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Moyen Orient et Monde

Trump et les Juifs américains : une relation suspicieuse

Éclairage

Le président américain a promis de combattre l'antisémitisme.

27/04/2017

Un proverbe dit « Les Juifs sont toujours unis comme les cinq doigts de la main ». Mais le fait que 31 % des Juifs américains (y compris les Juifs orthodoxes) aient voté pour le président Donald Trump révèle, selon les médias américains, que le nouvel hôte de la Maison-Blanche a divisé cette communauté, notamment dans son approche de la politique intérieure et non en ce qui concerne Israël. Le quotidien américain The Atlantic a publié, il y a trois semaines, un long article soulignant que Donald Trump a poussé certains Juifs américains à chercher une citoyenneté européenne. Précisant que « même les descendants de ceux ayant fui l'Allemagne, il y a des décennies, y retournent ». L'Allemagne, l'Espagne et le Portugal ont chacun leurs dispositions légales, permettant aux descendants des Juifs persécutés qui ont vécu dans ces pays de demander aujourd'hui la citoyenneté.

Par ailleurs, en novembre dernier, mois de l'élection présidentielle aux États-Unis, les demandes de citoyenneté israélienne (pour les Juifs américains qui ne la possédaient pas) sont passées, en un mois, de 136 à 320. Quant au jour même de l'élection, le 8 novembre 2016, le site de l'ambassade du Canada a eu une panne à cause du nombre élevé de demandes d'asile, notamment de la part de juifs américains.

Selon l'analyste d'un think tank, « le nombre croissant de Juifs américains désirant quitter l'Amérique pour une destination européenne est dû à plusieurs facteurs ». « Le plus dominant est la crainte pour leur devenir, précise l'analyste. Et quand on leur demande pour quel motif au juste, ils répondent Trump. »

 

(Pour mémoire : Trump appelle à retenir les leçons de l'Holocauste et à rester "vigilant")

 

D'après les médias des diverses communautés juives des États-Unis, et ils sont nombreux, même pour ceux qui ne sont pas en partance immédiate, cette option est toujours là. Et beaucoup de Juifs déclarent leur intention de quitter. Sarina Roffé, qui aide les familles juives séfarades à préparer leurs documents pour se rendre en Espagne et au Portugal, via le « Sephardic Heritage Project », explique : « Les gens m'ont contactée juste après les élections, disant : Je ne veux plus vivre ici, y compris des membres de ma famille. »

Ce malaise a été accentué lorsqu'il y a plus d'un mois, la Maison-Blanche avait évoqué l'Holocauste sans mentionner les Juifs, et M. Trump avait rabroué un journaliste israélien qui avait parlé d'une vague antisémite. À présent, le président américain veut rectifier le tir et s'est montré plus rassurant en déclarant, à plusieurs reprises, combattre fermement l'antisémitisme.

Ainsi, mardi dernier, le président américain s'est engagé à « combattre l'antisémitisme » sous toutes ses formes, visiblement désireux de tourner la page après une série de polémiques sur ce thème qui ont marqué son début de mandat.
« En tant que président des États-Unis, je serai toujours aux côtés du peuple juif et de notre grand ami et partenaire, l'État d'Israël », a-t-il affirmé lors d'une cérémonie du souvenir organisée au Congrès par le musée de l'Holocauste de Washington. « Nier l'existence de l'Holocauste est l'une des nombreuses formes de l'antisémitisme dangereux qui est toujours présent à travers le monde », a-t-il ajouté lors d'une cérémonie chargée d'émotion, en présence de survivants des camps de concentration. « Nous combattrons l'antisémitisme, je m'y engage », a-t-il ajouté, évoquant, entre autres, l'antisémitisme sur les campus universitaires ou dans les lieux publics.

 

(Pour mémoire : Quand le lobby juif s'adapte au monde de Trump)

 

Israël, juifs et musulmans
À noter que les Juifs américains étaient contre la décision de Trump d'interdire l'accès du pays aux citoyens de six pays musulmans, certains considérant qu'ils allaient être les suivants à subir ce traitement. Ce qui a poussé les fédérations juives de l'Amérique du Nord à lancer un appel baptisé « Never Again » et ainsi rédigé : « Ce "Never Again" (jamais plus) est plus qu'un slogan. Notre communauté doit s'opposer à cet interdit. Appuyez les droits de l'homme. »

Sur un autre plan, Israël et les juifs des États-Unis perçoivent négativement l'administration Trump, malgré les positions très positives qu'elle est en train de prendre concernant l'État hébreu. Ainsi, d'après la presse israélienne, vues de Tel-Aviv, les relations entre les deux pays sont au beau fixe. Mais la majorité des Juifs d'Amérique ne partagent pas cette perception, alors que 71 % d'entre eux ont voté pour Hillary Clinton. L'éditorialiste israélien, Lsi Leibler, a écrit : « Les leaders juifs américains libéraux ont déclenché une guerre hystérique contre l'administration de Trump ! » Les Juifs américains justifient cette ire, car ils blâment le milliardaire américain pour les menaces d'explosion des écoles et des centres juifs, et le vandalisme de leurs cimetières.

Que ces actes aient été commis aux États-Unis et non en Europe ou au Moyen-Orient semble alarmant. La presse israélienne a mentionné le violent appel du leader de l'opposition israélienne, Isaac Herzog, qui a conseillé au Premier ministre Netanyahu d'être prêt au cas où se déverseraient « des vagues d'émigrants juifs fuyant les incidents antisémites ayant lieu en Amérique ».

Aujourd'hui, quelques organisations juives américaines croient que si elles s'alignent avec les intérêts de groupes de musulmans américains et des Afro-Américains, ces minorités les défendraient si, à leur tour, elles encouraient un danger. De plus, fait remarquer une sociologue, ce genre d'alliance renforce leur image de persécutés.

 

 

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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

UNE RELATION QUI VA COUTER CHER A L,AXE PRETENDU MOUMANA3ISTE ! LA DONNE A CHANGE COMME PREVU ! LES DEPARTS SONT SUR LA LISTE ET LES PARACHUTES PRETS...

RE-MARK-ABLE

Le seul domaine où trump-pète n'osera pas changer de veste c'est l'appui au sionisme .

Partout ailleurs il a champ libre .

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