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Culture

Secrets, amours et convenances dans l’Angleterre du XIXe siècle...

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Envie d'un dernier bon gros roman avant la fin des vacances ? « La vérité à propos d'Alice »* (Belfond) de Katherine Webb, nouvelle star des lettres anglaises, est l'opus idéal. Aussi captivant que dépaysant.

23/08/2017

Bath, 1803 : une petite vagabonde mourant de froid et de faim trouve refuge dans une ferme où vit une jeune fille nommée Alice qui se prend d'affection pour elle. Elle lui donne le nom de Starling et en fait sa petite sœur.
1821 : Rachel, orpheline de bonne famille mais ruinée, épouse Richard Weeks, négociant en vin, ambitieux et à la belle allure. Elle espère ainsi échapper à sa condition de gouvernante désargentée.
1805 : Alice est fiancée en secret à Jonathan Alleyn, un jeune noble fortuné parti à la guerre. Fous amoureux l'un de l'autre, ces deux-là sont prêts à braver tous les interdits de caste et de société pour être ensemble...
1821 : la guerre est finie. Mais Alice a disparu, et Starling est devenue servante chez les Alleyn. De son côté, le mariage de Rachel se révèle très rapidement décevant : sous son vernis aimable, son époux est, en réalité, buveur, coureur et colérique. C'est poussée par lui qu'elle accepte la proposition de Mrs Alleyn de faire la lecture à son fils Jonathan, revenu blessé et perturbé de la guerre d'Espagne. Mais aussi, murmure-t-on, rendu fou de douleur par la trahison de sa fiancée partie avec un autre homme. À sa réaction lors de leur première rencontre, Rachel comprend qu'elle ressemble étrangement à cette fameuse Alice. Poussée par la curiosité, elle va alors chercher à en savoir plus sur ce qui s'est réellement passé. Décidée à percer le secret de cette très énigmatique famille Alleyn, Rachel s'attelle à découvrir la vérité à propos d'Alice. Et si cette dernière avait été tuée ?

 

Narration cinématographique
Considérée comme « la nouvelle star des lettres anglaises » (dixit son éditeur français), Katherine Webb déploie, dans ce roman, sa maestria à tisser des récits d'atmosphères dans la lignée des grandes romancières britanniques du XIXe siècle. Sauf qu'elle les relève d'une narration moderne, où rebondissements et révélations se succèdent suffisamment rapidement pour garder toujours en alerte l'attention du lecteur. Lequel, dès les premières lignes, est harponné par cette intrigue pleine de suspense, de mystères et autres secrets de famille se déroulant dans l'Angleterre victorienne.
Entremêlant plusieurs destins de femmes dans une même histoire, l'auteure place ses héros et héroïnes dans des scènes – à l'évidence issues d'une longue documentation – à la description d'une précision quasi cinématographique.

 

Perte des illusions
Mais au-delà de tout ce savoir-faire, ce qui donne à ce drame historique son attrait et sa densité, c'est qu'il dépeint avec justesse et sensibilité ce sentiment de perte partagé par tous les protagonistes : perte d'une sœur, d'une famille, d'un amour, ou encore et surtout la perte des illusions... Tout en rappelant la difficile condition de la femme occidentale aux siècles derniers. Cette femme qui n'était jamais vraiment libre, quel que soit son statut social ou personnel, qu'elle soit noble, bourgeoise, épouse, célibataire ou domestique...
Bref, avec ses personnages attachants, qui vous trottent dans un coin de la tête en vous donnant l'impatiente envie de les retrouver, La vérité à propos d'Alice se révèle un véritable page turner. Un pavé de quelque 500 pages (à la traduction française véritablement de qualité) qui vous tient en haleine et vous entraîne loin, très loin, de la canicule estivale de ces derniers jours de vacances.
À lire, avant la déferlante des nouveaux titres de la rentrée.

 

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À propos de l'auteure
Née en 1977, Katherine Webb a étudié l'histoire à l'université de Durham. Après avoir vécu à Londres et à Venise et occupé des emplois aussi divers que ceux de serveuse, jeune fille au pair, aide bibliothécaire, relieuse ou femme de chambre – qui ont largement nourri son inspiration! –, elle vit aujourd'hui dans la campagne du Berkshire.
L'Héritage (Belfond, 2011), son premier roman, traduit en 20 langues, a été un best-seller en Angleterre et finaliste du prestigieux Galaxy Award. Elle a, à son actif, trois autres ouvrages, également traduits en plusieurs langues et parus en France toujours chez le même éditeur, Belfond : Pressentiments (2013), À la claire rivière (2014) et, enfin, La vérité à propos d'Alice (2015).

 

*Katherine Webb, « La vérité à propos d'Alice », traduit de l'anglais par Florence Bertrand (Belfond, 496 pages)

 

Pour mémoire

« À la claire rivière » de Katherine Webb

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