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Moyen Orient et Monde

Trump isolé entre deux grandes crises

Éclairage

Le président US pris entre la Corée du Nord et l'Iran.

10/08/2017

Washington tourne au ralenti, le Congrès américain est en vacances. Les sénateurs et les congressmen sont dans leurs fiefs respectifs. Il faut dire que les républicains sont en train d'essayer de consolider leur réélection en novembre de l'an prochain, et que leurs homologues démocrates tentent de trouver une solution après avoir perdu leur boussole politique. Durant ce mois d'août, la capitale fédérale accueille beaucoup de touristes de l'intérieur, mais peu d'étrangers, refroidis par l'hostilité du président Donald Trump vis-à-vis du reste du monde. Le chef de l'État est lui aussi en vacances pour 17 jours dans son golf club à Bedminster, dans le New Jersey. Quoique ses vacances soient constitutionnelles, il s'évertue à déclarer qu'il est en « vacances de travail », surtout depuis l'éclatement au grand jour de la crise avec Pyongyang.

De fait, le président Trump est isolé, à l'intérieur comme à l'extérieur. Chez lui, il a perdu plusieurs batailles contre son propre parti (comme l'Obamacare) et sa chute de popularité est estimée à moins de 40 %, ce que n'a connu aucun de ses prédécesseurs à la même période de mandat. À l'étranger, son administration est en perte de vitesse. La Corée du Nord en profite pour multiplier ses menaces nucléaires. Et l'Iran prend de l'ampleur en Afghanistan, où la présence militaire US ne s'élève qu'à 8 400 soldats, uniquement présents pour entraîner et guider les troupes locales – ce qui a poussé l'administration Trump à étudier une proposition, sans précédent, de privatisation de la guerre en Afghanistan. C'est-à-dire, d'après Erik Prince, un ancien officier de la marine et fondateur de Blackwater USA (anciennement en charge de la sécurité en Irak), l'envoi de 5 500 anciens combattants américains et 90 avions de combat, dans le but d'achever 16 années de guerre contre les talibans.

 

(Lire aussi : Jusqu’où Trump est-il prêt à aller face à Pyongyang ?)

 

« Négocier avec Pyongyang »
D'un autre côté, l'Iran respecte sa part de l'accord sur son programme nucléaire nucléaire, mais à chaque menace verbale américaine à son encontre, ses drones effectuent des survols au-dessus des forces navales américaines sillonnant le Golfe. À plusieurs reprises, le président Trump a menacé de se retirer de l'accord nucléaire. Sa rhétorique a poussé trois grands experts américains des affaires étrangères, dont Aaron Miller, à publier un article dans le très coté quotidien en ligne Politico, sur les menaces de Donald Trump contre l'Iran. « Sortir du deal avec Téhéran peut nous laisser avec une crise nucléaire sur deux fronts. Si le président Trump accuse l'Iran de ne pas appliquer l'accord nucléaire, l'impact se fera sentir à Téhéran et au Moyen-Orient, déjà fragilisé », affirment les trois auteurs.

Ces derniers prennent aussi en considération l'éclatement de la situation asiatique : « Les pertes les plus grandes et les plus étendues seront donc causées à des milliers de kilomètres plus loin, dans la péninsule coréenne. Et l'administration Trump a besoin de commencer à relier les points entre ces deux pôles. » Pour ces analystes, les États-Unis disposent de peu d'options pour traiter le défi nucléaire coréen. Ils trouvent que « négocier avec Pyongyang » serait peut être le meilleur moyen de désamorcer une crise imminente. Ceci ne semble pas être le cas pour l'instant, vu l'escalade verbale entre le président Trump et son homologue nord-coréen Kim Jong-un, même après les sanctions émises, samedi dernier, à l'unanimité, par le Conseil de sécurité de l'ONU contre la Corée du Nord. Hier, l'éditorialiste du Washington Post David Ignatius a souligné à la chaîne MNSBC que la menace de « feu et de furie » du président Trump visait à engager la Chine dans ce conflit.

Malgré les apparences, l'administration Trump poursuit une stratégie qui n'est finalement pas très différente de celle développée par le président Barack Obama. Parallèlement à l'augmentation des pressions sur la Corée du Nord et les autres pays qui facilitent le programme d'armement de Kim Jong-un, il est suggéré d'augmenter, là aussi, les capacités des missiles de défense, tout en envisageant des discussions diplomatiques avec Pyongyang, mais seulement après son accord pour l'arrêt de son programme nucléaire.

 

 

 

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