchauffement des relations avec l'Arabie saoudite, malgré les réticences des gardiens de la révolution, qui ont la mainmise sur la politique régionale de l'État iranien.

 

(Lire aussi : Spéculations sur un changement dans les relations entre Téhéran et Riyad)

 

Priorité aux défis internes
Côté saoudien, la donne est différente. Riyad a fait son propre bilan de la situation et a procédé à un réajustement de sa politique régionale. Le royaume s'est désengagé du conflit syrien, où il s'accommode désormais du maintien au pouvoir de Bachar el-Assad, du moins à titre temporaire. Il a dans le même temps tenté de renforcer son influence en Irak en renouant des liens avec Bagdad et avec Moqtada el-Sadr, un leader chiite opposé à la mainmise de l'Iran sur son pays et reçu le 31 juillet dernier à Riyad. L'Arabie semble ainsi considérer qu'il est désormais plus faisable de contrer l'influence iranienne en Irak qu'en Syrie, malgré l'emprise iranienne sur les territoires majoritairement sunnites repris des mains de l'État islamique.
Au Yémen, les Saoudiens auraient pris conscience de la nécessité de sortir d'une guerre qui ressemble de plus en plus à un bourbier. Selon Global Leaks, un groupe de lanceurs d'alertes qui s'est procuré une bonne partie des courriers électroniques de l'ambassadeur des Émirats arabes unis à Washington, Mohammad ben Salmane, le prince héritier saoudien, aurait déclaré à deux responsables américains vouloir sortir de la guerre yéménite, alors qu'il avait pris lui-même l'initiative de l'intervention de la coalition arabe, menée par Riyad. Les Saoudiens chercheraient actuellement à trouver un terrain d'entente avec l'ex-président, qui était aussi leur ex-protégé, Ali Abdallah Saleh, pour contrer l'influence des houthis, soutenus par l'Iran, dans ce qu'ils considèrent être leur arrière-garde.

Avec la nomination en tant que prince héritier du fils du roi, qui est déjà considéré comme l'homme fort du royaume, l'Arabie saoudite souhaite se concentrer prioritairement sur ses défis internes, symbolisés par la Vision 2030 développée par Mohammad ben Salmane et sur la mise au pas du Qatar, que le royaume et ses alliés ont mis en quarantaine au mois de juin dernier.

Mais la rivalité qui l'oppose à Téhéran est encore bien vivace, et les motifs de friction entre les deux puissances ne manquent pas. D'autant que le jeune prince, foncièrement anti-iranien, n'a pas caché son goût pour les aventures belliqueuses, à rebours de la tradition saoudienne plutôt non interventionniste.
De là à ce que la détente ressemble finalement à un simple entracte, il n'y a qu'un pas...

 

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Offensive de charme irano-saoudienne en direction du Liban

Mohammad ben Salmane aurait exprimé sa volonté de sortir du conflit yéménite

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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

QUE DE DIVAGATIONS !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LES DEUX FACES DE LA MEME MONNAIE !

RE-MARK-ABLE

Allons nous nous rendre à l'évidence, un jour , où allons nous nous gargariser de fausses nouvelles , biaisées et toutes orientées vers l'illusion qu'être allié d'une puissance en berne (les usa) pouvait donner l'illusion de quelque chose de "granted" .

ON NE FERA PAS L'HISTORIQUE DE CE QUI S'EST PASSÉ DEPUIS 2011 EN SYRIE AGRESSÉE DU HÉROS BASHAR , JE SAIS QUE ÇA ÉNERVE ET QUE ÇA LASSE , MAIS LES MEMES CAUSES PRODUISENT EN GÉNÉRAL LES MÊMES EFFETS .

Nous avons à présent un VAINQUEUR ET UN VAINCU .LES VAINQUEURS SONT CEUX QUI IMPOSENT LEUR POLITIQUE RÉGIONALE ET MONDIALE , ÇA AURAIT PU ÊTRE AUTREMENT , MAIS LES CHOSES SE SONT DEROULEES COMME ÇA, à savoir une victoire de l'axe de la résistance formé par LA RUSSIE L'IRAN NPR LA SYRIE DU HÉROS, ET ENFIN DU HEZB LIBANAIS , PAR CONSÉQUENT CHERS COMPATRIOTES LIBANAIS , FEMMES COMME HOMMES OU DE TOUS GENRES SANS EXCEPTION , FAISONS AVEC , CONSTRUISONS AVEC CEUX QUI NOUS Gouvernent en ce moment , on a une chance inouïe de continuer à avoir la liberté d'expression, la démocratie etc.....

ET de l'intérieur eloignons nous des collabos au service du voisin du sud malintentionné ET QUI DEVRA PAYER CHER LEURS CRIMES A REPETITION VIS A VIS DE NOS FEMMES , NOS ENFANTS , VIEILLARDS ETC..... AVEC LA COMPLICITÉ DU VAINCU BENSAOUD.

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