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Moyen Orient et Monde

Les Casques blancs se disent prêts à participer à la reconstruction du pays

Guerre de Syrie, an VI - Entretien
15/03/2017

Mohammad Farès, responsable média de la Défense civile syrienne (DCS), dont les éléments sont surnommés Casques blancs (CB), résume pour L'Orient-Le Jour l'évolution de l'organisation au cours des cinq dernières années du conflit syrien.

Qui sont-ils ?
Basée sur le bénévolat, la DCS a été créé fin 2012, début 2013 à Alep. Dès le début, malgré le manque de matériel et sans quartier général, le souci premier est de sortir les gens de sous les décombres. Avec le temps, elle établit un contact permanent avec des organisations bénévoles déjà existantes en Syrie et qui ont pu lui fournir le matériel nécessaire pour sa mission. Ces groupes disséminés commencent à s'unir et finissent par former une seule et même organisation de 25 membres au tout début de 2013, avant de suivre une formation en Turquie. Ces mêmes personnes forment à leur tour d'autres personnes en Syrie, et ainsi de suite.

Fin 2014, une première rencontre annuelle de tous les membres de la DCS venus des 120 centres existants a lieu, rassemblant quelque 2 000 volontaires. Depuis, en fonction des évolutions sur le terrain, certains centres ont disparu, ont été réduits ou au contraire se sont développés. À l'heure actuelle, il y a un peu plus de 3 000 volontaires et 119 centres actifs. Deux nouveaux centres devraient voir le jour ce mois-ci. Il y a neuf administrations dans huit provinces (Idleb, Alep, Homs, Hama, Lattaquié, périphérie de Damas, Rif de Damas et Deraa). En ce moment, il n'y a pas de formations à l'étranger, elles se font dans les centres en Syrie qui sont gérés par le siège principal dans le nord du pays. Cette année, il y aura six centres de formation officiels. « En 2016, on avait 12 centres uniquement pour les volontaires femmes. Cette année, on aura encore plus, surtout pour organiser des campagnes de sensibilisation à travers le pays », annonce fièrement Mohammad Farès.


(Lire aussi : Guerre en Syrie An VI : que reste-t-il de l’État syrien ?)

 

À quels obstacles font-ils face ?
La DCS est une organisation neutre et se targue de porter secours à tous et à toutes, quels que soient leur bord, régime, opposition ou autre. D'une certaine manière, les membres de l'organisation sont plus ou moins acceptés, mais font face à des obstacles particulièrement difficiles à surmonter, notamment du côté du régime. En 2015 et 2016, la DCS accède à la notoriété, devient le sujet de films et documentaires. Parallèlement, ses éléments sont de plus en plus souvent victimes de ce qu'on appelle la « double frappe », à savoir un premier bombardement, puis un second une fois les secours arrivés, tuant souvent les secouristes. « On a ainsi perdu 165 membres, pour la grande majorité dans des bombardements et des doubles frappes », souligne le responsable média de l'organisation. Selon lui, lors de la bataille d'Alep, plusieurs membres de l'organisation ont été la cible de francs-tireurs à des barrages du régime. Certains ont été enlevés et contraints de faire de fausses déclarations clairement sous la menace.

En outre, de nombreuses histoires circulent sur la neutralité supposée des Casques blancs, accusés d'être à la solde de groupes terroristes, d'être financés par eux, etc. Mais des histoires circulent également sur le fait qu'ils ont aidé des soldats loyalistes... Pour Mohammed Farès, cela fait partie de la « propagande du régime et de ses alliés », comme la Russie, pour détériorer l'image des Casques blancs. « Nous n'avons pas de présence dans les zones gérées par le régime syrien, qui nous combat sur le terrain et dans les médias. Il n'a pas besoin de nous. Les combattants loyalistes qu'il nous est arrivé d'aider se trouvaient dans des zones de combats », tient-il à préciser.

 

(Lire aussi : « En Syrie aujourd'hui, tout est détruit, même les gens »)

 

Des projets médiatiques futurs ?
Actuellement, plusieurs projets (films, documentaires ou autres) concernant les Casques blancs sont en chantier. L'un de ces projets est la compétition Qomra 2, une émission particulièrement appréciée au Moyen-Orient et présentée par Ahmad Choukeiri (il s'agit d'une compétition panarabe de films qui permet de gagner plusieurs prix, le premier étant de 2 millions de riyals saoudiens, soit plus d'un demi-million de dollars).

Quels espoirs pour l'avenir ?
« Évidemment, nous souhaitons l'arrêt des violences et des combats sur l'ensemble du territoire syrien », répond sans hésiter Mohammad Farès. Il affirme que l'organisation est prête à participer à la reconstruction du pays, dévasté par la guerre, sous l'égide d'un gouvernement stable qui répond aux attentes du peuple syrien et qui représente toutes les factions de la société. « Notre vision postguerre se limite à la reconstruction des infrastructures, de la société, des institutions, sans affinité politique aucune », souligne le jeune homme.

 

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aliosha

Où sont-ils ces voyous ? A Homs , a Palmyre , a Deraa , a Deir el Zor a Damas etc. eh bien NON ...ils sont là où se trouve daech et cie. Pour ce qui est leurs sieges voir Turquie et Istamboul et bien entendu les pays du golfe et l'Arabie Seoudite . Du moins ils ont pas eu le toupet de se presenter a la disribution des prix de documentaires !!

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