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La Dernière

Parce que Clark rime avec Goldorak...

LIBAN POP

Il assure que son surnom, « Clark », renvoie à un oiseau... Sauf que la voix de Sami Hobeika, qui s'est récemment produit au MusicHall, a surtout la puissance d'un prince d'Euphor.

12/05/2017

Chanteur au grand cœur, qui a toujours mis sa célébrité au service de son pays, on dirait que Sammy Clark ressemble au personnage d'Actarus, prince d'Euphor, ce Goldorak (Grendizer en arabe) auquel il a longtemps prêté sa voix dans le doublage du dessin animé, et qu'il a présenté, live, cette année, au MusicHall...

Le public, toutes générations confondues, venu assister en grand nombre à sa prestation dans ce lieu inattendu, prouve que les Libanais ont la nostalgie du « sauveur » qu'incarne Sammy Clark. Ils ont la nostalgie de cette voix qui s'élève très haut pour défendre les valeurs humaines. Nostalgie également de l'interprète qui a représenté le pays aux quatre coins du monde durant les années 70 et 80. Qui a fait des tournées internationales et qui a été grandement récompensé et décoré. Et qui, par ailleurs, a créé le New Lebanon durant la guerre, organisant les abris et venant à l'aide des plus nécessiteux. Présent partout, il a prôné la chanson, mais aussi la paix, dans un pays longtemps tiraillé par les guerres.

 

L'art a ses frontières
À ses débuts, dix programmes à Télé-Liban, dont Pêle-Mêle (avec Pierre Gédéon), Juke Box, ou Mawahib wa noujoum, le propulsent au firmament des étoiles locales. Il pousse les jeunes talents à chanter au lieu de prendre le fusil. Il accumule, par la suite, récitals, voyages et émissions télévisées. Surfant sur neuf langues parmi lesquelles l'italien, le français, l'anglais, le russe et l'arménien, le crooner chante aussi en arabe. Il lui arrive même, grand cœur oblige, d'animer les événements organisés par diverses associations, faisant danser, pour leur plus grande joie, des plus jeunes aux plus âgés. Des engagements qui le rapprochent du peuple, de l'armée qu'il honore par des compositions musicales souvent grandiloquentes et des écoles où il enseigne aux jeunes élèves... l'hymne national.

L'artiste fait cependant une pause dans cette vie professionnelle et sociale chargée. Il se marie en 1990, et lorsque sa femme accouche de jumeaux, Sami Jr et Sandra, son devoir de père primant, il préfère rester proche de sa famille et voir grandir ses enfants. Ils baigneront dans une ambiance artistique. Sa fille travaille dans le graphisme, alors que son fils suit ses traces dans la musique. Le Grendizer reprend son envol, sans perdre son souffle, toujours plus haut, plus loin. Pour lui, l'art a des frontières. « Je suis un chanteur libanais qui a sa propre identité mais qui peut cependant briller internationalement », assure-t-il. Les festivals d'ici et d'ailleurs le connaissent bien pour avoir remporté de multiples prix (entre premiers, deuxièmes et troisièmes). En Grèce, Brésil, Bulgarie et Pologne, ou en Turquie, il lève haut le drapeau libanais.

 

 

 

 

843 chansons
Lorsqu'il est apparu pour la première fois sur scène, Sammy Clark a immédiatement étonné et séduit par son répertoire italien. « J'aimais beaucoup cette langue. » Chanteur romantique, crooner à loisir, il s'essaye par la suite à la variété anglaise et française. Parmi ses tubes les fameux Mori Mori et Take me With You. C'est plus tard que Clark, tentant l'expérience cinématographique, chantera en arabe. « Une belle expérience que je ne répéterai pourtant pas. Faire un film a retardé ma carrière musicale », regrette-t-il. Il se tourne alors vers la télévision, chante pour les dessins animés, Grendizer, naturellement, et L'île au trésor, ou les génériques de séries comme Li man Toghanni al-touyour. Sa voix puissante et mélodieuse est facilement reconnaissable. 843 chansons, composées par Élias Rahbani, Joseph Hanna, Wahid Azar, Georges Abdo, Jean Labaki, Ed Coleman et Serge Prisset, sont autant de tubes à succès qui jalonnent son parcours musical.


« J'ai 46 ans de carrière et mes chansons parlent souvent de thèmes sociaux : le don d'organes, les droits de la femme ou encore la Croix-Rouge, des chansons sociales engagées. » Avec feu Mike Hélou, il enregistre 30 hymnes pour l'armée. Il fera même partie du conseil d'administration de la Fidop en 1975, Fédération internationale des organisateurs de festival à Los Angeles, pour mettre en place des festivals à l'extérieur du Liban. Ainsi, grâce à cette fédération, Pascale Sakr, le Petit Prince, Abdo Mounzer, ou Joumana Medawar ont pu représenter leur pays à l'extérieur.
Répondant toujours à l'appel des autres, Sammy Clark se sent investi « non seulement d'une mission artistique, mais nationale ». Actuellement, le chanteur, qui aime particulièrement sa liberté, reprend la route. « L'expérience du MusicHall m'a beaucoup plu, avoue-t-il. Elle était très enrichissante, mais malheureusement, elle me confinait à un certain espace. Mais j'ai envie d'aller à la rencontre d'autres publics. Plus tard, peut-être, je reviendrai sur cette scène, me remettre à nouveau dans la peau de Grendizer. » Immortels Goldorak, et... Sammy Clark.

 

Pour mémoire

Le retour de Sammy Clark

 

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