Moyen Orient et Monde

Crise du Golfe : Tillerson a rencontré le quartette anti-Qatar

Diplomatie

Doha continue de défier Riyad et ses alliés.

OLJ
13/07/2017

Le secrétaire d'État américain Rex Tillerson a rencontré hier à Djeddah en Arabie saoudite ses homologues du quartette anti-Qatar, poursuivant une difficile médiation dans cette crise diplomatique inédite dans le Golfe. M. Tillerson s'était déjà rendu à Doha et à Koweït, principal médiateur dans la dispute qui oppose l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn et l'Égypte au Qatar à propos de son soutien présumé à des groupes extrémistes et de ses liens avec l'Iran. La veille à Doha, Qatar et États-Unis avaient annoncé la signature d'un accord sur la « lutte contre le financement du terrorisme », une tentative de répondre aux accusations des adversaires de Doha. Mais cet accord a aussitôt été jugé « insuffisant » par le quartette arabe anti-Qatar, qui voit également d'un mauvais œil les liens de Doha avec Téhéran, principal rival régional de Riyad.
Conscient de la difficulté de la tâche, M. Tillerson a été reçu par le roi Salmane d'Arabie saoudite peu après son arrivée en fin de matinée à Djeddah, sur la mer Rouge. Il a également rencontré le prince héritier Mohammad ben Salmane et les deux parties ont souligné à l'occasion la solidité des liens entre Riyad et Washington. M. Tillerson a ensuite eu une réunion avec les ministres des Affaires étrangères saoudien, émirati, bahreïni et égyptien, avant de reprendre la route pour le Koweït. Cette réunion n'a pas été suivie de déclaration ou de conférence de presse.
Pour rappel, Riyad, Abou Dhabi, Manama et Le Caire ont rompu le 5 juin avec Doha à qui ils imposent également des sanctions économiques, dont la fermeture de son unique frontière terrestre, avec l'Arabie saoudite.

« Éradiquer le terrorisme »
Pour revenir sur leurs sanctions, les quatre pays ont exigé le 22 juin la satisfaction de 13 demandes, dont la fermeture de la chaîne de télévision al-Jazeera et d'une base turque, ainsi qu'une révision des liens avec l'Iran. Le ministre d'État aux Affaires étrangères des Émirats, Anwar Gargash, s'est livré à une violente attaque contre cette chaîne, l'accusant d'antisémitisme et de promouvoir la haine et la violence. Dans une lettre publiée hier, il répond ainsi au haut-commissaire de l'ONU aux Droits de l'homme Zeid Raad al-Hussein, qui s'était inquiété fin juin des appels à la fermeture d'al-Jazeera, y voyant une atteinte à la liberté de la presse.
Doha a rejeté en bloc les demandes de ses adversaires, estimant qu'elles violaient sa souveraineté.
M. Tillerson espérait capitaliser sur l'accord de Doha pour progresser dans sa mission. Cet accord repose sur la décision d'« éradiquer le terrorisme de la terre » prise par le sommet ayant réuni fin mai à Riyad une cinquantaine de dirigeants musulmans autour du président américain Donald Trump, a-t-il dit mardi.
Mais les quatre adversaires restent intransigeants. « Une solution temporaire n'est pas une sage initiative », a commenté d'autre part M. Gargash.

Le Qatar toujours défiant
Pour sa part, le Qatar maintient sa position de défi. Il a commencé à importer 4 000 vaches – destinées à produire du lait – par voie aérienne pour atténuer les effets de l'embargo imposé par ses voisins.
Le ministère qatari de la Défense a annoncé mardi soir sur Twitter l'arrivée d'un cinquième contingent de l'armée turque au Qatar, où Ankara dispose d'une base militaire dont la fermeture est exigée par les adversaires de Doha.
Emboîtant le pas à ses homologues allemand, britannique et américain, le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian est attendu samedi et dimanche au Qatar, en Arabie saoudite, au Koweït et aux Émirats pour plaider pour un « apaisement rapide » dans la crise du Golfe.
L'Iran a pour sa part de nouveau critiqué hier les sanctions économiques imposées au Qatar par Riyad et ses alliés. Depuis leur mise en place, Téhéran a aidé Doha en augmentant ses exportations de produits alimentaires vers l'émirat. « L'utilisation de la menace, des pressions et le blocus contre les voisins, notamment le Qatar, est une méthode erronée et tout le monde doit essayer de réduire les tensions dans la région », a affirmé le président iranien Hassan Rohani en recevant le chef de la diplomatie de Oman, Youssef ben Alaoui ben Abdallah. Fidèle à sa tradition, Oman est resté neutre dans le conflit qui oppose ses voisins arabes.
Source : AFP

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Ma Fi Metlo

C'EST PAS FORCÉMENT CELUI QU'I CRÉE LE PROBLÈME QUI POURRA APPORTER LA SOLUTION.

gaby sioufi

et on en veut a l'Iran d'avoir son projet expansionniste ?
il serait bete de ne pas profiter de l'ignorance des arabes - de tous les arabes- y compris ses allies du jour , peu ou prou -pro iraniens.
sans vouloir passer outre la politique saoudienne -pr ex en prenant ali abdallah du yemen sous ses ailes , ne savent ils pas cet oman, qatar qu'ils trop petits malgre leurs sous - a cause de leurs sous- pour jouer a ce jeu ?
qu'ils seront non seulement abosrbes pire par l'iran , mais ruines a la fin ?

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