Des PDG de l’industrie automobile allemande et de hauts responsables politiques étaient réunis en sommet, hier. De gauche à droite : Dieter Zetsche, PDG de Daimler, Matthias Mueller, PDG de Volkswagen, Matthias Wissmann, président de la Fédération allemande de l’industrie automobile (VDA), et Harald Krueger, PDG de BMW. Axel Schmidt/AFP
L'industrie automobile allemande, en pleine crise existentielle, s'est engagée hier à réduire les émissions polluantes en adaptant le logiciel de plus de 5 millions de véhicules diesel, un « premier pas » concédé sous la pression gouvernementale.
« Nous identifierons ensuite d'autres mesures », a averti la ministre de l'Environnement, Barbara Hendricks, à la sortie du « forum national » sur le diesel tenu à Berlin sous l'égide du gouvernement, prévenant que les constructeurs devraient faire encore « plus ». Le ministre des Transports, Alexander Dobrindt, a souligné que ces décisions doivent conduire « à une baisse très rapide des émissions ».
Le but immédiat des industriels était d'éviter les interdictions du diesel qui menacent dans certaines grandes villes. Les constructeurs ont donc promis de rappeler à leurs frais 5,3 millions de véhicules diesel en Allemagne d'ici à fin 2018, avec l'objectif imposé de réduire de 30 % les émissions d'oxyde d'azote par une mise à jour logicielle.
Ce chiffre intègre les 2,5 millions de véhicules déjà rappelés ces derniers mois par le groupe Volkswagen, alors que les autres groupes automobiles ont aussi procédé de leur côté au rappel de centaines de milliers de voitures diesel.
Interrogé par l'AFP, un porte-parole de la Fédération allemande de l'industrie automobile (VDA) n'a pas pu indiquer à combien de nouveaux véhicules correspond la promesse faite hier, laissant planer une incertitude sur la portée réelle de cet engagement.
Triche et manipulation
Cette mise à jour logicielle était déjà considérée comme une solution a minima par ceux qui prônent plutôt des modifications techniques sur les voitures, plus coûteuses, et surtout des interdictions de circulation.
Le rappel n'est « pas une solution à long terme à la pollution de l'air », a déploré hier Greg Archer, de l'ONG Transport et Environnement, appelant plutôt à investir dans les véhicules électriques. « Ça ne suffira malheureusement pas à ramener les niveaux d'émission des villes les plus polluées en dessous des objectifs légaux », a renchéri Winfried Kretschmann, chef du gouvernement Vert de l'État-région du Bade-Wurtemberg, berceau important de l'industrie automobile.
Tous les constructeurs en Allemagne, VW et ses marques Audi et Porsche, Daimler (Mercedes-Benz), BMW mais aussi Opel et l'américain Ford étaient conviés à ce sommet organisé presque deux ans après le début du scandale Volkswagen.
Le numéro un mondial de l'automobile avait reconnu alors avoir équipé 11 millions de véhicules diesel d'un logiciel truqueur qui faussait les contrôles de ses émissions polluantes. Les soupçons se sont étendus depuis à l'ensemble de l'industrie. Le contexte est encore alourdi par la révélation de soupçons de cartel entre constructeurs allemands, qui aurait, selon l'hebdomadaire Spiegel, jeté les bases de cette manipulation.
Si le gouvernement veut faire preuve de fermeté face aux constructeurs, il lui faut aussi soutenir un secteur qui assure environ un cinquième des exportations du pays et représente plus de 800 000 emplois.
Par ailleurs, une étude menée par Greenpeace montre que 57 % des Allemands soutiennent l'idée d'une interdiction dans les villes les plus polluées des véhicules diesel. Pourtant, ces véhicules restent très populaires en Allemagne, où, en juillet, ils ont représenté 45 % des ventes de voitures neuves.
Les fabricants allemands ont ainsi lourdement investi ces dernières années dans les moteurs diesel, car ils émettent moins de dioxyde de carbone que les versions essence. Mais le revers de cette technologie est qu'elle émet davantage d'oxyde d'azote, qui contribue à la formation en ville de « smog », une brume responsable de maladies respiratoires et cardiaques.
Les constructeurs allemands, qui sont entrés sur le tard dans le marché de l'électrique, comptent sur les ventes de moteurs diesel modernes, dits « dépollués », pour parvenir à respecter la réglementation européenne en matière d'émission.
Source : AFP


Bref, ils ont intérêt à faire profil bas pendant quelques temps! -:)
08 h 54, le 03 août 2017