La Dernière

Les Étoiles de Mougins, des plaisirs à la carte

Gastronomie

Trois jours, 167 chefs de 5 continents, 120 démonstrations et des milliers de visiteurs. Mais aussi beaucoup de plaisir(s) pour la douzième édition du festival international de la gastronomie de Mougins qui a eu lieu les 23, 24 et 25 juin. Le Liban y était, représenté comme chaque année depuis 12 ans par le (trop discret) chef Joe Barza, accompagné, cette fois-ci, du chef Charles Azar.

06/07/2017

L'heure était à la fête, à la célébration du beau et du bon, ainsi qu'au partage. Mougins, c'est bien sûr Picasso. Il y a débarqué en 1961 et y est décédé le 8 avril 1973 dans sa dernière résidence baptisée Notre-Dame-de-Vie, qui sera également son ultime atelier. Mais c'est aussi un des plus petits villages français où un si grand nombre de chefs étoilés ont installé leurs restaurants et parfois hôtels Relais & Châteaux, dans des cadres souvent magnifiques. À leur tête Roger Vergé. Il a déposé son talent, puis ses étoiles, dans Le Moulin de Mougins en 1969, et au restaurant L'Amandier. C'est en hommage à ce chef emblématique que le festival Les Étoiles de Mougins est né en 2006. Une occasion annuelle de célébrer la gastronomie de ce village, qui porte depuis 2011 le label de Ville et Métiers d'art au titre de la gastronomie ; de remettre les projecteurs sur son charme, la douceur de son climat et sur ses habitants, tous très impliqués durant ces trois journées de festivités. Ainsi, depuis son lancement, cette réunion de grandes signatures gastronomiques se fait avec un invité d'honneur et autour d'un thème précis : il y eut Roger Vergé d'abord, puis Christian Willer, Marc Veyrat, Émile Jung, Anne-Sophie Pic, Eric Fréchon, Frédéric Anton, Gérald Passédat, Christelle Brua et enfin Thierry Marx. Année de l'international, année de transition, dédiée à la femme, à la Méditerranée, au dessert, aux cinq sens, année de l'art ou encore des médias. En 2015, une édition spéciale fut consacrée à Roger Vergé, disparu cette année-là, en présence de son épouse Denise et de sa fille Cordélia, venue spécialement de Boston pour l'occasion.

 

Vanille et caïpirinha
Le rendez-vous de 2017 était dédié aux cinq continents, à ce langage commun qui crée des liens, souvent des amitiés, au-delà des frontières. Un dialogue entre des étrangers autour d'un plaisir commun, la gastronomie. Son invité d'honneur, Daniel Boulud, chef doublement étoilé du restaurant Daniel à New York, à la tête d'un empire de célèbres restaurants et cafés basés également à Miami, Las Vegas, Washington, Montréal, Londres et Singapour, n'a pas caché sa joie de présider l'événement. Se pliant volontiers aux séances photos, aux interviews, aux conférences-discussions informelles, passant du rire avec les copains chefs aux larmes en se souvenant de Roger Vergé à qui, a-t-il confessé, il doit sa carrière. Le coup d'envoi avait été donné par le très élégant maire de Mougins, Richard Galy, présent partout, de nuit comme de jour, pour s'assurer que le bonheur est dans tous les palais. Rebaptisées pour l'occasion « place des Délices », « allée des Saveurs », « rue des Gastronomes », les ruelles du village ont accueilli, comme de coutume, quelque cinquante exposants venus du monde entier présenter leurs produits locaux, charcuterie italienne, huile d'olive grecque, pâtisseries orientales, churrasco gaucho, vanille de Madagascar ou encore caïpirinha brésilienne. Des espaces ouverts à différentes activités, qui avaient pour noms : espace bouillon de cultures, espace Roger Verger, espace l'art des mets, des ateliers, des concours (concours international du jeune chef, du chef pâtissier, des arts de la table, du meilleur jeune sommelier et du barman), des démonstrations, des dégustations, des signatures de livres, des conférences, et même une première journée consacrée aux enfants. Bref, il y en avait pour tous les âges, toutes les tendances et envies.

Parmi la longue liste des invités prestigieux figurait le directeur international des Guides Michelin, Michael Ellisa, ainsi que des critiques gastronomiques, des auteurs, des VIP et des chefs venus du monde entier : de France, bien sûr, d'Italie, des États-Unis, du Brésil, du Mexique, du Canada, de Russie, de Biélorussie, du Liban, d'Algérie, de Tunisie, de Belgique, du Portugal, de l'île de Madère, d'outre-mer et enfin des Antilles... Citons les Français Jacques Chinois (La Bastide Saint-Antoine), Éric Finon (Le Park Lenôtre Mougins), David Chauvac, (Le Candille), Stéphanie Le Quellec (lauréate de la deuxième saison de Top Chef, aux commandes du restaurant gastronomique du Prince de Galles, La Scène), mais également l'Italien Antonello Colonna (Ristorante Antonello Colonna).

Et, last but not least, le chef Joe Barza, ambassadeur gastronomique du Liban à Mougins autant qu'ambassadeur de Mougins au Liban. Là-bas, tout le monde le connaît, l'appelle par son prénom – Joe fréquente le festival depuis l'année de son lancement – et l'apprécie pour sa générosité et son talent. Trois jours durant, il a présenté avec amour et un sourire qui ne le quitte jamais « sa » cuisine libanaise revisitée, inventive, surprenante, et son fameux bourghoul b tfine au poisson et au safran. Pour les desserts, le chef Charles Azar s'est chargé de servir une magnifique mouhalabbié à l'eau de rose avec pistache et gelée d'abricot.

En quittant Mougins, le visiteur de ce rendez-vous informel emporte avec lui le souvenir de moments privilégiés, parmi lesquels la visite du Musée d'art classique, fondé par Christian Levett, homme d'affaires britannique et passionné d'art antique, et celle du Musée photographique de Mougins, riche de sublimes photos intimes de Picasso prises par André Villers ; il repart surtout avec les saveurs sucrées-salées d'un village, d'une région et d'une gastronomie française jamais égalée.

 

Pour mémoire 

Les missions du chef Joe Barza

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