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conférence de presse

« Pas d’alternative aujourd’hui au régime syrien », estime la présidente du FN

Une manifestation a été organisée contre Marine Le Pen à Zaytouna Bay où la présidente du Front national était supposée tenir une conférence de presse. Aziz Taher/Reuters

La dernière activité au Liban de Marine Le Pen aurait pu se faire sous les huées. Une petite manifestation organisée par des partis de gauche libanais a en effet eu lieu en début d'après-midi à l'entrée du Yacht Club de Zaytouna Bay où la présidente du Front national devait tenir une conférence de presse. Les manifestants brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire les slogans suivants : « Nous avons déjà assez de déchets ici » ou bien « Les fascistes dehors ! ».
Interrogé par L'Orient-Le Jour, Marwan el-Khazen, membre d'un groupe de gauche, explique sa présence en ces termes : « Nous nous opposons à toute la politique de Marine Le Pen, intérieure et extérieure. Et notamment au fait qu'elle se soit rapprochée de régimes hostiles dans notre région, que ce soit la Syrie de Bachar el-Assad ou Israël. »
Une heure après cette manifestation, et loin de Zaytouna Bay, c'est dans un salon du Smallville Hotel que Marine Le Pen s'est en fait exprimée devant les journalistes, avant de repartir pour la France. Elle rappelle d'abord qu'il existait « des liens très forts entre le Liban et la France », « des liens culturels mais aussi des liens qui se sont tissés dans le combat pour la liberté, pour l'indépendance du Liban, puis pour la préservation de sa sécurité et de sa souveraineté ».
Interrogée sur les raisons de sa venue au Liban, elle indique avoir voulu donner « une nouvelle vigueur » aux liens qui unissent « les pays qui ont le français en partage », avant de revenir sur l'incident du matin même chez le mufti de la République, le cheikh Abdellatif Deriane. Alors qu'une rencontre était prévue avec le mufti, Marine Le Pen, refusant de porter le voile pour discuter avec le dignitaire religieux, est repartie sitôt arrivée. « J'ai indiqué aux services du mufti que je ne souhaitais pas être voilée. Ces derniers auraient pu nous dire que, dans ces conditions, ils ne maintenaient pas la visite. Ce n'est pas ce qui a été dit. (...) Je respecte le grand mufti. J'ai de la considération pour lui. C'est la raison pour laquelle je souhaitais le voir, mais je refuse de me voiler. (...) Je pensais que le maintien de cette visite de sa part était une acceptation de cette condition. Ce n'était pas le cas. » Elle rappelle à nouveau qu'elle n'avait pas porté le voile durant sa visite au cheikh d'al-Azhar au Caire, « la plus haute autorité sunnite du monde ». « Je considère que le voile est un symbole de soumission de la femme », dit-elle encore aux journalistes, avant de clore le débat par ces mots : « Je note que lorsque Marine Le Pen refuse le voile, on voit cela comme étant critiquable, mais lorsque Michelle Obama en Arabie saoudite refuse de le mettre, on trouve cela admirable. »
Sur le dossier syrien, Marine Le Pen souligne qu'elle ne soutient pas directement Bachar el-Assad « dans la forme », puisqu'elle ne l'a « jamais rencontré, à la différence de moult représentants politiques français ». Cependant, pour elle, « dans l'état actuel des choses, et dans l'intérêt de la France (...), il n'existe pas aujourd'hui d'alternative au régime syrien ». Quant au sort des chrétiens d'Orient, elle maintient les propos qu'elle avait déjà tenus à L'Orient-Le Jour dans notre édition d'hier, c'est-à-dire le refus de les accueillir en tant que « réfugiés », mais bien de les aider à rester en toute liberté sur leurs terres. Pour elle, ce raisonnement s'applique aussi pour les chrétiens de Palestine. Elle rappelle, à ce titre, son attachement ferme à une solution à deux États au conflit israélo-palestinien.
Enfin, la question de l'interdiction de la binationalité, à son programme, a été soulevée. « Si des exceptions faisaient l'objet d'une discussion, en aucun cas elles ne se baseraient sur un critère religieux. (...). Nous sommes plutôt opposés à la rétroactivité des lois. C'est une réflexion que nous avons », répond Marine Le Pen.


La dernière activité au Liban de Marine Le Pen aurait pu se faire sous les huées. Une petite manifestation organisée par des partis de gauche libanais a en effet eu lieu en début d'après-midi à l'entrée du Yacht Club de Zaytouna Bay où la présidente du Front national devait tenir une conférence de presse. Les manifestants brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire...

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