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Liban

Geagea fustige les tentatives locales de « remettre sur pied le régime Assad »

Réactions

Le gouvernement syrien « n'existe pas » pour que l'on coordonne avec lui, souligne le leader FL.

OLJ
10/08/2017

Le président des Forces libanaises, Samir Geagea, a critiqué, en réaction à la polémique survenue en Conseil des ministres hier, « les tentatives de certaines parties de coordonner avec le régime Assad pour le remettre sur pied, comme la proposition de certains ministres de visiter la Syrie à des fins économiques ».
« Ce cabinet a été formé sur des bases claires. Nous savons, en tant que Libanais, que nous avons de grosses divergences de points de vue, que ce soit sur le plan stratégique, ou celui de la politique étrangère, de la participation aux combats en Syrie, de l'unification du fusil sous l'égide de l'armée libanaise, entre autres », a indiqué hier M. Geagea dans une conférence de presse à Meerab, après la levée de la séance du Conseil des ministres. « Cependant, nous nous sommes mis d'accord sur le fait que ces conflits ne seraient pas résolus à l'heure qu'il est, a poursuivi le leader FL. Nous avons donc convenu de gérer les affaires des Libanais jusqu'à parvenir à un règlement de ces problématiques. Mais, franchement, depuis la formation du cabinet, certains ont commencé à briser ces principes. »
« Par exemple, deux mois après la formation du gouvernement et deux semaines après le retour du président de la République Michel Aoun de sa tournée à succès dans le Golfe, nous avons été surpris par des déclarations du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, attaquant violemment les pays du Golfe. Puis nous avons entendu d'autres déclarations appelant à l'entrée de centaines de milliers de combattants étrangers au Liban sous prétexte d'une éventuelle attaque israélienne », a-t-il ajouté, en allusion à d'autres propos tenus par le leader du Hezbollah le mois dernier. « Certains semblent oublier l'existence d'autres parties au Liban, ainsi que l'existence d'un gouvernement légal et responsable qui détermine quelles sont les mesures à prendre – sans compter les nombreuses violations au principe de l'État », a noté Samir Geagea.

« Avec quel gouvernement syrien coordonner ? »
« Nous avons jusqu'à présent pris notre mal en patience, soulevant le problème en Conseil des ministres, pour ne pas laisser le pays aller à vau-l'eau », a indiqué M. Geagea, avant de sonner la charge contre « les tentatives d'utiliser le Liban et son gouvernement pour remettre sur pied le régime Assad ».
« Depuis la formation du cabinet, certains ont commencé, pour des considérations régionales bien connues, d'exploiter le Conseil des ministres pour accorder un certain genre de légitimité au régime Assad », a relevé le chef des FL. « Certaines parties ont tenté de convaincre les Libanais de l'impossibilité du retour des déplacés autrement qu'à travers la coordination avec le gouvernement syrien », a-t-il rappelé, précisant que la Turquie et la Jordanie avaient pris de leur propre initiative des décisions similaires, permettant ainsi le retour de près de 100 000 déplacés dans des zones de désescalade en Syrie en coordination avec les organismes de l'ONU compétents. « Nous devrions en faire de même », a affirmé M. Geagea, avant d'ajouter : « Ces déplacés n'auraient jamais quitté leur pays n'était le régime Assad. »
« Avec quel gouvernement syrien souhaitent-ils coordonner ? La Syrie est divisée en zones d'influence, dont l'une d'elles est gouvernée par Assad », a souligné le président des FL. « Le gouvernement libanais doit prendre la décision du retour des déplacés en coordination avec les organisations internationales et les gouvernements turc et jordanien, qui sont l'entrée en matière principale pour le retour des déplacés dans des zones de désescalade en Syrie », a-t-il ajouté. « Comment certains à l'intérieur du gouvernement proposent-ils une coordination entre l'armée libanaise et le gouvernement syrien, alors que l'armée se prépare à mener une bataille foudroyante contre le groupe État islamique à Qaa et Ras Baalbeck et à l'intérieur de nos frontières ? Il suffit de se moquer des gens, dans la mesure où il est impossible de remettre sur pied le régime Assad aux dépens du Liban », a encore noté Samir Geagea.

« Une mauvaise plaisanterie »
« Nous avons été surpris par le fait que certains ministres souhaitent visiter la Syrie en leur qualité d'officiels pour conclure des accords économiques et participer à des Salons de reconstruction, comme s'il y avait une économie en Syrie », a affirmé le président des FL.
Et de poursuivre : « N'est-ce pas là une mauvaise plaisanterie et une duperie vis-à-vis de l'opinion publique libanaise, à qui l'on fait croire que toutes les merveilles du monde vont bientôt provenir de Syrie au Liban ? D'autant que la Syrie se trouve toujours en pleine guerre, laquelle peut encore prendre plus d'ampleur à l'ombre du conflit des frontières entre la Syrie et l'Irak dont l'issue est incertaine ? Et si la reconstruction est inéluctable, elle doit au moins survenir à l'ombre d'une solution politique de la crise. »
« Ce qui s'est produit aujourd'hui en Conseil des ministres vise à octroyer une bonne dose de soutien politique et diplomatique au régime Assad aux dépens du Liban, alors que la Ligue arabe et un groupe de pays amis refusent de reconnaître ce régime, a estimé Samir Geagea. La raison est-elle de contribuer à l'effort régional que le Hezbollah accomplit dans l'intérêt d'un projet plus vaste que le Liban, voire même que la Syrie? Est-il possible de porter atteinte à son peuple au profit d'un autre projet ailleurs, qui n'a rien à voir avec nous? Non. »
« La manière avec laquelle les problématiques ont été posées en Conseil des ministres aujourd'hui est inacceptable. Nous n'accepterons d'aucune manière le moindre rapport officiel entre les deux gouvernements libanais et syrien, pour une raison simple, c'est que ce dernier n'existe pas », a lancé le leader FL. « Ces tentatives ne sont pas à leur place, portent atteinte au peuple libanais et nous marginalisent par rapport au reste des pays arabes et de la communauté internationale. Elles n'avanceront en rien le Liban et ne lui apporteront que davantage d'instabilité et d'inconnu », a-t-il estimé. « Si un ministre désire se rendre en Syrie, qu'il le fasse à titre personnel. Beaucoup effectuent des visites privées qui n'ont aucun effet officiel sur le Liban », a-t-il ajouté, en souhaitant que « le Conseil des ministres prenne un décision claire et franche à ce sujet ».
« Ce genre de comportements menace l'existence du gouvernement », a conclu Samir Geagea, en appelant « toutes les parties à mettre fin à ces tentatives et à en revenir aux bases sur lesquelles ce gouvernement a été formé ».

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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

CE NE SONT POINT DES TENTATIVES LOCALES MAIS BEL ET BIEN PERSIQUES...

Talaat Dominique

il y a un gouvernement légal et un président en Syrie,
donc pour tout ce qui touche la Syrie, ils sont là
si cela ne plait pas à certains, c'est leur problème.

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