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Économie

Loin de la City, la finance britannique s’inquiète pour ses emplois

Focus
OLJ
28/03/2017

Dans le quartier moderne des affaires de Manchester, le Brexit est dans tous les esprits, illustrant les doutes des 2,2 millions de salariés du secteur financier du Royaume-Uni, qui s'interrogent pour leur avenir.
Souvent réduit à la célèbre et puissante City de Londres, le monde financier britannique essaime à travers l'ensemble du pays, représentant l'un des secteurs les plus importants de l'économie. Au cœur de Spinningfields, quartier du centre-ville de Manchester rénové ces vingt dernières années, la sortie de l'Union européenne (UE), dont le processus doit être déclenché demain, fait craindre le pire. « Cela va avoir un gros impact ici et pour l'ensemble du Royaume-Uni. Des entreprises vont partir et il va y avoir beaucoup de pertes d'emploi », lance, inquiet, Mohammad, salarié d'une société d'assurances, qui ne souhaite donner que son prénom.
Dans cette mini-City, derrière les grandes façades de verre des immeubles ultramodernes qui abritent les grands noms de la finance britannique, le Brexit inquiète d'abord les sociétés présentes à l'international. « Nous sommes évidemment un peu nerveux sur le résultat, mais nous sommes confiants sur la capacité à obtenir un accord. C'est encore un peu tôt, mais si nous sommes affectés, nous le serons comme Londres », souligne Fraser Morris, un responsable de la banque privée luxembourgeoise Brown Shipley.
Plus optimiste, Jacob, jeune Polonais travaillant pour RBS, doute que « l'impact soit aussi fort qu'à Londres » pour cette grande ville du nord de l'Angleterre, car « Manchester est plus dépendante des entreprises locales ».

Centre financier international
L'industrie financière emploie 2,2 millions de personnes dans le pays, soit 7 % des salariés britanniques, que ce soit dans la banque, l'assurance et les services associés, selon une étude publiée récemment par le lobby bancaire TheCityUK. Londres en regroupe 750 000 : ses gratte-ciel accueillent les sièges de grandes banques britanniques et internationales, dans la City historique ou dans le quartier d'affaires plus récent de Canary Wharf. Le reste du Royaume-Uni regroupe donc la majorité de ces salariés, soit 1,5 million.
Bristol (Sud-Ouest) abrite le groupe de services financiers Heargreaves Lansdown, Birmingham (centre) le siège de la banque de détail britannique du géant HSBC, tandis que Halifax (Nord) a donné son nom à une banque. L'Écosse, qui se dirige vers un nouveau référendum sur son indépendance, accueille deux des plus grands gérants d'actifs du pays, Standard Life et Aberdeen Asset Management qui sont sur le point de fusionner. Au total, 21 villes dans le pays sont dotées de plus de 10 000 personnes travaillant dans le secteur.
En tant que « joyau de la couronne », la capitale concentre tous les regards « mais le centre financier international, c'est Londres et le Royaume-Uni », explique à l'AFP Gary Campkin, un responsable de TheCityUK.
Les enjeux en termes d'emplois font porter une lourde responsabilité au gouvernement à l'approche des négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l'UE. « Est-ce que cela va coûter des emplois ? Personne ne sait ce qui va se passer », souligne M. Campkin, alors que le secteur a déjà perdu des dizaines de milliers de postes à la suite de la crise financière internationale de 2008-2009.
Le gouvernement de Theresa May a promis une sortie du marché unique et donc, pour le secteur financier, la perte du passeport européen qui permet aux établissements britanniques de proposer leurs services en Europe. « Si les choses se passent bien (...), il n'y aura pas trop de pertes d'emplois, mais si les choses se passent mal, le chiffre effrayant de 240 000 peut donner une idée de ce qui est en jeu », en partant du principe qu'environ 10 % des effectifs seraient concernés, note Keith Pilbeam, professeur d'économie à la City University de Londres.
Plusieurs grandes banques comme HSBC ont déjà prévenu qu'elles étaient prêtes à déplacer des emplois hors du Royaume-Uni, y compris avant la fin des discussions sur le Brexit, qui doivent durer deux ans.

Roland JACKSON, Jean-Baptiste OUBRIER/AFP

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