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Économie

Corruption : nouveau séisme pour le président Temer

Brésil
OLJ
19/05/2017

Les graves accusations de corruption visant le président brésilien Michel Temer ont provoqué hier une chute brutale des marchés, alors que les appels à la démission se multiplient contre le chef de l'État, qui devrait s'exprimer en fin de journée.
Signe de l'inquiétude des marchés, la séance de Bourse a été suspendue après une chute de plus de 10 % du principal indice brésilien et de quasiment 6 % du réal. À la fermeture des marchés, la Bourse cédait 8,8 %, dans ce pays frappé par une récession historique.
Plusieurs perquisitions ont été lancées dès les premières heures de la journée à Brasilia, Rio de Janeiro et Belo Horizonte (Sud-Est), après des révélations explosives publiées la veille sur le site du quotidien brésilien O Globo. De nombreux partis d'opposition ont aussitôt demandé la démission du président conservateur et des dizaines de manifestants défilaient dans la rue aux cris de « Temer dehors. »
À Brasilia, les réunions à portes closes se multipliaient hier au Congrès, avec de fortes rumeurs de divisions au sein de la base parlementaire du gouvernement. « La démission est le chemin le plus facile pour résoudre ce problème, mais la décision revient exclusivement au président de la République », a affirmé à des journalistes Ana Amélia, sénatrice du PP (centre-droit) qui se définit comme « indépendante » même si sa formation fait partie de cette base parlementaire.

Accord pour des pots-de-vin
Selon le journal O Globo, le président a été enregistré par un chef d'entreprise en train de donner son accord pour le versement de pots-de-vin pour acheter le silence d'Eduardo Cunha, ancien patron de la Chambre des députés, aujourd'hui en prison pour son implication dans le mégascandale de corruption Petrobras. O Globo révèle que M. Temer a rencontré le 7 mars Joesley Batista, un des propriétaires du groupe J&F, qui contrôle notamment le géant de la viande JBS. M. Batista s'est enregistré secrètement alors qu'il expliquait au chef de l'État qu'il versait des sommes d'argent à Eduardo Cunha pour acheter son silence. « Tu dois maintenir ça (les pots-de-vin) », a alors répondu le président Temer, sans savoir qu'il était en train d'être piégé par l'enregistrement de son interlocuteur.
L'onde de choc a aussi atteint un allié politique clé de M. Temer, l'influent sénateur Aécio Neves (centre-droit) et candidat malheureux de la dernière élection présidentielle. O Globo révèle que Joesley Batista a aussi remis aux autorités un autre enregistrement compromettant, dans lequel M. Neves aurait demandé 2 millions de réais (environ 644 200 dollars) de pots-de-vin. Les perquisitions d'hier matin ont ciblé plusieurs propriétés du sénateur, dont le mandat a été suspendu par la Cour suprême. Selon les médias brésiliens, le procureur général a demandé son arrestation, alors que sa sœur a déjà été interpellée à Belo Horizonte.
En 2014, M. Neves a perdu d'une courte marge au second tour de l'élection présidentielle face à Dilma Rousseff, réélue pour un second mandat avant d'être destituée en août 2016, pour maquillage des comptes publics. Dauphine de l'icône de la gauche Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010), lui-même visé par cinq procédures judiciaires dans le cadre du scandale Petrobras, Mme Rousseff a été remplacée, jusqu'à la fin du mandat fin 2018, par Michel Temer, qui était son vice-président et s'est depuis lancé dans une série de réformes d'austérité.
Les militants de gauche l'accusent d'avoir orchestré un « coup d'État », notamment avec Eduardo Cunha, pour prendre le pouvoir. C'est justement l'ancien chef des députés, parfois comparé à Frank Underwood, héros manipulateur de la série américaine House of Cards, qui risque de le précipiter indirectement dans sa chute.
Le journaliste qui a obtenu le scoop, Lauro Jardim, a expliqué à la radio CBN qu'il n'avait pas entendu personnellement les enregistrements, mais qu'il avait eu accès à « une description la plus détaillée possible ». Selon lui, ils ont été présentés aux autorités dans le cadre d'un accord avec la justice en échange d'une remise de peine.
L'entreprise JBS avait déjà défrayé la chronique en mars, pour son implication dans un scandale de viande avariée. Premier exportateur mondial de viande, le Brésil avait alors dû faire face à un embargo total ou partiel de la part d'une vingtaine de pays, avec de dures négociations à la clé pour obtenir la réouverture progressive des marchés.
Source : AFP

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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

DA LA CAVERVE D,ALI BABA... A LA CAVERNE D,ALI BABA !

NAUFAL SORAYA

Mais pourquoi s'étonne-t-on encore de la corruption des hauts responsables??? On n'arrive au pouvoir ou à un poste clé sans être corrompu ou avoir accepté un marché ou de servir un intérêt économique quelconque... Les idéaux et les belles causes n'existent plus depuis longtemps!!!

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