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Événement

Human Rights Film Festival : dans l’œil des réalisateurs

Deux réalisatrices, qui ont choisi de porter les droits de l'homme au cœur de leur art, ont répondu aux questions de « L'OLJ ».

Dima al-Ansari

Dima al-Ansari est une médiatrice depuis des années : présentatrice TV, professeure et actrice d'origine palestinienne, elle a dévoilé au cours du festival Human Rights Film son documentaire At home with horse qui suit l'histoire de Reem, une jeune réfugiée syrienne en proie aux difficultés d'apprentissage des langues anglaise et française dans son pays d'accueil, le Liban.
Louise Heem, elle, est une actrice flamande française, ancienne professeure de langue, qui a longtemps joué sur les planches avant de se lancer dans le cinéma. The day of the Virgin est son premier court-métrage. Cette fiction conte le parcours de Sarah dans une ville divisée en trois zones linguistico-ethniques : le français, l'anglais et l'espagnol.

 

Pourquoi utiliser une caméra et le cinéma pour défendre les droits humains ?
Dima al-Ansari : Personnellement, je pense que tout est politique. J'ai très tôt commencé à chercher comment je pouvais être utile et responsable. Le documentaire participe aux moyens de communication de masse pour toucher un maximum de personnes. C'est un outil pour raconter une histoire et, si c'est bien fait, on peut créer une empathie avec le public.
Louise Heem : Je trouve que les films touchent beaucoup plus les gens que la réalité. Mon objectif était de toucher une audience qui n'avait jamais vécu cette situation. J'ai donc choisi la fiction avec des personnages francophones, hispanophones et anglophones. Je n'ai donné aucune nationalité pour permettre l'identification.

 

Utilisez-vous d'autres supports pour exprimer votre opinion ?
D.A. : J'utilise les réseaux sociaux. J'aime beaucoup communiquer avec la jeune génération. Je raconte aussi fréquemment mon histoire, celle de l'immigration, lors de performances.
L.H. : Je fais du bénévolat et je publie pas mal de photos, de textes sur Facebook sur ce que je vois dans un camp de réfugiés.

 

Quelle importance accordez-vous à ce type d'événement ?
D.A. : Si un pays n'a pas de « Human Rights Film Festival » ou de « Human Rights Conference », je ne pense pas que cela soit sain. C'est très important, cela permet de dialoguer et d'échanger.
L.H. : J'étais très impressionnée par la qualité des films. Et, en même temps, je me demande toujours : ceci a-t-il vraiment un impact ?

 

Comment définiriez-vous votre film et en quoi défend-il les droits humains ?
D.A. : C'est un film sur la résilience et la persévérance de réfugiés syriens à qui on a tout pris.
L.H. : C'est une histoire de séparation. Il faut revenir aux questions de base, aux questions humaines. Mais qu'est-ce que vous feriez à leur place ? Ce film est une métaphore de tous les conflits qui existent dans le monde.

Qu'est-ce que « nouvelles identités » signifie pour vous, personnellement ?
D.A. : L'identité change, c'est un procédé, un voyage. En tant que Palestinienne qui vit en diaspora, en tant que Libanaise ou Canadienne, je suis constamment en train de chercher où est ma place.
L.H. : L'identité est très aléatoire. C'est une question de point de vue. Je ne me suis jamais identifiée en tant que Flamande avant de commencer à voyager. J'ai découvert la séparation entre Flamands et Wallons en passant par Bruxelles pour prendre l'avion.

 

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