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Liban - Grille des salaires

Grève et sit-in de fonctionnaires et d’enseignants devant le Sérail aujourd’hui

Les prémices d'une épreuve de force entre les syndicats et le gouvernement commencent à apparaître.

Le Conseil des ministres reprendra cet après-midi l'examen du projet de budget 2017, sur fond de grève et de manifestations, organisées à l'initiative du Comité de coordination syndical, par les fonctionnaires du secteur public et les enseignants qui protestent ainsi contre les atermoiements au niveau de l'adoption d'une nouvelle grille des salaires qu'ils réclament depuis cinq ans.

Les enseignants du cycle secondaire public ont annoncé une grève générale aujourd'hui, mercredi, et demain, jeudi. Ils doivent en outre prendre part au sit-in prévu à 15h 30, place Riad el-Solh, au moment où le Conseil des ministres sera en réunion. Leurs collègues du secteur privé doivent se joindre à eux, mais les directions des écoles ont fait savoir qu'elles ne sont pas concernées par le mouvement de protestation et qu'elles ne toléreraient pas une grève générale prévue par les syndicats si jamais l'État dissociait la grille des salaires du projet de budget sous étude et ne donne pas une suite favorable à leurs revendications.
Sauf que le Conseil des ministres évite de se prononcer sur l'intégration de la nouvelle grille des salaires des fonctionnaires dans le projet de budget. Plusieurs partis politiques, notamment le courant du Futur, que préside le Premier ministre, Saad Hariri, sont pour une dissociation des deux, ce qui permettra de supprimer les 1 200 milliards de livres prévues dans le projet de budget pour le financement des majorations salariales prévues, à travers de nouvelles mesures fiscales. Cette somme est supposée financer pour une année seulement les majorations prévues, mais une mesure pareille risque cependant de renvoyer le dossier de nouveau aux calendes grecques et de générer un nouveau bras de fer entre les syndicats et le gouvernement.

 

(Pour mémoire : La grogne sociale monte à l'aune de l'examen du projet de budget)

 

Les prémices d'une épreuve de force à ce niveau sont apparues hier à la faveur des prises de position des uns et des autres. Le chef du gouvernement, Saad Hariri, qui recevait les organismes économiques (voir page 8), a laissé entendre qu'il ne suffit pas d'assurer de nouvelles recettes pour financer la nouvelle échelle des échelles des salaires, mais qu'une série de réformes administratives doivent être engagées en même temps. « Sans ces réformes et l'engagement à les mettre en œuvre, la grille des salaires ne peut être approuvée car il n'est pas possible d'augmenter les émoluments des fonctionnaires sans améliorer la productivité du secteur public et de l'administration », a-t-il insisté. Or, il n'est pas question pour l'État, plongé dans les préparatifs des législatives et l'examen du projet de budget, de s'attaquer pour le moment simultanément à la réforme d'une administration minée par la corruption, de l'aveu même des membres du gouvernement.

Du côté des syndicats, on rejette aussi bien un renvoi de ce dossier qu'une augmentation des taxes dont la mise en vigueur risque de provoquer une inflation et qui, au final, va finir par neutraliser les effets des majorations accordées. Les syndicats insistent à leur tour, au même titre que les organismes économiques d'ailleurs, sur le lancement d'une réforme administrative qui commencerait par l'arrêt du gaspillage et la rationalisation des dépenses, sans pour autant céder sur leurs revendications. Ils considèrent la majoration promise comme un droit acquis. Les syndicats des fonctionnaires réclament notamment un rééquilibrage des salaires et des indemnités de fin de service au sein de l'administration, suivant les mêmes critères pour tout le monde, en dénonçant des « différences salariales énormes et injustifiées ».

Acculé au pied du mur, le gouvernement pourrait renvoyer la balle dans le camp du Parlement. Le président de la commission parlementaire des Finances et du Budget, Ibrahim Kanaan, lui a tendu la perche, hier, en précisant qu'à la base, l'échelle des salaires, approuvée par le gouvernement Mikati qui l'a par la suite soumise au Parlement, n'avait pas été intégrée au projet de budget et que son financement avait été prévu dans le cadre des réserves du budget. Selon lui, même si le gouvernement l'approuve, elle ne sera pas exécutoire tant qu'elle n'a pas été adoptée par le Parlement.

 

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Le Conseil des ministres reprendra cet après-midi l'examen du projet de budget 2017, sur fond de grève et de manifestations, organisées à l'initiative du Comité de coordination syndical, par les fonctionnaires du secteur public et les enseignants qui protestent ainsi contre les atermoiements au niveau de l'adoption d'une nouvelle grille des salaires qu'ils réclament depuis cinq ans.
Les...

commentaires (1)

Fonctionnaires et enseignants nous rappellent cette ère communiste révolue , ou les gens pouvaient manifester , mais ne pouvaient absolument rien faire .

Antoine Sabbagha

12 h 40, le 22 février 2017

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Commentaires (1)

  • Fonctionnaires et enseignants nous rappellent cette ère communiste révolue , ou les gens pouvaient manifester , mais ne pouvaient absolument rien faire .

    Antoine Sabbagha

    12 h 40, le 22 février 2017

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