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Économie

La Régie justifie la hausse des prix du tabac

Liban - Commerce
OLJ
23/03/2017

Suite à la hausse du prix du paquet de cigarettes de 250 livres et celle du cigare de 500 livres, décidée jeudi par la Régie des tabacs et tombacs, cette dernière a tenu hier une conférence de presse pour justifier sa décision, prise le même jour que l'adoption par le Parlement de 8 nouvelles taxes prévues par le projet de loi de financement de la nouvelle grille des salaires. Parmi elles, une taxe sur les cigarettes de 250 livres, ainsi qu'une taxe de 500 livres sur la boîte de cigares, au format non spécifié.
Mais la décision parlementaire n'aura de force exécutoire qu'après l'adoption éventuelle de l'ensemble du texte et sa publication au Journal officiel, alors que celle de la Régie, qui détient le monopole de la vente de tabac au Liban, a été appliquée immédiatement. En se basant sur les 475 millions de paquets de cigarettes vendus en 2016, la seule vente de cigarettes rapporterait 80 millions de dollars de recettes supplémentaires par an. Cependant, tant que la hausse des taxes n'est pas exécutoire, ces recettes ne renfloueront pas le Trésor. Pendant cette période transitoire, il s'agit plutôt d'une « hausse des marges de la Régie », avait confirmé lundi son secrétaire général, Georges Hobeika, à L'Orient-Le Jour.
Selon son directeur général Nassif Saklawi, si la Régie a demandé l'accord du ministère des Finances pour cette hausse préventive des tarifs, c'est que les deux autres options qui s'offraient à elle comportaient des effets pervers. Première option : « L'arrêt de l'approvisionnement du marché en attendant que les taxes soient implémentées, ce qui aurait eu pour effet de décourager les commerçants à vendre leurs stocks », a souligné Nassif Saklawi au cours de sa conférence de presse. Seconde option : « Continuer à approvisionner le marché avec les anciens prix, ce qui aurait conduit au stockage (par les commerçants) de quantités importantes en attendant que la loi soit effective » pour dégager plus de marge lors de la revente, a-t-il ajouté. Une fois que le vote par le Parlement de la taxe sur la cigarette sera officialisé, la Régie décidera si elle maintient ou pas la hausse mise en place la semaine dernière, avait confié lundi Georges Hobeika à L'Orient-Le Jour.
Mais pour l'économiste Jassem Ajaka, « la Régie corrige une erreur par une autre erreur. Le décret législatif 73/83 interdit le stockage excessif, la spéculation et la concurrence déloyale. La direction de la protection du consommateur (ministère de l'Économie) est là pour appliquer la loi ». Selon Jassem Ajaka, « le fait que la Régie fixe les prix revient à une violation des mécanismes de marché. Le seul outil dont l'État dispose pour agir sur les prix, ce sont les impôts, qui sont décidés par le Parlement ».

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