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La Dernière

Nisrine Hachem Agebäck, rire pour vivre libre

LIBAN POP

Si le rire est surtout un champ de liberté de pensée, alors Nisrine Hachem Agebäck a toujours été une femme libre. Libre de penser, de faire ses choix, de rire et de faire rire...

19/05/2017

Elle est née à Beyrouth, dans une maison où le rire était un moyen d'extérioriser les craintes et les angoisses. Un père conformiste, certes, mais généreux d'esprit, une mère professeure de français qui n'a jamais cherché à « marier » ses filles. Nisrine Hachem Agebäck se souvient : « Très jeunes déjà, nos parents avaient instauré la loi du "libre-échange". Nous échangions nos idées, nos tourments, nos fous rires et nos projets. Nos parents nous consultaient et guidaient nos choix en les respectant. Petite, je faisais déjà des imitations. J'avais des prédispositions à cause de mes cordes vocales asymétriques. C'est ainsi que j'ai grandi jusqu'à l'âge de six ans à Beyrouth, ensuite à Riyad jusqu'à l'âge de 13 ans. »

D'aucuns pourraient penser, Riyad ? Ville d'un abord difficile, restrictions et contraintes. L'animatrice nous rassure : « J'ai eu l'enfance et l'adolescence la plus heureuse. Au Lycée français, l'ambiance était saine, nos camarades de classe étaient de toutes nationalités et nous n'avions pas encore de critères de comparaison. Riyad était une ville qui répondait à nos attentes d'enfants. Il m'arrive souvent dans un moment de désarroi adulte de revenir dans ma tête à Riyad et de retrouver la paix. » Au seuil de son adolescence, la famille déménage à Montréal. Elle terminera sa dernière année scolaire à Beyrouth où elle obtient son bac.

 

 

Le destin sous un soleil d'été
La carrière de Nisrine Hachem Agebäck n'a pas toujours été une évidence. Ses études scolaires achevées, elle ne sait pas trop que faire et s'inscrit en Advertising et Marketing à la NDU. « Pour un cours en communication et média (on apprenait l'art du discours) le prof m'avait dispensée : "Je ne peux pas vous mettre plus que A++ !". J'avais obtenu la reconnaissance du most popular student sur une période de 10 ans. »

En 2004, son diplôme acquis sans grande conviction, elle obtient une position dans une grande agence de publicité, convaincue, pourtant, qu'elle ne voulait pas passer le restant de sa vie confinée derrière un bureau. « Je sentais qu'il y avait un volcan en moi. » Le moment « Nisrine » serait-il le fruit du hasard ? Un hasard ensoleillé semble-t-il! Ce sera derrière des lunettes de soleil et sous un chapeau de paille que son destin lui fera signe. Après avoir passé un après-midi entourée de sa bande de fidèles qui n'étaient jamais rassasiées des personnages qu'elle avait créés et qu'elle campait sans arrêt, elle est repérée. Certaines auraient aimé entendre : « Tu es la plus jolie fille de Beyrouth », mais elle se verra affublée d'un autre compliment : « Tu es la fille la plus drôle que j'ai jamais rencontrée. » Une phrase à laquelle elle n'accordera aucune importance jusqu'à ce coup de fil qui lui propose un casting pour un comedy show. La réaction du producteur se fera entendre trois semaines plus tard. Chadi Hanna au bout du fil lui dira : « On m'avait prévenu que tu étais talentueuse, mais tu dépasses toutes mes attentes. Tu es engagée. » Ovrira, émission culte de la chaîne OTV, lui ouvrira les portes de la célébrité. Le volcan pouvait déverser sa lave et le public se délecter. Elle le fera de 2009 à 2012, avant de quitter le Liban pour s'installer en Suède avec son époux.

 

Peut-on rire de tout ?
Le rire permet de relativiser des situations graves. Un divertissement qui mobilise les formes les plus diverses : le mot d'esprit, la caricature, l'ironie, le sarcasme et la raillerie. Mais peut-on rire de tout ?

Nisrine Hachem Agebäck, elle, rit de tout et de tout le monde en y mettant un maximum de subtilité sans jamais juger, blesser, ou manquer de respect. Ses personnages traversent la planète entière. Savoir arrondir le r pour l'accent africain, transformer le a en kha ou le prononcer avec une mouillure pour obtenir le ya turc ; singer le britannique en y mettant l'effet sérieux et sincère, jaser plutôt que de discuter à la manière québécoise, comme elle l'a si bien fait dans l'émission Lahoun w Bass en mars dernier ; mélanger trois langues dans le mauvais sens à la façon de la jeunesse libanaise, ou se prétendre détenteur d'un passeport américain quand on est élève à l'AUB. Faire prendre un café à l'égyptienne en visite chez Mme Norbert, résidente dans le triangle d'or, servi par une employée syrienne : autant de situations qui ne relèvent pas seulement de l'imitation, mais de la comédie et du théâtre avec toute la gestuelle requise et les mimiques que son joli faciès adopte bien. Car hormis le fait qu'elle soit talentueuse, Nisrine Hachem Agebäck est une femme qu'on a plaisir à regarder. Et son rire demeure l'expression d'une joie partagée, une joie de vivre.

 

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