Après l'attaque de la camionnette, les Ramblas ont immédiatement été fermés par un cordon de sécurité. Josep Lago/AFP
Un attentat a fait 13 tués et plus de 100 blessés, hier en fin d'après-midi, lorsqu'une camionnette a foncé dans la foule dans le centre touristique de Barcelone, en Espagne. L'attaque a visé les Ramblas, l'artère la plus prisée des touristes.
« Nous pouvons confirmer en ce moment qu'il y a 13 morts et plus de 100 blessés », a déclaré le responsable de l'Intérieur du gouvernement régional catalan, Joaquim Forn. Les services des urgences faisaient état de 80 blessés, dont 15 graves, mais « nous savons que d'autres blessés se sont rendus directement dans les hôpitaux, et ce chiffre d'une centaine pourrait augmenter », a déclaré M. Forn. Le bilan des morts pourrait également s'alourdir, a-t-il ajouté. Une femme de nationalité belge figure parmi les victimes. « J'ai vu quatre ou cinq personnes à terre et des gens essayaient de les réanimer. Il y avait beaucoup de sang », a raconté Lily Sution, une touriste néerlandaise.
En soirée, le groupe jihadiste État islamique (EI) a revendiqué l'attaque dans un communiqué, diffusé par son agence de propagande Amaq et relayé par SITE, le centre américain de surveillance des sites jihadistes. « L'opération a été menée en réponse aux appels à cibler les États de la coalition (internationale antijihadistes) » opérant en Syrie et en Irak, indique le communiqué. L'Espagne, troisième destination touristique au monde, avait été jusqu'ici épargnée par les attentats des jihadistes de l'EI ayant touché d'autres capitales européennes, telles Londres, Paris, Bruxelles et Berlin.
Deux arrestations
La police régionale de Catalogne, dont Barcelone est la capitale, a annoncé quelques heures après l'attentat l'arrestation d'un homme lié à « l'attaque terroriste », ajoutant qu'il n'y avait « aucune personne retranchée dans un bar », contrairement à ce qu'avaient avancé plus tôt des sources policières. Le suspect a été identifié comme Driss Oukabir, a indiqué un porte-parole du syndicat unifié de policiers. Un homme portant ce nom avait posté sur sa page Facebook, avant qu'elle ne devienne inaccessible, des photos le montrant sur la plage, d'autres devant un miroir, et une image du drapeau berbère, peuple présent notamment au Maroc et en Algérie. Le président de Catalogne, Carles Puigdemont, a ensuite annoncé une seconde arrestation.
Un témoin, interrogé par la télévision espagnole TVE, a dit avoir vu un suspect au moment de l'attentat. « Il a une vingtaine d'années, il est très jeune, les cheveux foncés et un visage fin », a-t-il dit. « J'ai vu un homme courir vers le bas de la Rambla, poursuivi par la police, et il a laissé tomber un objet en métal noir, ça avait l'air d'un pistolet ou d'un taser », a expliqué un autre témoin.
La zone de l'attentat a immédiatement été fermée par un cordon de sécurité. Des blessés ont été emmenés sur des civières vers un grand magasin de la chaîne Corte Ingles, apparemment pour recevoir les premiers soins. Les stations de métro et de chemin de fer ont été fermées, ont annoncé sur Twitter les services des urgences de la ville.
En outre, la police catalane a annoncé qu'une explosion s'est produite dans une maison en Catalogne dans un incident lié à l'attentat de Barcelone, et qu'une personne aurait été tuée. Plus tard en soirée, deux policiers ont été renversés par un véhicule lors d'un contrôle à la sortie de Barcelone, a indiqué la police régionale de Catalogne, sans que l'on sache si l'incident était lié à l'attentat qui a frappé la ville. « Leur vie n'est pas en danger », a déclaré une porte-parole de la police, ajoutant que des agents avaient tiré en direction du véhicule pour tenter de l'arrêter. Le véhicule a ensuite été localisé dans une commune voisine de Barcelone et un dispositif de déminage a été activé, a-t-elle précisé.
Toute l'Espagne est à Barcelone
Les réactions d'indignation à l'attentat ont très vite afflué. Le palais royal espagnol a assuré « qu'ils ne nous terroriseront pas. Toute l'Espagne est à Barcelone. Les Ramblas appartiendront de nouveau à tout le monde », tandis que le chef du gouvernement, Mariano Rajoy, assurait que « les terroristes ne vaincront jamais un peuple uni qui aime la liberté face à la barbarie ».
Le président américain Donald Trump a assuré, sur Twitter, que son pays ferait « tout ce qui est nécessaire pour aider ». Son homologue français, Emmanuel Macron, et la Première ministre britannique, Theresa May, ont exprimé la « solidarité » de leurs pays respectifs, tandis que le porte-parole de la chancelière allemande, Angela Merkel, a qualifié l'attaque de « révoltante ». « Mes plus profondes condoléances aux familles et aux proches des victimes, à Mariano Rajoy et aux citoyens d'Espagne », a écrit sur Twitter Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne. Le président russe Vladimir Poutine a, quant à lui, appelé à un combat global contre « les forces du terrorisme ». Enfin, le pape François a fait part de sa « grande préoccupation ».
C'est à Madrid qu'avaient eu lieu les attentats islamistes les plus meurtriers jamais commis en Europe : le 11 mars 2004, des bombes avaient explosé dans des trains, faisant 191 morts.
Sources : agences


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