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Nos lecteurs ont la parole - Par Salim F. Dahdah

Ces désillusions dramatiques dans un corps malade...

Après la longue attente qui a précédé l'élection présidentielle et la mort lente des institutions qui a accompagné ces longs moments, le choix s'est enfin fixé sur la personnalité du général Michel Aoun pour remplir cette fonction essentielle dans la pyramide nationale. Une décision rendue possible, du fait du ralliement régional autour de la personne du général des deux axes qui s'opposaient depuis le début de la guerre en Syrie ainsi que de leurs représentants sur la scène interne libanaise.
La République s'est donc remise en marche avec tous les intervenants et acteurs qui ont toujours rempli l'espace politique de ce pays, le vent d'un grand retour de la vie démocratique a soufflé et la presse écrite et télévisée s'est faite le porte-parole de ce sentiment d'optimisme et de cette habileté au changement. Mais très vite les premières difficultés ont commencé à poindre et à perturber l'action de tous et de chacun, la cause principale provenant de l'incapacité des politiques à se mettre d'accord pour choisir une nouvelle loi électorale en remplacement de celle qui existe aujourd'hui et qui est élimée, injuste et largement dépassée. Mais cette première épreuve est en fait de taille, car le régime actuel ne pourrait réellement commencer à gouverner qu'après les prochaines élections législatives et l'arrivée d'un groupe parlementaire homogène et majoritairement favorable au président de la République...
Le gouvernement est donc réduit, en attendant, à faire de la « figuration » malgré la participation de personnalités de qualité en son sein ! Sauf qu'il s'est empressé de signer et d'approuver allègrement, le 4 janvier passé, les deux décrets pétroliers que le précédent gouvernement s'était abstenu de faire pendant trois ans. Il semble qu'il ait agi avec légèreté, s'il faut en croire la lettre adressée au ministre de l'Énergie et de l'Eau, César Abi Khalil, par le spécialiste libanais et international des affaires pétrolières, Nicolas Sarkis, et cosignée par un panel de personnalités libanaises. Les questionnements y contenus ainsi que la réponse de monsieur le ministre mériteraient, dans un esprit de transparence et de bonne gouvernance, et en conformité avec le nouveau décret approuvé par le gouvernement, de donner le droit aux citoyens d'accéder aux informations relatives à des dossiers en cours dans le domaine public, d'être soumis au ministère d'État contre la corruption pour y être étudiés.
Entre-temps, c'est une valse inachevée qui marque les discussions entre les différents groupes parlementaires, avec malheureusement les premiers dérapages constitutionnels, et le refus du président de la République de signer la convocation aux urnes, signée par le ministre de l'Intérieur et contresignée par le Premier ministre. À ceci vient s'ajouter la déclaration accordée par le président à une chaîne de télévision égyptienne, lors de son voyage officiel au Caire, qui est une erreur d'expression grave et qui transgresse son rôle constitutionnel de se maintenir à égale distance de toutes les composantes nationales ; le résultat ne s'est pas fait attendre, Hassan Nasrallah a aussitôt profité de cet écart pour détruire en quelques minutes, au travers d'un discours virulent, tous les effets positifs de la visite officielle et pleine de promesses du président en Arabie saoudite, et qui plus est a été jusqu'à l'associer ainsi que tout l'État libanais à ses menaces contre Israël, avec toutes les conséquences graves qui pourraient en découler.
Dans cette passe d'armes feutrée et délicate, toutes les composantes politiques, alliées et opposantes, ont intérêt à se rappeler que le général-président n'est plus le chef du CPL ;
s'il a pris des engagements clairs dans son discours d'investiture, il ne saurait certainement pas faillir à ses promesses. Or cette dernière initiative de Hassan Nasrallah est grave et inquiétante, car elle appelle le président de la République à réagir puisqu'elle sape ouvertement sa politique étrangère et le met devant le fait accompli en l'engageant carrément à prendre fait et cause avec l'axe que représente le Hezbollah, une démarche qui pourrait, si elle venait à se réaliser, amener le Président à faire un faux pas tragique qui pourrait être fatal à une République qui n'est pas encore sortie de la salle des soins intensifs.
Le général est peut-être pour la première fois aujourd'hui confronté à un test de vérité, dans ses rapports avec le parti de Dieu ; il devra trancher en s'émancipant de cette mainmise et en essayant d'amener ledit parti à respecter ses choix nationaux et à faire allégeance au seul État libanais. Cette décision est vitale. C'est uniquement ainsi que son régime survivra, et avec lui la nation du vivre-ensemble, plurielle et souveraine...!

Après la longue attente qui a précédé l'élection présidentielle et la mort lente des institutions qui a accompagné ces longs moments, le choix s'est enfin fixé sur la personnalité du général Michel Aoun pour remplir cette fonction essentielle dans la pyramide nationale. Une décision rendue possible, du fait du ralliement régional autour de la personne du général des deux axes qui s'opposaient depuis le début de la guerre en Syrie ainsi que de leurs représentants sur la scène interne libanaise.La République s'est donc remise en marche avec tous les intervenants et acteurs qui ont toujours rempli l'espace politique de ce pays, le vent d'un grand retour de la vie démocratique a soufflé et la presse écrite et télévisée s'est faite le porte-parole de ce sentiment d'optimisme et de cette habileté au changement. Mais...
commentaires (4)

N'est pas De Gaulle qui veut. Il est impossible de comparer un aigle des cimes avec un moineau.

Annie

15 h 59, le 02 mars 2017

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Commentaires (4)

  • N'est pas De Gaulle qui veut. Il est impossible de comparer un aigle des cimes avec un moineau.

    Annie

    15 h 59, le 02 mars 2017

  • AUCUN CORPS NE PEUT SE REMETTRE QUAND IL EST ATTEINT DE GANGRENE S,IL NE COUPE PAS A TEMPS LE MEMBRE INFECTE !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    12 h 38, le 02 mars 2017

  • Le Maréchal avait été, dans les faits, confronté à un test de vérité dans ses rapports avec le parti nazi.... Il devait trancher comme l'avait fait le Général De Gaulle, en s'émancipant de cette mainmise et en essayant d'amener ledit parti à respecter ; au moins ; ses engagements envers une partie de la France selon lesquels cette partie resterait "Libre" par rapport à "l'autre" considérée comme Zone Occupée. Cette décision était vitale ! C'était uniquement ainsi que son régime aurait pu un tant soit peu être considéré plus tard ; plus ou moins ; comme ayant été pas complétement Collaborationniste, et aurait pu alors sauver la face devant la Nation France et sa Très Grande Histoire !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    10 h 07, le 02 mars 2017

  • "Car le régime(?!) actuel ne pourrait réellement commencer à gouverner qu'après les prochaine législatives et l'arrivée d'un groupe parlementaire majoritairement favorable au président.... boSSfééér." ! Pourquoi donc ? La Cohabitation existe quand même ! Même en France....

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    04 h 18, le 02 mars 2017

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