X

À La Une

"On n'ose pas sortir de chez nous. La mort est partout."

Syrie

Un habitant de Raqqa décrit l'horreur des bombardements

 

 

OLJ/Reuters
06/07/2017

Lorsqu'Abou Ahmed s'est risqué hors de chez lui après une nuit de bombardements, plusieurs de ses voisins gisaient dans la rue.

"Je suis sorti juste pour voir. Je jure devant Dieu que les chats mangeaient les corps", raconte cet habitant de Raqqa, dernier grand bastion urbain des jihadistes du groupe État islamique en Syrie.

"On ne pouvait rien faire pour les corps. Ils étaient abandonnés. Nous avons alerté l'hôpital", poursuit-il, dans une série de messages vocaux envoyés à Reuters.

La coalition internationale sous commandement américain formée pour combattre l'EI assure ne ménager aucun effort pour épargner les civils, mais Abou Ahmed parle de très lourdes pertes et de dégâts colossaux.

"On n'ose pas sortir de chez nous. La mort est partout, son odeur et celle des destructions sont omniprésentes. C'est terrifiant."

Les rebelles des Forces démocratiques syriennes (FDS) soutenus par les États-Unis sont entrés mardi dans la vieille ville et les rares combattants de l'EI qu'Abou Ahmed a pu voir récemment près de chez lui étaient des enfants.

 

(Lire aussi : Raqqa-Alep, l'interminable périple des rescapés de l'EI)

 

Un jour du mois dernier, raconte-t-il, alors qu'il était aller chercher de l'eau à un puits, son quartier situé près de la mosquée al-Nour a subi de très intenses bombardements qui, d'après lui, ont fait une trentaine de morts. L'armée américaine a annoncé l'ouverture d'une enquête.

Les gens appelaient à l'aide dans les bâtiments bombardés, se souvient Abou Ahmed. "Vous imaginez... On ne pouvait rien faire avec les lances-roquettes, les avions. Nous les avons laissé mourir dans les décombres."

"L'aviation américaine, qui est censée être capable de localiser une mouche, n'a pas vu les enfants, ni les femmes, ni les civils ?"

Le Haut Commissaire des Nations unies pour les droits de l'homme a parlé le mois dernier de très lourdes pertes civiles à Raqqa, où 50.000 à 100.000 personnes seraient retenues. Selon des témoins, les jihadistes, qui seraient entre 3.000 et 4.000, exécutent ceux qui cherchent à s'enfuir. Les parents et les enfants d'Abou Ahmed sont toutefois parvenus à quitter la ville.

Dans son dernier message, il dit se préparer à fuir à son tour. "C'est insupportable. Nous vivons dans un film d'horreur", explique-t-il. Reuters est sans nouvelles de lui depuis le début de la semaine.

 

Lire aussi

A Raqqa, des enfants ouvrent la voie aux adultes pour fuir les jihadistes

Près de Raqqa, un dispensaire sauve les vies des combattants

La bataille de Raqqa, nouveau défi humanitaire en Syrie

À Raqqa, l’EI tire les leçons de la bataille de Mossoul

À la une

Retour à la Une

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

POUR ERADIQUER LES TARES TROP DE CIVILS VONT PAYER MALHEUREUSEMENT LE PRIX...

Dernières infos

Les signatures du jour

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué