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Culture

À défaut d’élections, le politique fait son cirque

Festival de Beiteddine

Les 2, 3 et 4 août, le palais des Émirs troque sa cour intérieure contre un espace de cirque. Avec, pour Mr Loyal, Hisham Jaber.

25/07/2017

Il y a deux ans, la cour intérieure du palais des Émirs s'était transformée en « Bar Farouk », avec un spectacle musical faisant revivre les alcôves du Beyrouth artistique des années 30 à 70. Cette année, le Festival de Beiteddine accueille et produit le Cirque politique de Hicham Jaber, « malgré toutes les difficultés financières et la situation précaire du pays, car nous avons toujours eu foi dans "l'art audacieux" au Liban », a affirmé Nora Joumblatt, présidente du festival, lors d'une conférence de presse tenue hier dans ses locaux à Starco. « De plus, a-t-elle ajouté, nous avons toujours voulu mettre en lumière ceux qui se battent pour une culture libre et une certaine qualité. Après une première expérience réussie avec Hicham Jaber en 2015, nous avons décidé de réitérer cette dernière avec une production encore plus spectaculaire. L'affiche, qui n'est pas sans rappeler notre bon vieux Akhwat Chanay (le fou du village), donne le ton. »

Reproduire la réalité
« Au programme, enchaîne Jaber : des chansons, de la comédie, avec l'équipe locale qui s'entraîne depuis des mois (nuit et jour), mais aussi des acrobaties et des jeux de cirque inédits. Au total, plus de soixante-dix artistes sur scène, entre performants et musiciens, sous la houlette du chef d'orchestre Loubnan Baalbaki. »
Depuis que Hicham Jaber a pris en main la direction artistique du Métro al-Madina, il n'a de cesse de découvrir de nouveaux talents pour les rassembler dans des spectacles à saveur égyptienne (Hichik bichik) ou libanaise (Bar Farouk). Infatigable, il a su s'entourer d'une équipe fidèle et passionnée comme le musicien Ziyad el-Ahmadieh ou la chanteuse Yasmina Fayed. Ses shows durent et perdurent. Il ont attiré, au cours des années, un public nombreux et hétéroclite. Avec ses spectacles, concerts et autres variétés, le Métro al-Madina a réussi à confirmer son rôle de vivier d'artistes qui ont su, courageusement, sortir des sentiers battus.
Cette fois-ci, produit exclusivement par le Festival de Beiteddine, Le Cirque politique (al-Cirk al-siyassi) ne pourra pas – contrairement aux précédents – retourner au Métro, vu le nombre d'artistes qui interviennent dans ce show.

« Pourquoi le cirque politique ? demande Nora Joumblatt. Sera-t-il également diplomatique ? » Et Hicham Jaber de répondre avec sa gouaille et son sarcasme habituels : « Comme le reste de la population, on aurait voulu avoir des élections cette année. À défaut de cela, nous, les artistes, avons organisé nos propres élections... sur scène ! Et sous la forme d'un cirque dans un espace imaginaire, sans temps, ni lieu. Nos politiciens ressemblent de plus en plus à des showmen qui divertissent la population. Nous avons alors essayé de transposer tout ce climat joyeux et festif, mais surtout absurde, sur les planches. Nous comptons sur vous, les organisateurs et vous, le public, de nous accorder votre entière confiance. » Et voilà donc que l'art se transforme en discours politique. Et que la politique prend un peu des airs de clownerie.
Pourquoi pas ? Ne vaut-il pas mieux en rire qu'en pleurer ?

 

 

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