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Liban

Que pensent les Libanais de tout et de rien ? Bienvenue sur LebanoStat...

Initiative

L'application de sondages tous azimuts a été lancée il y a un mois par Nazih Yassine, Marwan Moghrabi et Moustapha Maoulaoui.

10/07/2017

Le 1er juin dernier, les Libanais découvraient LebanoStat, une application mobile qui effectue des sondages auprès de la population libanaise, l'objectif étant de prendre en considération l'avis des citoyens sur différents sujets concernant l'État et les sociétés privées.
« Il y a de nombreuses façons d'améliorer la société », affirme Nazih Yassine, à l'origine de l'initiative. Il estime nécessaire de profiter du progrès technique pour maximiser les rendements des projets et la satisfaction des citoyens. LebanoStat est le fruit d'un travail de groupe qu'il a mené conjointement avec Marwan Moghrabi, expert en télécoms, et Moustapha Maoulaoui, professeur en sciences politiques à l'Université libanaise.
L'application, lancée en collaboration, entre autres, avec la Chambre de commerce et d'industrie, compte aujourd'hui plus de 3 000 utilisateurs. Elle est exclusivement destinée aux résidents libanais et vise surtout les jeunes. « LebanoStat est disponible en arabe uniquement pour encourager les Libanais de différents milieux à utiliser cette application », souligne M. Yassine. « Le gouvernement et les compagnies privées nous paient pour publier leurs sondages dans le but d'identifier les demandes et les besoins des consommateurs. »

Toutes communautés confondues
Pour plus de confidentialité et dans le but d'encourager les utilisateurs à remplir les sondages du jour, LebanoStat masque leurs identités. « Motiver les gens à utiliser une nouvelle application est toujours difficile », explique-t-il. « De ce fait, nous rémunérons les participants dans certains sondages : chaque utilisateur ayant accumulé un total de 1 250 points recevra une carte de téléphone prépayée Touch, et pour 1 000 points, il obtiendra une carte prépayée Alfa », précise-t-il.
Nazih Yassine admet que les rendements financiers de son application sont encore limités. « Au bas de l'écran, nous avons consacré un espace exclusif aux publicités pour générer plus de revenus et développer encore plus l'application », note-t-il. « Le point fort de LebanoStat est qu'elle englobe les avis des gens de toutes les communautés religieuses, régions, affiliations politiques, classes sociales : les sondages sont ainsi plus universels, plus représentatifs de la réalité. »
Quant aux thèmes de ces sondages, ils sont multiples. Cela va de questions sur la presse libanaise (quel est le journal le plus digne de confiance au Liban ? ; est-ce que vous croyez tout ce que vous lisez dans les journaux ?, etc.) à l'État islamique : pensez-vous que l'EI soit présent au Liban ailleurs qu'à Ersal ?; ou pourquoi pensez-vous que le gouvernement libanais refuse de négocier le retour des réfugiés syriens dans leur pays ? Un autre sondage, Irs'al Loubnan (Demande au Liban), pose des questions sur la nouvelle prorogation du mandat des députés, sur le harcèlement sexuel, sur la petite corruption ou sur les actions de la société civile...

Graffitis
Nazih Yassine envisage la vente de son application au gouvernement, qui devrait profiter des particularités de LebanoStat pour essayer de satisfaire un peu plus les besoins et les doléances, souvent les plus élémentaires, des Libanais. Ou leurs opinions diverses et variées, notamment pour les grands sujets politiques de l'heure. En attendant, ce trentenaire hyperactif, qui vit à Beyrouth depuis l'an 2000, n'oublie jamais sa ville natale, Tripoli. Activiste acharné au service de la communauté tripolitaine, il est à l'origine de projets de rénovation dans le but de moderniser la capitale du Nord, particulièrement négligée, selon la majorité de ses habitants, par les hommes politiques.
Passionné d'art, il a ainsi créé un projet, «Embellis ton entourage et ton école», qui vise à dessiner des graffitis sur les murs de 15 anciennes écoles publiques à Bab el-Tebbané. Aujourd'hui, en collaboration avec la banque SGBL et le ministère de l'Éducation, le plan comprend 50 écoles du gouvernorat du Nord. L'art, encore et toujours, pour changer, un peu, les mentalités. Et la vie...

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