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Bataille à New York autour d'une antiquité libanaise à la provenance douteuse

Archéologie

Selon les autorités américaines, la tête de taureau sculptée en marbre, originaire du temple phénicien d'Echmoun, a été dérobé dans un entrepôt à Jbeil en 1981.

OLJ/AFP
03/08/2017

Des collectionneurs américains contestent la saisie d'une tête de taureau sculptée en marbre, datant du 4ème siècle avant notre ère, en provenance du Liban, et dont les autorités soupçonnent qu'elle pourrait avoir été volée durant la guerre civile.

Prêtée par les collectionneurs, l'oeuvre était exposée au Metropolitan Museum de New York avant d'être saisie début juillet par les services du procureur de Manhattan, Cyrus Vance.

Les autorités affirment que l'objet, originaire du temple phénicien d'Echmoun, a été dérobé dans un entrepôt au Liban en 1981, en pleine guerre civile.

C'est l'un des conservateurs du Met qui s'est rendu compte de la provenance potentiellement douteuse de la tête et a alerté le musée. "Nous avons contacté le gouvernement libanais et le prêteur, nous avons retiré l'objet des galeries et travaillons depuis avec les autorités locales et fédérales", a expliqué à l'AFP un porte-parole du Met.

Le couple de collectionneurs, jusqu'ici considéré comme propriétaires de l'oeuvre, conteste ces assertions et a saisi la justice mi-juillet pour récupérer la sculpture. Lynda et William Beierwaltes, qui ont acquis l'objet en 1996 auprès d'un marchand d'art londonien, ont mené leur propre enquête pour vérifier sa provenance.

Pour justifier leur action, les autorités citent un rapport de la police libanaise daté de 1981 au sujet d'un vol dans un site de stockage de Byblos. Mais les collectionneurs affirment, dans leur assignation consultée par l'AFP, que le rapport ne mentionne aucun objet dont la description correspondrait à la tête.

Ils entendent récupérer l'objet et empêcher ainsi sa restitution au Liban, qui le réclame. "Les Beierwaltes sont propriétaires (de l'oeuvre) en bonne et due forme et ont les mains propres", a affirmé leur avocat, William Pearlstein. "En revanche, depuis plus de 50 ans, le Liban n'a jamais signalé, au niveau national ou international, le vol de cette tête de taureau", a-t-il ajouté. Pour lui, il n'existe pas de base légale justifiant la saisie de l'oeuvre, d'autant que même s'il s'agissait d'un vol, les faits seraient prescrits, selon la loi libanaise.

Sollicités par l'AFP, les services du procureur de Manhattan se sont refusés à tout commentaire.

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