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Économie - Crise Du Golfe

L’inquiétude des ouvriers étrangers au Qatar

Des ouvriers sur un chantier à Doha. Les conséquences de la crise diplomatique qui isole le Qatar se font particulièrement ressentir sur près de deux millions de travailleurs étrangers, touchés par la hausse des prix des produits alimentaires. Archives AFP

« J'ai entendu des gens dire qu'il n'y aurait plus de travail au Qatar... » Sept mois après avoir trouvé un travail au Qatar, Ajit est inquiet : pour cet électricien indien, comme pour de très nombreux ouvriers étrangers, les conséquences de la crise entre l'émirat gazier et ses voisins du Golfe commencent à se faire ressentir. Il craint non seulement pour son métier, son avenir dans le pays, mais redoute aussi, dans l'immédiat, la hausse des prix des produits alimentaires. « Si cela continue, il y aura des problèmes pour les gens comme nous (....) Le prix de la nourriture va grimper et il n'y aura plus de travail », a-t-il confié à l'AFP.

Si les riches expatriés auront pour la plupart les moyens de surmonter les effets de la crise diplomatique, son impact sur certaines franges de la population au Qatar s'est fait ressentir, plus particulièrement sur les travailleurs étrangers, estimés à plus de deux millions, dont une grande partie travaille sur les chantiers du Mondial de football 2022.

 

(Lire aussi : Une longue crise du Golfe affecterait les prix des hydrocarbures)

 

 

Hausse des prix
Ajit gagne 1 000 riyals par mois (environ 270 dollars) dont 600 sont envoyés à sa famille restée au pays. Mais, avec la montée des prix, il a peur de ne plus pouvoir continuer ainsi. « Dans certains supermarchés, le prix du riz, des tomates et des oignons a augmenté (...) Là où je dépensais un riyal (...) j'en dépense dorénavant le double », déplore-t-il. Pour économiser de l'argent, l'électricien dit avoir réduit ses repas à un par jour.
Le cas de cet homme de 31 ans n'est pas isolé au sein de la communauté des travailleurs étrangers au Qatar.

À quelques pas de lui, un ouvrier du bâtiment bangladais s'offre une pause après avoir travaillé dans la matinée par 48°C. Anil, vêtu d'un bleu de travail, est employé sur un chantier où doivent se dresser cafés branchés, hôtels et bureaux, dans la perspective du Mondial de 2022. « Ici, tout le monde parle de ce problème (la crise) (...) Certains disent qu'il se peut qu'ils nous renvoient chez nous ! » s'inquiète l'homme de 32 ans. L'ouvrier dit payer aujourd'hui 18 riyals le kilo de pommes, contre sept avant la crise il y a une semaine.

Même si les responsables qataris ont jusqu'à présent minimisé les incidences économiques de la crise, sur les chantiers, l'inquiétude est réelle. « Je dois veiller sur mon père, mon frère, ma mère et mes sœurs, je leur envoie 500 riyals tous les mois », témoigne Nur-ul-Islam, un maçon bangladais de 26 ans. « Il y aura incontestablement des problèmes si cette crise se poursuit. »

 

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Si les riches expatriés auront pour la plupart les moyens de surmonter les effets de la crise diplomatique, son impact sur certaines franges de la population au Qatar s'est fait...
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