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La Dernière

Comment s’habillaient-elles, ces nobles femmes de l’Empire ottoman ?

Exposition

Tirées principalement de la collection privée de Samia Saab, des tenues de la mode féminine de l'époque des émirs sont exposées entre les murs séculaires du palais de Beiteddine*, siège de l'émirat du Mont-Liban du XIXe siècle.

May MAKAREM | OLJ
05/07/2017

Comme chaque année, le Festival de Beiteddine organise dans le palais éponyme une exposition inspirée d'un thème précis. Cet été, 16 toilettes traditionnelles de la noblesse féminine sous l'Empire ottoman offrent leur apparat au regard du public.

Tout comme de nos jours, le vêtement féminin a été, au cours des siècles, porteur de distinction sociale, reflétant l'aisance financière dont les femmes bénéficiaient, ou pas... D'autant plus que c'est à travers elles que l'homme affiche son statut. Il en a été ainsi pour les dames du Mont-Liban, qui avaient un goût prononcé pour le luxe.

Ce sont elles qui donnaient le ton aux « fashionistas ». Car, si à l'époque, la mode était dûment dictée par Istanbul, l'existence de particularismes vestimentaires locaux était aussi liée aux traditions culturelles du pays. Comme l'explique Nour Majdalani, curatrice de l'exposition, « sous la domination de l'Empire ottoman, des décrets touchant l'ensemble des catégories sociales réglementaient le port des vêtements. Un costume urbain particulier voit le jour. Porté à Damas, siège administratif de la plus grande wilaya de l'empire, il était sensiblement proche de celui porté sur les rives du Bosphore, à Alep, à Jérusalem et au Mont-Liban.

L'existence d'une prescription vestimentaire ottomane a donc donné naissance à une mode révélatrice de l'époque et de l'identité du gouvernement en place. Cependant cette mode n'a pas effacé tout particularisme, puisqu'on pouvait voir dans les différentes villes des hommes et des femmes vêtus de costumes portant la marque des styles régionaux des divers districts juridiques de l'empire ».

 

(Lire aussi : Omar Kamal, crooner palestinien quelque part au milieu de tout...)

 

Les vêtements exposés sont tous d'époque, mais leur datation reste approximative. Car « les modes duraient longtemps, les femmes continuaient à broder les mêmes motifs inspirés du monde végétal et floral, particulièrement la tulipe, que nous retrouvons sur les céramiques d'Iznik et les miniatures », souligne Nour Majdalani.

Qu'elles soient en velours, en « fourrure textile » longtemps l'apanage des princes et des rois, symbole de pouvoir et de richesse, en soie, en brocard ou en satin, les robes et les vestes sont magnifiquement brodées, tantôt de « sarma » (dite « laff »), tantôt en couchure ou en tambour, appelée aussi « tahrir ». Les tissus étaient ornés de motifs à plat ou en relief, en or, argent ou nuances. Fleurons de la tradition, les deux techniques étaient pratiquées dans des ateliers installés dans les khans et qaysariyyas, surtout la Césarée de Deir el-Qamar. Elles étaient supervisées par des chefs-artisans, qu'on appelait les cheikhs el-Kar. D'autre part, « une magnanerie à Maasser Beiteddine traitait la soie produite par la sériciculture et un échange important s'était établi avec l'autre rive de la Méditerranée, en particulier avec Venise, Florence et Lyon », rappelle Mme Majdalani.

La beauté et la rareté de la broderie traditionnelle permettent de la placer au centre du patrimoine au même titre que l'architecture, la musique, la danse, les arts et les traditions populaires.
Un mot enfin sur la magnifique scénographie créée par Nada Zaineh, qui a opté pour une mise en scène feutrée, surprenant le visiteur et le plongeant dans une atmosphère secrète et intimiste. En toile de fond, des gravures anciennes représentant des costumes ont été imprimées en grand format par Camille Tarazi.

 

* Du 1er juillet jusqu'au 15 août.

 

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