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Moyen Orient et Monde - France

La présidentielle française à nouveau rattrapée par le terrorisme

À cinq jours du scrutin, l'attentat déjoué hier à Marseille et attribué à des sympathisants de l'EI remet la sécurité sur le devant de la scène.

Le procureur de Paris, François Molins, s’adressant à la presse, hier, à Paris. Martin Bureau/AFP

À quelques jours du premier tour de la présidentielle française, le 23 avril, il semblerait que la campagne électorale n'en soit pas à son dernier rebondissement. La question sécuritaire s'y est à nouveau invitée hier en force à l'occasion d'un attentat déjoué à Marseille. Deux hommes soupçonnés de préparer un attentat « imminent » ont été arrêtés dans la grande ville du sud de la France. Les deux suspects, de nationalité française, Clément B., 22 ans, et Mahiedine M., 29 ans, se préparaient à mener « une action violente, de manière imminente, sur le territoire français, sans qu'on puisse déterminer avec précision le jour, la ou les cibles visée(s) », a annoncé le procureur de Paris, François Molins, lors d'une conférence de presse, hier soir. Les deux hommes ont été arrêtés en possession de trois kilos d'explosifs de type TATP, d'armes et d'un drapeau de l'organisation jihadiste État islamique. Une tentative d'attentat qui revêt un aspect symbolique, à quelques jours du scrutin.

Selon des sources proches de l'enquête, le candidat de la droite, François Fillon, était une de leurs cibles potentielles, et la sécurité de l'ancien Premier ministre a été renforcée, comme celle de ses principaux adversaires. Les équipes de François Fillon, de Marine Le Pen et d'Emmanuel Macron auraient d'ailleurs été prévenues la semaine dernière, d'après leurs porte-parole. L'attentat viserait ainsi directement les candidats en campagne. Une première, selon Pierre Conesa, ancien haut fonctionnaire du ministère de la Défense, interrogé par L'Orient-Le Jour. « Le seul précédent historique est l'attentat du petit Clamart contre le général de Gaulle (en 1962). Mais il n'y avait pas de contexte électoral à ce moment-là », dit-il. Sur les cinq derniers attentats déjoués en 2017 et les 17 déjoués en 2016, aucun n'avait visé des responsables politiques. « La seule violence à laquelle on s'était habitué (dans les campagnes électorales) était celle des entartrages de farine », rappelle l'ancien haut fonctionnaire.

 

(Repère : Les principales actions islamistes radicales visant militaires et policiers en France)

 

 

Une campagne à l'ombre de l'état d'urgence
Dans ce contexte de risque terroriste, le scrutin présidentiel des 23 avril et 7 mai représente, selon Pierre Conesa, le « cadre rêvé pour un attentat à fort impact médiatique ». Les dispositifs de sécurité avaient d'ailleurs été renforcés tout au long de la campagne, dans le cadre de l'état d'urgence. Depuis l'attentat contre Charlie Hebdo en janvier 2015, 7 000 militaires sont déployés en permanence sur le sol français, via l'Opération sentinelle. Après l'attentat déjoué d'hier, le ministre de l'Intérieur, Matthias Fekl, a annoncé une nouvelle augmentation. Plus de 50 000 policiers et soldats, appuyés par des militaires, seront mobilisés pour assurer la sécurité du scrutin. « Tout est mis en œuvre pour assurer la sécurité de ce rendez-vous majeur » qu'est l'élection présidentielle, a assuré le ministre. Un dispositif vigoureux qui a remis la question sécuritaire au centre du débat électoral.

Alors que les opérations policières étaient encore en cours, les réactions politiques n'ont pas tardé à se faire entendre. L'entourage de François Fillon, qui a tenu un meeting à Marseille le 11 avril, a confirmé qu'il avait bien été informé « de risques avérés » le concernant. Une de ses porte-parole, Valérie Boyer, a déclaré à BFM-TV qu'il était visé en raison de ses prises de position contre le « totalitarisme islamique ». « Si c'est le cas, ça ne me fera pas reculer d'un centimètre carré », a dit le candidat à la presse en marge d'un déplacement. Côté Front national, on soulignait que « le fait que les deux individus aient été interpellés à Marseille alors que Marine Le Pen y tient un meeting le lendemain (ce mercredi) n'est peut-être pas un hasard ». Une récupération sans surprise, selon l'ancien haut fonctionnaire Pierre Conesa, qui voit dans cette tentative d'attentat un bouleversement de plus dans une campagne déjà intense. « Cet événement va permettre à chaque candidat de se mettre en avant : tantôt pour condamner le bilan sécuritaire de François Hollande, ou pour se faire guerrier dans la lutte antiterroriste », explique-t-il.

 

 

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