La Dernière

À Bruxelles, les serres royales de Laeken se dévoilent au printemps

Pendant ce temps, ailleurs...

Au moins 100 000 visiteurs, touristes étrangers ou Belges, sont attendus jusqu'au 5 mai.

OLJ
21/04/2017

Comme chaque printemps, les serres royales de Laeken, dont les élégantes voûtes métalliques et les espèces tropicales rares sont un objet de fierté nationale en Belgique, ont ouvert à Pâques leurs portes au public, pour trois semaines seulement. Au moins 100 000 personnes, des touristes étrangers mais aussi des foules de Belges, sont attendues jusqu'au 5 mai devant les grilles dorées du château de Laeken, dans le nord de Bruxelles.
L'engouement est tel que les visiteurs patientent souvent des heures avant de pouvoir entrer dans ce domaine royal, qu'il pleuve, vente ou fasse un soleil printanier. Déviés de l'imposante bâtisse classique où vivent aujourd'hui le roi des Belges, Philippe, la reine Mathilde et leurs quatre enfants, ils sont dirigés vers d'immenses coupoles en verre et en métal, où poussent – dans le calme et une douce moiteur – orangers, citronniers, palmiers, immenses fougères... mais aussi fuchsias, géraniums, camélias et azalées.
Édifiées entre 1874 et 1905, ces serres contemporaines de la tour Eiffel sont une initiative du roi Léopold II, à une époque où la Belgique, après quelques décennies d'indépendance, entendait s'imposer dans le concert des nations, forte de son industrie florissante et engagée dans sa conquête coloniale du Congo. Léopold II « a voulu exploiter l'idée tout à fait neuve, que rendaient possible les techniques modernes de l'époque, de construire avec de l'acier et du verre », rappelle Pierre-Emmanuel De Bauw, porte-parole de la Maison royale. « C'était un grand collectionneur de plantes, c'était aussi quelqu'un qui avait un intérêt très poussé pour l'architecture, donc il a voulu créer des serres pour assouvir ces deux passions, mais également pour les utiliser » pour des réceptions ou des conférences, explique Michel Dekens, le régisseur du domaine.
Le Jardin d'hiver, reconnaissable à sa couronne d'acier et de verre qui surplombe un immense dôme reposant sur des colonnes néo-classiques, « sert toujours pour des réceptions », souligne M. Dekens. Ainsi, cette semaine, « Philippe et Mathilde », comme les surnomment affectueusement les Belges, doivent accueillir dans ce décor tropical les principaux ambassadeurs étrangers du royaume.

Lointains descendants
Là, dans le Jardin d'hiver, trône discrètement le seul survivant des arbres plantés au moment de la construction de l'édifice, un oreopanax dactylifolius du Mexique, une espèce « rarissime » dont le feuillage vient chatouiller le dôme. « C'est l'avantage de cet arbre, on peut le retailler, tandis que les palmiers, quand ils atteignent le vitrage, on doit les abattre » pour éviter qu'ils n'abîment la coupole, raconte M. Dekens. Les palmiers de différentes hauteurs qui y poussent aujourd'hui sont issus de semis, lointains « descendants » des palmiers du Congo plantés à l'époque de Léopold II, selon M. De Bauw. La quinzaine de jardiniers qui travaillent à l'année dans les serres « tentent de préserver l'esprit initial », assure-t-il.
Léopold II était passionné de camélias, et certains arbustes qu'il a acquis vivent toujours, âgés de deux cents ans. L'Orangerie, par laquelle débute la visite, conserve quelques orangers centenaires. Depuis quelques semaines, comme à chaque printemps, la floraison est montée et les serres ouvrent au public au moment où presque toutes les espèces représentées sont en fleurs : géraniums grimpants, qui tapissent des galeries entières, hortensias plantés en bordure d'escaliers, azalées roses, blanches, jaunes, mauves...
Comme en témoignent deux « cheminées » élancées rappelant la forme d'un minaret, les serres sont chauffées au mazout, grâce à un circuit d'eau chaude, d'octobre à mi-avril. Depuis quelques années, des efforts sont faits pour éviter tout gaspillage énergétique inutile, par exemple en baissant la température dans les serres tropicales à 10-12 degrés. « On essaie d'être le plus respectueux possible de l'environnement par rapport aux quantités de mazout qu'on va utiliser », précise M. Dekens.

Pour toutes informations : www.monarchie.be

Alix RIJCKAERT/AFP

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