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Culture

Dans l’oreille de Bacchus, des tubes de Toto comme s’il en pleuvait...

Festival de Baalbeck

Le groupe américain, de retour en 2015 avec un 14e album studio, passe à Baalbeck ce mardi 15 août dans le cadre de sa tournée promotionnelle. Il fallait au moins ce monument libanais dédié au soleil pour célébrer Toto et plus de 40 ans de musique composée sous le soleil californien.

12/08/2017

XIV est le titre de l'album de Toto sorti il y a 2 ans, qui fait référence et déférence à leur album IV, leur plus gros succès à ce jour, celui dans lequel se trouvent leurs tubes Rosanna et Africa. Quand il sort en 1982, il fait office de disque de la renaissance pour un groupe qui avait connu le haut des charts avec son premier album et le hit Hold the line, mais qui n'avait pas su en profiter sur les 2 albums suivants.

28 nominations aux Grammy Awards et des millions d'albums vendus plus tard, Toto fait désormais partie des valeurs sûres du rock FM californien. Créé en 1976 par des amis musiciens de studio frustrés de ne pouvoir s'exprimer en dehors de leur travail, la composition du groupe va beaucoup évoluer, au gré des engueulades, des crises d'ego, ou des décès, mais l'activité du groupe sera continue jusqu'en 2008.

Chacun de son côté ou ensemble, ils participaient à de nombreux disques totalement différents comme ceux de Steely Dan ou encore le légendaire Thriller de Michael Jackson. Quel paradoxe pour ces musiciens qui reçoivent 8 récompenses en 1983 pour leur album, mais continuent à jouer pour d'autres par plaisir, et un peu d'argent quand même.

 

(Lire aussi : Un rossignol marocain chez Bacchus)

 

En 2008 donc, le seul membre permanent, le guitariste Steve Lukather, présent à Baalbeck, ressent une grande lassitude après 31 ans de carrière, près de trente millions de disques vendus et des centaines de concerts donnés. Il souffre de ne plus être avec d'autres membres fondateurs comme les frères Porcaro et David Paich, compositeur originel du premier album, et ne se retrouve plus dans une activité moins familiale et plus industrielle. Or c'est justement pour vivre en famille que le groupe avait été créé, pour sortir du train-train des studios et des crises de créativité des autres artistes. Bon sang ne mentant jamais,

Toto se reforme en 2010 pour une tournée mondiale dont le seul but est de venir en aide à Mike Porcaro, qui souffre de la maladie de Charcot. À cette occasion, Lukather et Paich rappellent Steve Porcaro et Joseph Williams, membres historiques pour donner du sens et de la substance à leurs concerts. Mike Porcaro est malheureusement décédé, mais les tournées du groupe sont désormais à but humanitaire, avec les bénéfices qui sont reversés à l'association de lutte contre l'ALS (sclérose latérale amyotrophique), pour poursuivre le combat de leur ami.

 

(Lire aussi : Ibé devant Bacchus, bien dans ses baskets et la main dans la poche)

 

Pourquoi Toto ?
C'est donc dans une formation all star, mais avec des musiciens additionnels, que Toto est annoncé à Baalbeck. Ils y interpréteront évidemment leurs mégahits Africa, Hold the line ou Rosanna, ces chansons que tout le monde connaît. Mais il reste toujours ce mystère entourant l'origine du nom. Ça n'a bien sûr rien à voir avec le héros des blagues éponymes ou le restaurant italien de Beyrouth. La première explication voudrait que le nom soit un hommage au chien du Magicien d'Oz, Toto, dont le nom était simple, prononçable dans toutes les langues, et universel, car voulant dire quelque chose dans chaque culture. La deuxième explication, plus grammaticale et complexe, voudrait que Toto soit une simplification de Toteaux, le surnom du premier batteur, Roger Kimball. Aimant la prononciation, mais trouvant l'orthographe trop compliquée pour des non-francophones, ils l'auraient changé en Toto. Une troisième version proposerait que le nom a été tiré au scrabble par Jeff Porcaro, et choisi dans l'urgence de la pression de la maison de disque.

Comme tous les rockers de plus de 60 ans, tous les membres portent des lunettes de soleil pour faire rock'n'roll, mais ne nous y trompons pas, ce sont bien des légendes du rock qui vont fouler les pierres de Baalbeck, et leurs tubes planétaires, mis en valeur par leur parfaite technicité, permettront à tous les spectateurs de revivre des décennies de musique en compagnie d'acteurs majeurs.

 

 

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