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Économie

US : réforme fiscale et contrainte budgétaire

Donald Trump a annoncé que son chief economic adviser, Gary Cohn, présenterait d'ici peu une réforme fiscale « phénoménale ». On jugera sur pièces, mais une question qui se pose d'emblée est de savoir si les États-Unis peuvent se permettre de creuser leur déficit budgétaire. Rappel de la situation. La dette gouvernementale détenue par le public représentait 77 % du PIB à la fin 2016, niveau le plus élevé de l'après-guerre. En incluant l'ensemble du gouvernement, la dette financière nette représente environ 100 % du PIB, un quasi-doublement depuis l'an 2000. À ce niveau, une croissance nominale de 4 % par an permet de stabiliser la dette avec un déficit public de l'ordre de 4 points de PIB. Même si un choc fiscal peut stimuler la croissance, l'effet ne sera pas massif. À ce stade du cycle, le multiplicateur fiscal doit être faible, proche de 0,5 si l'on suit la méthodologie du FMI. Le Congrès ne saurait examiner un projet de réforme fiscale sans apprécier ses effets sur les finances publiques. Tout d'abord, cela correspond à la position profonde du Parti républicain qui met en avant son souci de responsabilité budgétaire. De plus, toute mesure qui creuse les déficits au-delà de dix ans doit être approuvée par une majorité de 60 voix au moins, ce que les républicains n'ont pas (les démocrates ne sont pas d'humeur collaborative). Sauf à envisager des baisses d'impôt qui expirent dans dix ans, cela risque de compliquer la discussion. Certes, il sera fait usage du dynamic scoring, cette manière d'évaluer l'effet des baisses d'impôt en tenant compte de leur effet positif sur l'activité. Mais personne ne pense sérieusement que le surcroît de croissance compensera la perte de recettes résultant d'une forte baisse des taux de taxation. Il devra y avoir d'autres compensations, soit entre catégories d'impôt, soit entre recettes et dépenses. Il y a un consensus pour dire que le système fiscal mérite d'être réformé, car trop complexe et grevé d'exemptions. De là à faire de cette réforme un moyen de stimuler l'économie, il y a une différence. Bref, il y aura des gagnants et des perdants, situation qui rend difficile d'évaluer a priori l'effet net sur l'économie.

Cet article est réalisé par Fidus

Donald Trump a annoncé que son chief economic adviser, Gary Cohn, présenterait d'ici peu une réforme fiscale « phénoménale ». On jugera sur pièces, mais une question qui se pose d'emblée est de savoir si les États-Unis peuvent se permettre de creuser leur déficit budgétaire. Rappel de la situation. La dette gouvernementale détenue par le public représentait 77 % du PIB à la fin 2016, niveau le plus élevé de l'après-guerre. En incluant l'ensemble du gouvernement, la dette financière nette représente environ 100 % du PIB, un quasi-doublement depuis l'an 2000. À ce niveau, une croissance nominale de 4 % par an permet de stabiliser la dette avec un déficit public de l'ordre de 4 points de PIB. Même si un choc fiscal peut stimuler la croissance, l'effet ne sera pas massif. À ce stade du cycle, le multiplicateur...
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